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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 23:41

Déjà plus de 2 semaines que j’ai quitté ma tanière hivernale pour ma migration vers le Nord.
2 semaines et un peu plus de 500 km parcourus.
Commencé avec des vents défavorables, donc avec utilisation fréquente du moteur, mon déplacement s’est vu interrompu par 2 fois pour 2 à 3 jours par des vents soufflant en tempête. Heureusement les ports sont nombreux et j’y suis resté "bien au chaud". Cela m’a permis de passer plus de temps à terre et approfondir un peu les visites.
Je suis reparti de Karlskrona depuis une semaine et avec, enfin, des vents portants de 10 à 15 noeuds, conditions idéales. Quel régal !
Plusieurs heures à 6 noeuds, des pointes jusqu’à 8 noeuds. C’est qu’il est véloce mon Vò lu mondu malgré ses 9 tonnes ! 56 miles parcourus dans la journée.

Après 2 jours passés dans la ville de Kalmar, 2 petites étapes en faisant un petit détour par Borgholm sur l'île de Öland, petite halte agréable en milieu de journée.
J’y étais déjà allé en hiver il y a quelques années. Ambiance station balnéaire hors saison avec un bon petit vent bien froid. Et bien cette fois, c’est à peu près pareil, le froid en moins. Seul bateau dans le port, les touristes pas encore arrivés mais agréable promenade dans la nature quand même.
Puis une petite traversée de retour (8 miles) vers le continent, vent portant, marin feignant, donc même pas mis la grand voile, juste le génois déroulé et ça va bien assez vite comme ça. Rien ne presse, mon escale sera juste une escale technique pour remplir ma bouteille de gaz.
Et puis, et puis les choses ne se passent pas toujours (pas souvent) comme on imagine.
Dans le chenal qui mène à Timmernabben, je me dis que cet endroit à l’air pas mal, même s’il n’y a apparemment rien de spécial, juste quelques petites îles basses et boisées, un petit village qui a l’air assez endormi.

Mais, il y a quelque chose.
Le bateau pas encore amarré au ponton, il était là et me dit: "si tu as besoin d’aide, je suis libre et j’ai du temps". Ceci dans un français hésitant alors que je lui avais dit bonjour en anglais.
Je pense que c’est pour ça que je n’ai pas établi la grand voile, pour ne pas aller trop vite et ne pas rater le moment où Atle se promenait sur le ponton.
Atle, c’est comme s’il m’attendait là.
C’est qu’il aime parler français.
Et pourtant, il pensait que j’étais allemand, confondant le pavillon germanique avec le belge, mêmes couleurs mais l’un les a horizontales alors que sur l’autre elles sont verticales.
- ça me ferait plaisir si je pouvais t’aider.
- merci beaucoup. Oui, tu peux m’aider, il faut que je fasse remplir ma bouteille de gaz et je ne sais pas où c’est.
- sûrement pas ici, il n’y a rien. Peut être à Mönsteras, la ville à 8 km d’ici. Je pourrais t’amener demain et on cherchera. A 10 h demain ?
- ok. A 10h.

Atle est norvégien. Norvégien du Nord, au delà du cercle polaire arctique, entre Tromsö et Hammerfest, par 70° Nord.
Il y a passé la plus grande partie de sa vie, travaillant comme expert-comptable.
Il y 25 ans il a rencontré Eva-Britt, une suédoise du Sud, veuve avec 5  enfants.
Elle a donc pris ses 5 enfants et direction 70° N.
A l’âge de 58 ans, il vend son cabinet de comptable et les voilà partis.... au Cameroun, dans une mission luthérienne où il sera l’économe de l’école et elle sage-femme à l’hôpital.
Ils ont un contrat de 4 ans renouvelable et n’y resteront que 2 ans car Eva-Britt est gravement malade.
A contre coeur ils quittent le continent noir et s’installent dans la maison qu’ Eva-Britt possède à Timmernabben pour qu’elle puisse être soignée.
Cela fait 5 ans qu’ils ont retrouvé la Scandinavie.
Elle est toujours malade, très handicapée et vit la moitié du temps dans une institution à Mönsteras. Il va la voir tous les jours.
Et Atle est donc seul 2 semaines sur 4. Il utilise une partie de son temps à sculpter des encadrements de pendules et de miroirs, un véritable artiste. Ses oeuvres sont absolument magnifiques.
De son séjour en terre africaine, il lui reste beaucoup de souvenirs et l’amour de la langue française qu’il ne pratique pratiquement plus.
Ma petite escale technique est donc passée de quelques heures à 2 jours.
Comme prévu, nous avons cherché et trouvé la station de gaz: pas compliqué, derrière la fabrique de caramel, s’adresser à la boutique de sucreries et la vendeuse vient ouvrir un local grand comme une cabane de jardin et en 3 minutes, la bouteille est pleine. Faut juste savoir qu’il faut trouver les caramels pour avoir du gaz.
Et puis Eva-Britt aime bien les caramels et les chocolats.
Ensuite Atle s’est démené pour me trouver un petit chat. Fallait voir dans le seul restaurant du village, la serveuse d’abord, puis une cliente, chacune avec son téléphone, appelant à droite et à gauche pour trouver une petite boule de poils.
Uniquement des chatons de 2 et 3 semaines. Trop jeunes. Tant pis.
Dîner dans le bateau, discussion qui a duré jusqu’à assez tard.
Au matin, visite à l’institution pour rencontrer son épouse.
Je me retrouve d’un coup, non plus dans la peau d’un voyageur, mais dans un endroit que je connais, ou plutôt comme tant d’autres lieux que j’ai fréquentés professionnellement, il n’y a pas si longtemps, une résidence pour personnes âgées handicapées. L’impression est curieuse, l’ambiance est la même, le décor également avec, accrochés aux murs des objets probablement réalisés par les résidents dans les ateliers d’animation. Seule la langue est différente.
Atle me présente sa femme avec ces mots merveilleux: "voici Eva-Britt, elle est ma fierté". Ceci dit avec une très grande tendresse.
Je dirais plus tard à Atle que je n’avais jamais entendu d’aussi belles paroles de la part d’un homme envers celle qu’il aime.
De retour dans son village, nous déjeunons chez lui, et nous discutons encore. Il est content de savoir que je suis un jour passé dans la ville où il était au Cameroun. Comme beaucoup de gens ayant vécu en Afrique, il rêve d’y retourner. Encore un que les sorciers locaux ont envoûté. 
Vers 16 heures je retourne au bateau. Il est prévu que je reparte demain matin tôt mais une fois à bord, après 5 minutes, les amarres sont larguées, ce n’est pas la peine que je reste plus longtemps, j’ai déjà dit au revoir à Atle.
C’était une vraie belle rencontre avec cet homme au regard bleu des mers du Nord empli de douceur, de gentillesse et de générosité.
Les discussions ont été très variées, entre lui le missionnaire et moi le mécréant (ce qu’il avait rapidement relevé en lisant mon blog !) et tellement amicales.
Et puis il y avait le français, la langue française.
J’ai une grande chance, et la plupart d’entre vous qui me lisez aussi, nous n’avons pas eu à apprendre cette langue. Qu’est ce qu’elle est compliquée !!!
Vous ne pensez pas ? Passez donc un moment avec quelqu’un qui, comme Atle, essaie de l’apprendre en s’interrogeant sur le sens des mots et la concordance des temps.
Juste un exemple: Tentez d’expliquer les différences entre: un souhait, un désir et un voeu.
Le tout en mots simples, compréhensibles par quelqu’un qui n’est pas tombé dans cette marmite là quand il était petit.
Vous pouvez m’envoyer les résultats de vos réflexions, ça m’intéresse.
Dans cet exemple, là où notre belle langue pleine de nuances utilise 3 mots, le suédois et le norvégien en utilise un seul.
Jusqu’à maintenant j’ai trouvé le suédois vraiment difficile. je crois que je vais revoir ma position.

Après une nuit tranquille mais courte dans un mouillage peu protégé mais calme plat , départ aux aurores, enfin non, à 6h. Le soleil se lève maintenant à 5h, il fait déjà assez clair à 4h, et se couche à 21h avec une belle clarté jusqu’à presque 22h.
D’après les prévisions météo, je peux m’attendre à vent très faible orienté au Nord, ma direction, donc des heures de moteur en prévision.
Et puis, 10 minutes plus tard, je me retrouve avec un bon force 3 Beaufort et parfois 4. La météo, pas précise ? Mais si ! La direction était juste: le Nord.
Donc un bon vent bien appuyé dans le pif!
C’est l’occasion de tirer mes premiers bords de près avec mon bateau. En effet, ça ne m’est encore jamais arrivé.
Comment va-t-il se comporter ? A priori, ça ne devrait pas trop être son allure de prédilection.
Et la surprise fut bonne. Le cap est tout à fait honorable pour ce type de bateau (env. 50° du vent), faible dérive et bonne vitesse (jusqu’à 6 noeuds).
Et avec 20 noeuds dans les rafales, tout dessus, grand voile, foc et trinquette, gîte à 20° maximum, confortable et peu de bazar à l’intérieur. Confortable.
8h dans ces conditions, même pas pénible !
 

Puis le vent est tombé au moment où j’allais entrer dans les archipels qui vont longer la côte maintenant jusqu’à Stockholm, près de 250 km plus au Nord.

La navigation dans les archipels est assez particulière.
Il y a une règle impérative: toujours savoir exactement où on trouve. Le GPS ne sert à rien, il n’y a que les yeux qui peuvent être utiles.
Les yeux et la carte.
Et celle-ci ne reste pas sur la table qui est prévue pour elle dans le bateau, elle vient prendre l’air dans le cockpit.
Je l’enfile dans une grande fourre en plastique qui est fixée sur le panneau de la descente par des élastiques juste en face de moi.

Et l’indispensable complément des yeux du marin, les jumelles, en permanence à portée de main pour repérer le balisage, la marque rouge, la verte (à laisser à tribord ou à bâbord selon qu’on vient de la mer où bien qu’on y retourne, l’erreur peut être lourde de conséquences vu la dureté du granit suédois), la jaune et noir, les cardinales, ....
La deuxième règle impérative: la nuit, aussi courte soit elle sous ces latitudes, c’est fait pour dormir, pas pour aller chatouiller les cailloux avec les quilles.
Cette déambulation demande donc une concentration de tous les instants, surtout si comme moi, on est seul à bord, et heureusement la faible vitesse permet cependant d’en apprécier le spectacle.
Et que c’ est agréable quand l’ancre a touché le fond et fait sa place dans la vase pour la soirée et la nuit dans un mouillage d’une tranquillité extrême, le bateau est totalement immobile, si ce n’est un très doux pivotement autour de sa chaîne au gré des légers soupirs d’Eole. On le croirait posé, les quilles à même le sol. Les seuls sons qui nous parviennent sont les chants des oiseaux.
Il n’y a plus qu’à attendre le coucher du soleil qui ne manque pas de gratifier les spectateurs des couleurs flamboyantes tellement particulières de ces contrées nordiques.

Le mouillage où je me trouve ce soir est absolument idyllique, une petite baie complètement fermée ou presque, avec pour seul accès un passage étroit, avec des rochers submergés à bâbord en entrant, puis  même chose à tribord et, pan, en plein dans le mille, je me fais la face nord de celui du milieu que je pensais plus à droite.
Match nul entre le granit suédois, qui jouait à domicile, et la fonte morbihanaise, en déplacement.
Pas de bobo car j’allais très doucement et le bateau est solide mais, franchement, c’est pas évident.
Et c’est tellement beau !
Tellement, que j’y reste le lendemain, juste pour le plaisir. Pour la promenade sur l’île, toute petite, pour regarder, depuis le bateau, les oiseaux de mer:
- l’activité incessante de la besogneuse sterne arctique qui virevolte dans tous les sens, s’immobilise un bref instant et se laisse tomber comme une pierre sur la proie visée. Et parfois, ça marche. Je me demande comment elle fait pour s’envoler immédiatement après avoir percuté la surface liquide, elle reste moins d’une seconde au contact de l’eau, je pense.

- la patience infinie du héron cendré, posté sur la berge, attendant le passage d’un   éventuel poisson s’approchant du bord.
- le survol sans but évident des mouettes rieuses, celles qui ont dû aller fouiller dans le paquet de cacao noir car elles ont la moitié de la tête à l’opposé du reste du corps qui est tout blanc. Que cherchent elles, que font elles ? Peut-être qu’elles sont juste là. Rien de plus. Je ne sais pas.
- les déplacements terrestres à pas rapides de la bergeronnette grise à l'extrême  limite du rivage à la recherche des petits organismes dont elle se fait de bons repas.
- la prestance du maître des airs maritimes, le plus imposant avec son bec jaune taché  d’un point rouge, le goéland. Qu’il soit argenté, brun ou marin, le plus grand, il est là, il surveille son domaine. Et s’il repère quelque chose à se mettre sous le bec, il passe à l’action.

- tiens, un couple d’oies cendrées. Dépéchez vous les cocotes, vos congénères sont déjà bien plus loin vers les contrées septentrionales.
- quant au canard colvert, il fait la sieste. A moitié.

- le harle huppé est sur ses gardes, la couvée ne doit pas être cachée bien loin.


Demain l’ancre sera levée pour rejoindre le port voisin, Västervik, à seulement quelques miles de ce petit havre de paix qui m’accueille pour une deuxième nuit.
Au programme: service complet du moteur, modification du branchement du panneau solaire, quelques courses et profiter de ce lieu réputé agréable.
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commentaires

Rosalie 24/05/2009 14:36

Merci Marc pour ce beau partage! J'ai adoré te lire! J'avais pris un peu de retard, du coup je me suis fait un super voyage en te lisant et un super moment.
A tout bientot pour la suite.....

Jean+Jacques 16/05/2009 08:14

Marc, attention, je peux prendre l'invitation au pied de la lettre, car je ne travaille plus et j'ai du temps pour naviguer, mais comme mon Moody préfère le climat catalan, il faudrait que tu me fasses une place sur Vo Lu Mondu. Bon si tu veux on en reparle, j'avoue qu'un petit séjour dans le nord ne serait pas de refus. Bises du midi. Jean jacques

jean jacques 16/05/2009 00:06

Super Marc, photos et textes top !!! Ca me donne l'envie de te rejoindre !!!
Bonne nav.
Jean Jacques

Marc 16/05/2009 00:14


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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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