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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 08:54
Vo lu mondu
"Vo lu mondu", "je vais de par le monde" en langue corse , c'est le nom que j'ai donné à mon bateau. Je trouve qu'il représente bien l'esprit du voyage.
Donc il s'applique aussi très bien à cette nouvelle expérience qui se présente à moi : une grande et longue balade à pied.
Vo lu mondu, que ce soit sur les mers et les océans ou sur la terre, l'essentiel n'est-il pas dans le fait d'être en mouvement et prêt à la rencontre de l'autre ?
17 septembre 
Pieds en feu, hanches fracassées, épaules concassées, voilà le bilan physique après les 25 km de ma première journée de marche. Plusieurs raisons à cela : pas d'entraînement comme j'en avais l'intention, sac à dos pas aussi confortable que je l'imaginais, en plus d'être bien plus lourd que ce que je voulais, et surtout chemin plutôt raide pour une mise en jambes : 750 m de dénivelé ( non, pas en descente, quelle idée ! Même si j'aurais bien aimé) pour les 2 premières heures... Pffff!!!! Un peu dur quand même pour une mise en jambes. Et après, pas de doute, les Cévennes ca ne ressemble pas à uula Beauce, il n'y a rien de plat. Peut-être que si j'avais demarré un peu moins bille en tête....
Cependant la tête va bien, je suis content d'être là où je suis et c'est quand même ça le plus important.
Et pour les jours suivants, la Lozère, pas réputée non je plus pour ses plaines à perte de vue. Mais bon, je ne me plains pas, personne ne m'a forcé à aller faire une petite balade qui pourrait durer éventuellemyent 2 mois, si mes pieds et leurs collègues des étages au-dessus sont d'accord.
Donc, le programme d'aujourd'hui, valable jusqu'à demain matin, on ne sait jamais quelles idées peuvent germer pendant la nuit, c'est rejoindre par le GR 44 le chemin de Compostelle qui vient du Puy en Velay et continuer vers St Jacques de Compostelle.
Et maintenant dodo à l'hôtel de la Belle Étoile, devrait pas y avoir trop de problèmes pour trouver le sommeil.
La nuit a porté conseil et la décision matinale est : retour au port pour une escale technique. Je pense que ce sac à dos n'est pas adapté à ce projet et n'étant qu'à 30 minutes en voiture de mon point de départ, il me paraît raisonnable de rentrer et me procurer un nouveau sac. Un petit coup de fil et voilà ma conductrice préférée qui vient me récupérer. 
Bref, c'était un faux départ. Une journée de repos forcé pour le moins bien venu.
Retour à Villefort et me revoilà sur mon chemin. Et après une douzaine de kilomètres, pas mal aux hanches, ni aux épaules, ni au cou ; que du bonheur ce nouveau sac à dos ! La décision était la bonne.
Bon, les jambes et les pieds m'ont bien fait comprendre que c'était pas une raison pour en rajouter trop et mon deuxième bivouac est installé encore sous le soleil.
P.s. : petit bonheur du jour : la meilleure pomme que j'ai mangée depuis longtemps. Vous savez, celle qu'on ceuille sur le bord du chemin sur un arbre à moitié sauvage en se penchant par dessus la clôture en fil de fer barbelé, en se disant qu'il ne faut pas s'y accrocher, et après avoir jeté un coup d'œil aux alentours pour voir si il y a quelqu'un qui pourrait vous voir.
Et puis quand vous croquez dedans, vous sentez ce jus acidulé qui commence à couler par la commissure de vos lèvres et que vous récupérez avec le bout de votre langue en aspirant la bouche en travers pour ne surtout pas en perdre la moindre goutte. J'en ai encore l'eau à la bouche..
Vo lu mondu
 
Quel bonheur, quel plaisir que ces moments de solitude en pleine nature !
Je ressens un immense sentiment de liberté, d'être là où j'ai envie d'être, je ne souhaite rien de plus. Se contenter d'apprécier le proche environnement, observer accroupi une petite araignée noire avec le dos rouge comme je n'en ai jamais vu, caresser les naseaux velouté d'un âne, recevoir le souffle chaud du museau d'une vache sur les doigts encore engourdis par la fraîcheur matinale, admirer le vol circulaire d'une buse qui doit peut-être se demander ce que je fais là. Et que dire de toutes ces odeurs qui viennent à vous ? Celle de l'herbe humide du petit matin, cellle de la résine des forêts de pins, celle des sous bois moussus et humides, celle de l'étable devant laquelle on passe. Même moi chez qui l'odorat n'est pas très développé, je ne peux rester insensible à ces stimulations olfactives. Et comme si ça n'était pas suffisant, l'ouïe est également sollicitée. Le bruit du vent bousculant feuilles et branches est quasi permanent et souvent accompagné par celui de l'eau du ruisseau rebondissant de rochers en galets, et dans les passages moins boisés, ce sont souvent les cloches des vaches qui donnent le tempo à chaque touffe d'herbe arrachée.
Non vraiment, je ne voudrais pas être ailleurs dans ces moments là.

 

Les quatre premiers jours auront peut-être été les plus difficiles de tout le trajet. Le GR 44 fait du saute-mouton pendant près de 80 km, montée-descente, montée-descente, au point de ne pas se réjouir des descentes car on sait qu'il y aura forcément une montée derrière.
Mais au 4ème jour, je n'espérais que de la montée car une forte douleur est apparue dans mon genou gauche en descente et la moindre petite déclivité est devenue une torture. Au col de Monmirat, à la terrasse d'une auberge fort bienvenue, j'ai rencontré un couple helvético-breton qui, m'ayant vu arriver péniblement m'ont spontanément proposé de m'emmener quelque part en voiture. Ce sera finalement à la pharmacie la plus proche. Et ce soir j'espère que les anti-inflammatoires seront efficaces sur ce qui ressemble à un début de tendinite.
Heureusement je viens de quitter cette partie montagneuse et j'entame maintenant la traversée du causse de Sauveterre près de Mende. Et même si l'altitude moyenne reste aux environs de 1000 m, le relief y est plus doux, plus de fortes côtes ni de descentes douloureuses. Enfin, j'espère...
Vo lu mondu
 
5ème jour 
Après quelques kilomètres, je dois me rendre à l'évidence que je ne peux pas continuer comme ça. En plus du mal au genou, je vais finir par avoir aussi mal aux dents à force de les serrer. Encore 15 km jusqu'à La Canourgue, prochaine petite ville sur ma route et je ne peux quasiment plus avancer. Une voiture passe sur cette route campagnarde deserte et m'emmène jusqu'à la localité. Première chose, rendez-vous pris pour le lendemain chez un médecin. Je trouve un petit hôtel, zut, la chambre est au 1er étage.
Le médecin me confirme ce que je soupçonnais : début de tendinite, donc traitement anti-inflammatoire et repos, au minimum 48h et reprise en douceur.
J'assume pleinement les raisons de la situation : pas d'entraînement pour un effort de longue durée, mise en route absolument pas progressive et surtout surtout je n'ai pas du tout assez bu. Le résultat est là. A bon entendeur...
Donc deux jours et deux nuits à La Canourgue, la petite Venise lozèrienne, il y a de l'eau partout et ce matin je me sens d'attaque pour me remettre en route, plus de douleur, à confirmer quand même avec le sac sur le dos. 
J'ai pris la décision, tiens, peut-être que je deviens un peu raisonnable, de rejoindre le chemin de Compostelle en stop sur 50 kms, ce qui m'évite au moins 3 jours de marche en terrain relativement accidenté et m'octroie de fait une journée de repos supplémentaire. Je vais donc rejoindre par la route Saint Côme d'Olt dans l'Aveyron.

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commentaires

Piluca Callis 02/12/2016 00:11

Dear Marc, thank you for sharing your feelings after you have made the journey. It has not been a dream. It has been a wonderful experience that has allowed us to enrich ourselves as people with other Starnniks sharing the happiness that gives us the simplest things of life ... The colors of the countryside, the company of all the animals that have come to meet us Along the way, the conversation of so many pelegrinos with whom we walked.

The good Samaritan, whom we bear in our hearts, has given drink to the thirsty, fed the hungry, shared what his friend needed, gave consolation to the sufferer .... With words ... Or giving his time to the one who just wanted to be heard.

He has slowed or accelerated his march to accompany the brother who was helpless with the desire of arriving Santiago.

He has spoken of Jesus to whom he needed to rediscover ... He has been open to all ways of understanding life because only in this way is our way and harmony.

The road ... It must be done alone ... Each one has his own ... Each one gives him what his heart was looking for.

I am happy to have found such good people when I left Barcelona with the intention of feeling Jesus by my side. He was the one who used them so that his spirit was present ... He lived during all these days of reflection and solitary and collective meditation making us arrive at the Mass of the Pelegrino in a climax of extreme happiness.

Sonia 24/11/2016 09:31

Et zut la tendinite... J'espère que tous les bobos ont disparu et que la chemin continue.
C'est en tout cas, toujours un plaisir de te lire et j'espère que nous aurons vite le récit des étapes suivantes.
.... Quant à cette pomme, je ne doute pas du ptit bonheur de la dégustation

Marie 13/11/2016 13:26

L'appel du large.....
Bon Vent à toi
Besos marie

Céline 10/10/2016 11:49

Bonjour Marc!
Comme promis, me voici... Bien arrivée à Lectoure comme prévu, le chemin s'est arrêté là pour moi avec aussi des douleurs dans les jambes, ampoules aux deux pieds, certes, mais d'abord et surtout le bonheur de partager ces quelques centaines de kms parcourus, une sérénité qui fait sa place et grandit chaque jour davantage, l'immense satisfaction de se retrouver, soi, au bout du chemin. Plénitude en quelque sorte, rare et précieuse que j'ai envie de continuer à vivre, encore, encore!!!

Où en es-tu? J'espère que tes genoux t'auront laissé un peu de répit...
J'attends avec impatience ton prochain article!

Je garde ton sourire et ta simplicité discrète qui ravissent ma mémoire

Céline

Eric 30/09/2016 10:14

C'est toujours un grand plaisir de te lire dans tes pérégrinations et rencontres. Que de chemin parcouru depuis que nous avons croisé ta route au camping E Gradelle avec nos embarcations. Bonne ballade.

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"Seulement après que le dernier arbre a été coupé,
seulement après que la dernière rivière a été polluée,
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alors seulement vous vous rendrez compte que l'argent ne peut être mangé."

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"Si le large t'appelle, vas-y, ce n'est pas en regardant l'océan qu'on découvre la perle, mais en plongeant dedans.
Alors vas-y, plonge.
Plus tard tu découvriras que la perle et l'océan sont aussi en toi."
Philippe Pelen

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"La vie c'est le truc qui passe pendant qu'on multiplie les projets."
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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel
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"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
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"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
Marguerite Yourcenar
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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