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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 21:49


Je me suis toujours dit que je traverserai un jour l’Atlantique en solitaire. Pourquoi en solitaire ? Je ne sais pas trop, je ne me suis pas vraiment posé la question. Peut-être que ça représentait l’Aventure, "l’épreuve" de trois à quatre semaines face à moi-même, être capable d’amener le bateau à bon port "de l’autre côté", comme une ligne importante sur un CV, c’est que ça vous classe le bonhomme quand même une transat en solo.

Je savais qu’aux Canaries, passage quasi obligé sur la route maritime entre l’Europe et les Caraïbes, il y aurait un certain nombre de personnes cherchant un bateau pour traverser cet océan en suivant la course du soleil et que, fatalement, je serai sollicité par des équipiers potentiels.

La question qui ne manquerait pas de m’être posée : « avez-vous besoin d’un équipier ? »

Réponse inévitable : « besoin, non, je me débrouille très bien tout seul. »

Et puis, pendant que Vo Lu Mondu ouvrait son sillage vers l’archipel canarien, l’idée de faire cette traversée en compagnie a fait son chemin et est devenue assez présente dans mes réflexions.

Ça a donné à peu près ça :

-     - non, je n’ai pas besoin de quelqu’un pour faire cette traversée certes longue mais à priori pas difficile. Il faut rejoindre les alizés vers le 20ème parallèle, pas loin des îles du Cap Vert, puis mettre le clignotant à droite pour se laisser porter par ces vents en principe réguliers qui vous amènent directement vers l’arc caribéen.

-     - Impossible d’être certain à cent pour cent qu’une cohabitation avec une personne inconnue (déjà pas gagné avec quelqu’un qu’on connaît très bien) pendant trois semaines minimum sur un petit bateau (et même un grand) se passera dans la plus grande sérénité. C’est qu’on ne peut pas vraiment descendre pour aller faire un tour et s’aérer l’esprit si nécessaire.

-    - J’ai fait du bateau stop une fois à Brest en 1996 (ce n’était pas pour une traversée mais pour un rassemblement de bateaux classiques) et ça a été un immense plaisir de naviguer sur un fantastique bateau historique (1892) plusieurs années de suite et de  rencontrer mon ami Jason, amitié toujours présente aujourd’hui. Et cela grâce à Glen, propriétaire de Marigold, qui a répondu positivement à ma demande d’embarquement comme équipier. Et maintenant, pourquoi ne pas offrir la même chose à quelqu’un ? J’ai un bateau, j’ai de la place, oui je crois que j’aimerais offrir un tel plaisir à quelqu’un. Restera une fois à quai à trouver "la bonne personne".

-    - Si l’idée fait finalement son chemin dans ce sens, je préfère attendre que la bonne opportunité se présente plutôt que de faire une recherche active. Laisser venir et voir…

-    - Je préfèrerais une équipière plutôt qu’un équipier. Les mecs ils savent toujours tout, toujours plus que toi, et je n’ai aucune envie qu’on vienne m’apprendre comment me servir de mon bateau, parce que évidemment je ne sais pas… Donc, aucune exigence de CV nautique, surtout pas !

-     - Et si finalement je ne "sens" pas la bonne opportunité, pas grave, j’ai l’habitude d’être seul sur mon bateau et j’y suis bien.

 

Me voilà donc à Las Palmas. Bateau amarré, formalités d’arrivée faites.

Je suis un peu dans les brumes, la dernière nuit a été peu généreuse en heures de sommeil, et j’ai tellement envie d’une douche.

La serviette sur l’épaule, le savon et le shampoing dans un sac, je longe le quai en direction du bloc sanitaire à quelques centaines de mètres du bateau, passant devant les vitrines des shipchandlers et les terrasses des restaurants. Devant l’un d’eux, je me fais harponner par un serveur qui me vante les qualités et le petit prix de son plat du jour. Je lui dis que les seules choses dont j’ai envie et besoin pour l’instant c’est une bonne douche et ensuite dormir. Il insiste un peu et entame une petite discussion :

-       - tu viens d’où ?

-       - de France (un peu laconique, pas vraiment envie de parler, pas maintenant)

-       - vous êtes combien sur le bateau ?

-       - je suis seul

Et en me prenant d’autorité le bras puis me tirant vers une table de sa terrasse :

-       - viens, il y là une française qui cherche un bateau, tu peux l’emmener avec toi.

Et me voilà devant une certaine Véronique qui aimerait aller en Amérique du sud en bateau.

Bon, la douche d’abord et on verra après.

L’opportunité d’une rencontre a donc été très très rapide.  Reste à savoir si c’est la bonne.

Après avoir fait brièvement connaissance, nous convenons que Véronique vienne s’installer sur le bateau pour une cohabitation au port d’environ une semaine et de faire ensuite le point pour l’éventuelle traversée.

Notre vie commune dans le relativement petit espace de Vo Lu Mondu se passe très bien, pas la moindre anicroche, je sens vraiment un respect réciproque. Nous avons à peu près les mêmes habitudes alimentaires ce qui est un gros avantage sur un bateau et, cerise sur le gâteau, depuis une semaine les odeurs qui s’échappent par le hublot de la cuisine après avoir empli le volume du bateau me font produire des litres de salive.

La semaine a passé rapidement, Véronique à la machine à coudre pour refaire fort bien une housse à la bouée fer à cheval et moi au bricolage pour rendre la cabine arrière un peu plus "finie" pour son confort.

Et d’un commun accord, nous décidons que la traversée se fera à deux avec le sentiment que tout ira bien.

La suite, c’est un plein chariot de supermarché directement livré sur le ponton, puis passage ce matin au marché central pour une grosse commande de fruits et légumes (entre autre, 25 kg des délicieuses oranges canariennes !). Toute cette fraiche "verdure" sera également livrée directement au bateau au dernier moment. Restent à faire la petite formalité de sortie auprès de la police des frontières, le passage à la capitainerie pour payer notre amarrage (ça fait plusieurs jours que nous n’y allons plus parce qu’on nous avait dit de partir et qu’on en avait pas envie) et le plein de gasoil.

Véronique vient de me dire qu’il lui tardait de défaire les nœuds qui retiennent Vo Lu Mondu au ponton, ça tombe bien, moi aussi.

Départ samedi 17 novembre dans l’après midi pour environ 2800 milles nautiques (environ 5200 km) d’eau libre devant l’étrave.

 

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commentaires

Nadine 07/12/2012 07:54

Bonjour Marc,
Un salut amical du Périgord.
C'est super que tu voyages en bonne compagnie!
Bises
Nadine

danie 26/11/2012 22:02

cool, la solitude c'est bien que quand on en a besoin! espere bonne intuition pour toi, si tu en oublie de bloguer un peu...on t'en voudra pas! bonne route!

marie 26/11/2012 12:19

erreur de frappe c'est la : Serendipité ! un "r" a dérapé...

marie 25/11/2012 13:00

L'ami Bemol vous accompagne?

fabrice 24/11/2012 20:59

Bonne transat.

A votre arrivée ça serait sympa que vous puissiez me contacter fblcATfreePOINTfr, car j'aimerais bien échanger avec vous pour aller hiverner en Suède.

Merci

Bonne mer et bon vent

marie 24/11/2012 14:20

Hello, bienvenue à Veronique via le blog, et vive la rérendipité!
besos Marie
(heu 17 nov??????????

Françoise 23/11/2012 20:40

Super Marc ! Bon vent à vous deux .. Et si tu pouvais envoyer un peu de soleil en Normandie , ce serait sympa ; mais , bon , il y a ton blog et tes photos qui sont déjà du soleil ...et nous les
attendons toujours !
A bientôt . Bises .
Françoise .

SONIA 23/11/2012 10:30

Coucou Marc....
C'est vrai, ça a un côté très mythique, la transat seul.... Mais bon, visiblement, tu as trouvé une super équipière et pour nous, ça a un côté " rassurant " : vous allez pouvoir tourner à tour de
rôle pour dormir etc.....
Je vois que le VLM suit bien son petit bonhomme de chemin... Peut être avez-vous croiser des skippers du VendéeGlobe :)
Tu nous racontes comment s'est passé tout ça à l'arrivée !

:) La gente féminine du coin s'ennorgeullit que tu préfères une équipière ! C'est chou ! (mais bon, les mecs, c'est sympa aussi d'abord !)

Bisous Marc et à " bientôt "

SONIA

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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
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"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
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"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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