Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 12:23

8h30, il commence à faire clair, le moteur tourne depuis quelques minutes, je largue les amarres.
Moins 1°C, faire attention, le pont est couvert de givre. Chaussettes laine et soie dans les bottes cuir et Goretex, gants imperméables fourrés polaire, combinaison isolante et flottante des pêcheurs norvégiens et bonnet laine et polaire au dessus de tout ça.
Comme souvent, dès que le ciel est clair, la nuit a été bien froide et, malgré le soleil promis par les prévisions météo, la température devrait rester du côté négatif du thermomètre.
Et pourtant, tellement envie d’aller passer la journée sur l’eau, voir et revoir ces lumières extraordinairement changeantes et variées, tellement envie de rencontrer les orques !
                                                                             
                                                                                                                               photo Marie Leroy                                                
Les orques. Ils jouent à cache cache avec moi depuis plus de trois semaines.     Actuellement je sais qu’il y en a de l’autre côté du fjord, deux groupes, mais trop loin, hors de portée de mon rayon d’action et avec les jours qui se réduisent aussi vite que les glaces de la banquise, il me faudrait partir bien avant l’aurore pour arriver près de l’autre rive avant le crépuscule.
Et peut-être qu’un groupe de ces mammifères viendra de ce côté, qui sait ? On en a vu il y a une dizaine de jours, et puis encore deux individus se sont montrés par ici la semaine dernière.
Je suis rapidement dépassé par un bateau qui emmène des touristes voir les orques et à son passage, avec la radio VHF, j’appelle Daniel, un des membres d’équipage, pour lui demander s’il a des informations  sur la localisation des orques. Il me confirme ce que je sais déjà, mais eux ont les capacités de vitesse pour traverser le fjord et ils reviendront la nuit déjà tombée.
Après une heure de navigation je passe entre les îles de Stora Molla et Lille Molla pour atteindre la zone où les fonds passent très rapidement de 50m à plus de 200m. Les orques et également les globicéphales, une autre espèce de mammifère marin qui fréquente ces eaux, affectionnent ces endroits.






Si les prévisionnistes norvégiens ont vu juste sur l’ensoleillement, ils ont tout faux en ce qui concerne les courants d’air: dix noeuds annoncés et vingt à vingt cinq noeuds rencontrés. Pas la même chanson !
Et les vagues ne sont pas en reste. Vò lu Mondu est bien chahuté et les objets, par définition inanimés, sont pris d’une grande frénésie de mouvement à l’intérieur du bateau, sans qu’une chorégraphie ait vraiment été répétée à l’avance. Le bazar !



















Quant à Baltic, comme toujours quand je navigue au moteur, elle refuse absolument, c’est têtu ces petites bêtes vous savez !, de rester à l'intérieur et se réfugie sur la bôme près du mât, sous la housse de la grand voile et je ne la vois plus de la journée.






Je déroule la trinquette (la petite voile d’avant) et c’est parti pour un joli bord de vent arrière à près de cinq noeuds. J’apprécie mon équipement "thermique" parfaitement adapté et j’en profite pour rester dehors à la barre en balayant du regard la surface bleu foncé zébrée de blanc pour essayer de détecter la présence des épaulards (autre nom des orques). Qu’est ce que je verrai en premier, le souffle qui monte à près de deux mètres où l'immense (jusqu’à 1,80m) aileron dorsal noir d’un grand mâle ? Je ne verrai rien aujourd’hui, la mer est trop agitée. Comme la promenade se transforme en chevauchée franchement inconfortable, au lieu de faire le tour de l’île de Skrova, je prends un raccourci entre celle-ci et Lille Molla pour retourner à mon port d’attache. J’aime bien passer entre ces deux îles, je suis toujours à peu près sûr d’y voir des aigles, les pygargues à queue blanche.
Seulement deux aujourd’hui, et c’est un régal de les voir utiliser les vents pour planer sur place, peut-être juste pour le plaisir, avec leurs puissantes ailes immobiles, les grandes rémiges aux extrémités écartées comme des éventails....
N’étant plus le jouet des vagues de ce côté-ci des îles, Vo lu Mondu bénéficie lui aussi d’une voilure plus imposante mais nous, nous ne cherchons pas à faire du surplace, bien au contraire, même si je ne suis pas pressé de rentrer après cette belle journée sur l’eau. Mais bon, comme le soleil se couche aujourd’hui à 14h30, faut quand même pas trop traîner.

La rencontre ne s’est pas faite aujourd’hui encore, mais est-ce là l’important ? Je sais qu’ils sont là, je peux les imaginer me regardant passer sans se montrer. Donc pour des photos, il vous faudra attendre un peu...
C’était une bien belle journée.
D’autant plus que c’était ma première journée en solitaire depuis une semaine.
J’ai eu de la visite, trois équipières venues voir les orques qui, comme moi, en seront quitte pour ne les voir que dans leur imagination. Mais pour elles également l’important était ailleurs.
Trois jours sur l’eau, une belle navigation à la voile, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, Vo lu Mondu a allongé la foulée jusqu’à plus de huit noeuds, j’ai vraiment apprécié, Anna aussi, et Marie peut-être un peu moins, disons qu’elle a été un peu... "remuée".
.........
Je vous le fais en direct: interruption d’une heure et demi dans l’écriture de cet article.
Comme ça fait pas mal de temps que je n’ai rien mis dans le blog, je me suis dis que ce soir je m’y attelais et ne ferais rien d’autre. Et puis, un coup d’oeil dehors vers 22h et il a bien fallu que je lâche le clavier: un festival d’aurores boréales !
L’appareil photo, le trépied (qui s’impose, 30 secondes de pose pour la prise de vue) et je suis allé sur une petite colline à 10 minutes du port, le meilleur endroit pour éviter la pollution lumineuse de la ville.
Partout dans la voûte céleste, sur 180° de l’Est à l’Ouest en passant par le Nord on peut voir ces masses verdâtres mouvantes. Pour être honnête, cela apparaît nettement plus vert et donc plus spectaculaire sur les photos que dans la réalité. C’est tout de même très étonnant et impressionnant.
Je suis rentré "à la maison" vers 23h30 avant même la fin du film.
La prochaine fois que je voudrais bosser tranquillement je tirerai les rideaux ! Ah ben non, j’en ai pas...
 




































Je reprends le fil de mon récit après cet intermède céleste.
Oui, de bien belles et intéressantes journées sur l’eau, avec, comme toujours, de magnifiques éclairages.

Merci à Anna, Marie et Marilyn pour ces quelques jours agrémentés de leur agréable et enrichissante compagnie.
La semaine précédente, j’ai eu le grand plaisir d’accueillir ma fille Camille et ma nièce Nathalie.
Avec elles aussi, quelques belles journées de ballades aquatiques avec une visite au Trollfjord, magnifique petit fjord très encaissé, 100 m de large à l’endroit le plus étroit, accessible uniquement en bateau.
Le tour de l’île de Skrova nous a gratifié du survol de neuf aigles à queue blanche.
Bien agréable compagnie. Vous revenez quand vous voulez les filles !






























Et voilà, depuis jeudi, j’ai repris mon petit train train de solitaire. Pas si facile cependant. Je dois dire que pendant deux jours il y a eu un peu de flottement, j’ai trouvé le bateau bien vide et silencieux.
Bon, mon petit tour sur l’eau hier a remis les choses un peu dans l’ordre et j’ai finalement repris mes occupations habituelles.
Les prochains jours seront statiques, du vent relativement fort étant annoncé pour quelques temps.
En plus de tout ça, il y a quand même un événement quotidien marquant qu’il faut que je souligne: les jours raccourcissent à une vitesse incroyable. Le soleil a de plus en plus de difficultés à se maintenir au dessus de l’horizon. Aujourd’hui, il a fait jour un peu avant 8h30 et le soleil a disparu dans la mer vers 14h15 et la nuit était installée une heure plus tard.
Vers le 5 ou 6 décembre, le soleil n’aura plus la force de se hisser au dessus de l’horizon et cela va durer un mois....
Et vu comme le temps passe vite, je pense que ça ne sera pas trop dur à supporter.


8.30 a.m., daylight is coming, engine on for a few minutes,  mooring lines off.

Minus 1°C, be careful, frost on the deck. Wool and silk socks in leather and Goretex boots, watertight  fleece gloves, insulating and floating suit used by norwegian fishermen and woolen hat on top of everything.
As often, as soon the sky is clear, the night has been cold and, despite the sun promised by the forecast, temperature should stay onn the negative side of the thermometer.
Though, I feel so much like to spend the day on the water, see and see again the wonderful changing lights, meet orcas !
Orcas. They play hide and seek with me for more than three weeks now.
At the moment, I know there are two pods on the other side of the fjord, but it’s too far away, out of range with days shortening very quickly, I should start before dawn to get to the opposite shore before dusk.
Maybe a pod of these mammals will come to my side, who knows ? Some have been seen about ten days ago, and two indivuduals were in the area last week.
I am quickly overtaken by the whalewatching boat and call with the VHF radio Daniel, one of the crew to ask him if he has some informations about the localisation of the orcas. He confirms what I know already, but they have the ability in matter of speed to cross the fjord and
they will be back after dusk.
After one hour, I go beetween the islands of Stora Molla and Lille Molla to reach the area where the depth goes quickly from about 50 m to over 200 m. Orcas and pilot whales, another species of marine mammal found in these waters, likes those places.

If norwegian meteorologists are right about sunshine, they are wrong concerning winds: 10 knots forecasted, and actually twenty to twenty five knots. Not the same story !
And the waves are there aswell. Vò lu Mondu is in the shaker and things inside the boat fly in every
directions. What a mess !



















Baltic, as always when I sail with the engine, does not want to stay inside and finds shelter on the boom into the lazy bag of the main sail. And then I don’t see her the whole day.





I roll off the staysail and start for a great sail downwind, around 5 knots. I appreciate my very well adapted thermal equipment and stay outside to steer scanning the sea surface with my eyes to spot the orcas. What will I see first, the blow which goes up to 2 m or the huge (up to 1,80 m) dorsal fin of a big male ? I will see nothing today, the sea is too rough. As the trip is  becoming absolutely uncomfortable,
instead of going around Skrova island, I take a short cut beetween it and Lille Molla to go back to the harbour.
I like to go through this way, I’m always pretty sure to sea white-tailed eagles.
Today, only two eagles and it’s a real pleasure to se them use the winds to glide hovering, my just for the pleasure, with their motionless powerful wings, the quill feathers like hand-held fans...
Not being anymore a toy for the waves on tjis side of the islands, Vò lu Mondu enjoys a larger sail area to speed up even if we are not in a hurry to go back after this beautiful day at sea. But as the sun will be behind the horizon at 2.30 pm, we cant be too slow.

No meeting today again, but is this the important thing ?
I know they are here, i can imagine them looking at me without showing themselves.
Well, for pictures, you will have to wait a little bit more....
It was a great day.
All the more it was my first day on my own for a week. I had some visits, three crew members who came to see orcas and who, like me have just to imagine them. For them aswell, the important is elsewhere.
Three days on the water, a beautiful trip under sails, I did not have that for a long time, Vò lu Mondu speed up to over 8 knots, i did appreciate, so did Anna, and Marie maybe a bit less, let say she was a little bit... «shaked».

........
I do it «live» now: one hour and a half interruption in the writing of this article.
As I did not put anything in the blog for quite a long time, i told to myself i must do it tonight and do nothing else. And then, a little glance outside at about 10 pm and I had to go away from the keyboard: a northern lights festival !
The camera, the tripod (really needed, 30 seconds exposure ) and I went for a 10 minutes walk to a small hill to avoid light pollution from the town.
Everywhere in the sky, from east, west and north, one can see these moving greenish lights. To be honnest, it appears much greener and so more spectacular on the pictures than in reality. Well, it is still amazing and impressive.
I went «back home» around 11.30 pm even before the end of the movie.
Next time when I’d want work quietly I’ll pull the curtains. Well, I dont have any, so....




















































Back to my story  after this celestial interlude.
Yes, beautiful and interesting days on the water with, as usual, wonderful lights.

Thank you Anna, Marie and Marilyn for these days brightened up with their pleasant and fulfilling company.
The previous week, I had the great pleasure to welcome my daughter Camille and my niece Nathalie.
With them too, some beautiful days on the sea with a trip to the Trollfjord, a very nice small fjord, 100m wide at the narrowest point, you can get there only by boat.
A trip around Skrova island delighted us with the flight of nine white-tailed eagles.
Very pleasant company. You can come back when you wish, girls !


























And so, from thirsday, I’m back in my solitary life. Not so easy though. I must say that for two days  it has been some wavering, I’ve found the boat pretty empty and silent.
Well, my day trip on the water yesterday put almost everything in order and I’m back to my occupations.
The next days will be still as quite strong winds are forecasted for some days.
One daily event I have to talk about: days are shortening very quickly now. It is more and more difficult for the sun to stay above the horizon.
Today, daylight came just before 8.30 am and the sun desapear in the sea at about 2.15 pm and the night was here one hour later.
On the fifth or sixth of december, the sun will not come above the horizon and it will last for one month...
But as time goes so fast, I think It will not be to hard to endure. 


o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Framboise 18/11/2009 13:56


Salut Marc,
Aux aurores boréales tu ne résisteras pas
- même en tirant des rideaux
imaginaires dans ton bateau -
trop belles choses devant tes yeux, là !


Bernard 15/11/2009 19:56


Magnifiques photos, on vous accompagne, merci de nous faire rêver...


rifflet francoise 15/11/2009 14:35


bonjour , votre site me fait rêver ..les photos sont magnifiques et j'attends avec impatience vos récits .En 2007 , j'avais fait une croisière avec l 'express côtier de Kirkeness à Bergen (rien de
comparable avec ce que vous faites ! ) nous avions aussi fait une petite halte dans les Lofoten ..mais justement c'était le temps qui manquait .merci pour ce bonheur que vous donnez ,avec votre
blog .


Présentation

  • : Le blog de Marc
  • Le blog de Marc
  • : voyage en bateau, nature, rencontres, photo, etc...
  • Contact

Où suis je ? Where I am.

Pour voir la position du bateau cliquez sur link puis utilisez le curseur à gauche pour vous approcher ou vous éloigner.

 


 


Trajet déjà parcouru
trajet

Recherche

Prophétie indienne

"Seulement après que le dernier arbre a été coupé,
seulement après que la dernière rivière a été polluée,
seulement après que le dernier poisson a été pêché,
alors seulement vous vous rendrez compte que l'argent ne peut être mangé."

Paroles de la mer

"Si le large t'appelle, vas-y, ce n'est pas en regardant l'océan qu'on découvre la perle, mais en plongeant dedans.
Alors vas-y, plonge.
Plus tard tu découvriras que la perle et l'océan sont aussi en toi."
Philippe Pelen

Texte Libre

A consommer sans modération

"La vie c'est le truc qui passe pendant qu'on multiplie les projets."
John Lennon

o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
Marguerite Yourcenar
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o
"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o