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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 23:15

Un an déjà. Un an que mes amarres ont été lovées sur le pont de Vò lu Mondu pour la première fois au départ du Grau du Roi.
L'heure de faire un bilan ? Bof, pas trop mon truc. Déjà que je ne fais pas de programme, manquerait plus que je fasse un bilan.
Quelques observations quand même.
2000 kilomètres de navigation fluviale, plus de 2000 milles de navigation maritime.
Beaucoup de très bons moments, d'autres moins agréables aussi pour être honnête.
Des paysages magnifiques, des lumières extraordinaires, la compagnie des oiseaux, des belles rencontres mais aussi des vents quasi systématiquement peu collaborants ce qui a impliqué un très grand nombre d'heures de déplacement au moteur, pas très drôle, beaucoup de gris et peu de belles journées vraiment estivales.
Au bout du compte, (bon, c'est quand même parti pour être un bilan), ce nouveau mode de vie me convient-il ? Oui et non. Oui pour ce que je viens de citer et non parce que je crois que fatalement la routine vous rattrape tôt ou tard, la sournoise,
Lever l'ancre le matin, se remettre en route, pour aller où ? Au prochain mouillage après une journée de bruits mécaniques dans les oreilles, donc même pas de musique pendant ce temps, puis le trouver ce mouillage, en slalomant entre les vils rochers sous marins, mouiller l'ancre, une fois de plus, se pencher sur les problèmes récurrents de charge de batteries, et puis nettoyage du bateau, et zut, pas fais la vaisselle depuis 2 jours ! Et puis, faut faire à manger, encore et encore. Et la vaisselle encore....
La routine. Comme avant. Comme pour tout le monde au fond. Foutue routine !
Et les grands moments de solitude, pas toujours du monde à rencontrer dans ces mouillages déserts, l'impression d'être toujours hors saison...
Alors ?
Alors, j'ai pris la décision aujourd'hui. C'est décidé, je rentre.
Un an, ça suffit. N'est-ce pas déjà trop finalement ?
Non, c'est assez, je rentre. Plus envie.
Je pense que c'est mon dernier article sur le blog (le 100 ème!). Et même pas envie d'y mettre une photo...
Merci de m'avoir lu tous ces mois, j'espère que je ne vous ai pas trop cassé les pieds avec mes histoires.



Meuhhhh non, je rigole !!!!! Vous n'y avez pas cru quand même ?
Vous quitteriez la table du meilleur resto du monde, celui que même le Guide Michelin il n'a pas assez d'étoiles pour lui, après l'entrée pourtant délicieuse ? Et quand on voit ce qu'il y a à venir sur la carte....
Moi pas ! Bien trop gourmand, bien trop gourmet, bien trop boulimique.

Quand on vu des aurores comme celle-ci











                                                                                           des petits matins comme celui-ci
des journées comme ça

                                 ou comme ça
ou comme ça


des fins de journée comme celles-ci



des nuits comme ça...



Quand on a fait plein de très chouettes rencontres....















plus tous ceux dont je n'ai pas tiré le portrait...

et quand en plus on est passé par des moments "forts"












sans oublier mes copains de tous les jours...

































quand on a un super bateau....


une tellement bonne compagnie....


alors, il n'y a pas d'hésitation possible, je garde la barre dans une main, l'appareil photo dans une autre, la plume-clavier avec ce qui reste de doigts et ça continue.
Et puis, et puis, je n'ai pas encore goûté à l'hiver au delà du cercle polaire avec les aurores boréales en toile de fond, aux douceurs et senteurs méditerranéennes, pas plus que je n'ai rencontré les dauphins de l'Atlantique, les rorquals de la mer de Cortez, les baleines à bosses d'Alaska, ni tutoyé les glaces des canaux de Patagonie, pas plus qu'approché les coraux des lagons polynésiens, ni mouillé mon ancre au pied des pitons basaltiques des îles Marquises, ni sniffé les parfums des fleurs de tiaré et de frangipanier, sans parler de la vanille de Huahine, le tout accompagné des rencontres avec ceux qui vivent au bord des mers et océans alors que je vis au bord de la terre....
Il me semble que la routine n'est pas prête à s'inviter à bord ou alors si elle fait une tentative, elle ne sera pas la bienvenue.

Et puis ce mode de vie, loin du "toujours plus" qu’on voudrait nous faire croire tellement idéal, oui, il me convient très bien.
"Travailler plus pour gagner plus", comme disait il n’y a pas si longtemps un irresponsable notoire.
Pourquoi ?
Pour dépenser plus ? Pour avoir plus que le voisin ? Pour changer de bagnole, de télé, de cuisine ? Pour manger plus ? Plus de viande industrielle, plus de tout ce que nous proposent les grands groupes chimico-agro-alimentaires ? Plus plus plus, plus de production, plus de croissance, plus de bénéfices pour ceux qui ont déjà tellement plus que la plupart d’entre nous et qui se foutent que cette croissance se fasse au détriment de ceux qui bossent pour eux et de l’état de notre planète.
Ce mode de fonctionnement est une absurdité. Irresponsable et absurde. Droit dans le mur !
En ce qui me concerne, j’ai fait le choix d’une autre voie et ne suis pas près d’en changer. C'est ma modeste contribution au changement qui devrait absolument se faire pour que tout tourne rond et dans le bon sens.
Une vie simple, une nourriture simple, bonne, peu chère, en quantité raisonnable. Même ici en Norvège, un des pays les plus chers du monde,  mon budget ne va pas exploser au bout de deux mois.
Plus plus plus ? oui, d’accord à 100 %.
Plus de temps pour soi et pour les autres, plus de liberté, plus d’attention pour ce qui m’entoure, plus de disponibilité, plus de respect, plus de bien-être au bout du compte.
N’est-ce pas là le but majeur que tout un chacun devrait chercher à atteindre ?
Ce mode de vie différent n’est pas lié au bateau (qui me permet de voir du pays comme j’en ai envie, en douceur), il est possible de mille autres façons, à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux.
Liberté de choix.

Vous continuez à m'accompagner ?

"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel

4th of october 2008 - 4th of october 2009.
Already one year. One year ago, my mooring lines have been coiled on the deck of Vò lu Mondu for the first time at the start in Le Grau du Roi.
Time for an evaluation report ? Well, not my cup of tea. I don’t make any program, so, no evaluation report.
At least some observations.
2000 kms of river cruise, more than 2000 nautical miles sailing on the sea.
A lot of wonderful moments, some less pleasant ones to be honest.
Magnificent landscapes, incredible lights, birds company, very nice meetings but so many opposite winds which means a very large amount of motoring hours, not funny, a lot of grey skies and few nice summer days.
At the end (well, it’s started to be an evaluation report), is this way of life ok for me ?
Yes and no. Yes because of what I’ve just said and no because I believe that the routine is always on your way.
Anchor up in the morning, on the road again, to where ? To the next anchorage after a full day with mecanical noises in my hears, so not even music during that time, then find a good anchoring spot, going beetween treacherous under water rocks, drop anchor, one more time, look after recurrent battery charging problems, clean the boat, did not do the dishes for 2 days ! And cook again and again. And dishes again....
Routine. Like before. Like everybody after all. Bloody routine !
And loneliness, not always somebody to meet in deserted anchorages, the feeling to be off season all the time.
So ?
So, I took the decision today. It’s decided, I go back home.
One year, it’s enough. Is not it too much finally ?
No, it’s enough, I go back.
I think it’s my last article on the blog (hundredth article !) And I don’t feel like to put a picture in it....
Thanks to have read my words during all these months, I hope I did not bother you too much with my stories.



Noooooo, I’m joking !!!!! You did not believe it ?
Would you leave the table of the very best restaurant in the world after the delicious starter ?
And when you see what will come after on the menu....
Not me ! Much too greedy, much too gourmet, much too bulimic.


When you have seen such dawns











            early mornings like this










days like this


                                                                                        or like that












or that


sunsets like this


nights like that



When you have met so nice people





















add those I did not take pictures of

and when you have been through strong moments





not forget my everyday friends


























when you have such a good boat


and a so nice company....


so, no possible hesitation, I keep the helm in one hand, the camera in the other one, the keyboard with the spare fingers and keep on going.

And then, I do not have tasted the winter further north than polar circle with the polar lights, the sweetness and mediterranean scents, I do not have met Atlantic dolphins, fin whales in the sea of Cortez, humpbacks whales in Alaska,  I do not have touched the ice in Patagonian chanels, I do not have been close to corals in the lagoons of Polynesia, I have not anchored at the foot of the basaltic peaks of the Marquesas islands, I have not been bewitched  by the perfumes of the tiare and frangipani flowers, not talking about the vanilla from Huahine, all this with the meeting with those living next to the sea and oceans while I live next to the land....
It seems to me that routine is not close to come on board and if it tries to, it will not be welcome.

And this way of life, far from what it is said to be so ideal, yes, it’s absolutely suitable for me.
"Work more to earn more" ? Why ? To spend more ? To have more than the neighbour ? To replace car, tv, kitchen furniture ? To eat more ? More industrial meat, more of what offers us great chemical food processing companies ? More more more, more production, more growth, more benefits for those who own already much more than most of us and who don’t care that this growth is made on the back of those who work for them and dont’t care about the state of the planet.
This way to do it is an absurdity. Going strait in the wall !
I have made my choice for another way and I’m not about to change it.
Simple life, simple food, good, cheap, in reasonable quantity. Even here in Norway, one of the most expensive countries in the world, my budget will not explode after 2 months.
More more more ? Yes, 100 % ok.
More time for myself, more freedom, more attention for my environment,  more avaliability, more respect, more well-being at last.
Is not it the major goal everybody should try to reach ?
This different way of life is not linked to the boat (which allows me to travel as I wish, slowly), it’s possible in thousands of ways,  each one must find what is best for him.


You keep going with me ?

"to spend his life going along a strait road, deeply embanked is to do a poor use of the days that fate gave us,  whereas they could be sunny if you climb the bank to roam freely on the large plateau which  is over it."
Alexandra David-Neel

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commentaires

trombert eric 04/11/2009 18:06


salut marc.heureux d avoir de tes nouvelles.tu me donnes vraiment envie de mettre du nord dans ma prochaine nav.te souhaite tout de bon. a bientot


jp 06/10/2009 20:53


je rentre du boulot, je me connecte, chouette un post de Marc, ça va me faire du bien aprés je dois l'avouer une journée compliqué de boulot et un temps a vouloir se mettre sous une couette prés de
la cheminée et un bon bouquin et là patatra, grosse galère et puis ouf gros soulagement, merci MArc pour ces émotions opposées reçues en moins de 5 minutes; j'ai accroché à ton voyage il y a
quelques mois et j'ai pas envi d'arréter, je sens sortir de mon ventilo de pc le vent du large!!
merci, merci, merci.


Syma 05/10/2009 13:30


Waouhw!!! j'ai failli "faire une attaque"!! En plus, j'ai tendance à "marcher" facilement...mon coeur a commencé à se serrer "ben, dis donc, kes ki lui arrive, l'a pas du tout du tout, le moral
pour être négatif comme ça mon Marco, kes ski spasse???!!.." Heureusement...j'ai pu laisser mon sourire s'étirer jusqu'aux oreilles en lisant la suite!!! Qu'est-ce qu'on deviendrait si tu arrêtes
de nous faire rêver!!! On est nombreux a avoir besoin de toi, de ce que tu fais, ton voyage, tes rencontres, tes écrits, tout ce que tu partages!! Heureusement que tu continues! On est prêts à
"passer" le prochain hiver avec toi!!Tu nous fais regarder au delà de la fenêtre, tu nous fais lever la tête....merci, Marc!!


Hauchard Christa 05/10/2009 11:58


Cher Marc, tes articles sur le temps, la routine et notre mode de vie sont une belle analyse. Etant de retour après mon voyage j'ai envie d'ajouter pour ce qui me concerne que tout réside dans ce
que nous en faisons et comme nous le vivons et pas tant du lieu ou nous sommes. La valeur du temps dépend de notre satisfaction de son usage. La routine comme l'extraordinaire peuvent être du
bonheur, les merveilles de la nature sont partout, à nous d'en être conscient dans notre mode de vie pour les préserver. Et pour les amitiés elles sont telle une sculpture qui évolue au fil du
temps. Continue à profiter de chaque instant et merci de pouvoir te suivre dans ton expérience à travers tes photos magnifiques.


Nard de C (Bernard de Cambrai) 05/10/2009 08:57


Enfoiré ! J'étais prêt à répondre à ton coup de blues lorsque j'ai lu la suite. Je ne te connais qu'à travers ce blog, pardonne la familiarité. Tu as tout à fait raison, je crois que l'essentiel
est de faire ce que l'on aime, à son rythme, et de bien le faire. Merci de nous emmener la haut vers ces étonnants paysages, vers ces rencontres riches d'humanité, vers cet ailleurs qui nous évade
de notre quotidien. Merci aussi de nous faire rêver, de nous montrer qu'une autre vie est possible et de nous en donner l'envie. Bon vent camarade.


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"Seulement après que le dernier arbre a été coupé,
seulement après que la dernière rivière a été polluée,
seulement après que le dernier poisson a été pêché,
alors seulement vous vous rendrez compte que l'argent ne peut être mangé."

Paroles de la mer

"Si le large t'appelle, vas-y, ce n'est pas en regardant l'océan qu'on découvre la perle, mais en plongeant dedans.
Alors vas-y, plonge.
Plus tard tu découvriras que la perle et l'océan sont aussi en toi."
Philippe Pelen

Texte Libre

A consommer sans modération

"La vie c'est le truc qui passe pendant qu'on multiplie les projets."
John Lennon

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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel
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"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
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"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
Marguerite Yourcenar
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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