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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 23:35

Après une escapade d'une semaine en direction du Sud de l'archipel des Lofoten, me voilà revenu à Svolvaer, mon port d'attache hivernal.
Cette petite croisière côtière a été émaillée de conditions météorologiques pour le moins variées.
Dans cette région du Nord de l'Europe, la météo est aussi lunatique qu'une diva caractérielle. Instabilité totale, changements d'humeur permanents, caprices instantanés, crises d'hystérie soudaines.
Les prévisions météorologiques sont.... ce qu'elles sont, c'est à dire qu'elles ont bien du mal à suivre les frasques de la prima dona.
Heureusement les côtes ne manquent pas d'abri, ports de pêche ou petites baies où on peut trouver un ponton ou se mettre au mouillage si ce n'est pas trop profond.
Après avoir été bloqué par un coup de vent pendant deux jours dans le port de Stamsund, j'ai repris ma route avec l'intention de m'arrêter dans un petit fjord, le Nysfjord, réputé pour son village de pêcheurs et un bel environnement. Environ deux heures de navigation. Le temps est assez calme.

Et voilà que la Castafiore se réveille: le calme est interrompu par quelques rafales passagères à près de trente noeuds amenant son lot de grain de pluie ou de neige. La mer devient noire comme de l'encre parsemée de blancs moutons. Souvent, ça ne dure pas très longtemps.

Du Nysfjord je ne verrais même pas l'entrée, dissimulée dans un gros nuage plein de neige.
Tant pis, je m'y arrêterai au retour. Direction Reine, port de pêche (encore !) et village. L'endroit est considéré comme un des plus beaux sites des Lofoten: le port est dominé par des pics et des falaises tout proches de la mer.
Effectivement, magnifique et... sinistre: le ciel est sombre, plombé. Paysage en noir, gris et blanc.

Je m'amarre le long d'un ponton, il n'y a personne et la nuit tombe d'autant plus vite que les nuages lui apportent une contribution efficace. Il n'y a donc pas que la nuit qui tombe, tous aux abris.... Pluie mêlée de neige, en quantité...
Et le vent !
On m'avait prévenu: "tu verras, à Reine, le vent "tombe" des montagnes. Violent"
Et c'est vrai ! Quelle violence ! Toute la nuit, des rafales, très fortes, font siffler les haubans, trembler le gréement, taper les drisses, danser la coques, grincer les amarres sur les taquets.
Pas vraiment bien dormi.
Au matin, toujours gris, foncé, toujours des rafales, moins fortes et plus espacées. Tiens, il ne pleut pas.
Pas vraiment envie de rester là, même si c'est le soit disant plus beau site de l'archipel.
Pas de connexion Internet pour voir les prévisions, toujours une indication même si la cantatrice se mêle de ce qui ne la regarde pas.
Un coup d'oeil par dessus la jetée me montre que "dehors" ça a l'air assez calme.
Vite, départ avant que les vocalises commencent.
Direction le Nysfjord.
Même menu qu'hier pour l'instant: calme provisoire, des petits grains de neige séparés parfois par une illusoire éclaircie ensoleillée.

Et, comme je viens de le dire le calme n'a été que provisoire: de nouveau des violentes rafales mais pas de vagues car le vent vient de la côte toute proche. L'abri du Nysfjord sera quand même le bien venu, il n'est plus qu'à deux milles.
Et voilà que le pilote automatique se met à faire n'importe quoi, ou plutôt ne fonctionne plus. Au pire moment. Trente noeuds, épais grain de neige et il faut que je barre.
Et dire que chaque jour j'apprécie encore plus la vision panoramique depuis l'intérieur du bateau, ce qui permet de naviguer confortablement en ce mois d'octobre au Nord du cercle polaire arctique.
Me voilà sur un bateau "normal": dehors dans le cockpit même s'il ne fait pas beau.
Mais ce n'est pas tout: plus de GPS, plus de cartographie électronique.
Apparemment gros problème électrique.
Si le temps était correct, ça ne serait pas trop gênant: je sais où je suis, je suis passé au même endroit hier, je fais des petites distances.
Mais là, sans visibilité dans les fortes giboulées de neige, c'est pas idéal. Est-ce encore un coup de la diva qui a fait péter les plombs en faisant ses vocalises matinales ?
J'arrête le bateau, le vent ne me porte pas à la côte, et, moi qui n'aime pas l'électricité, je me lance à l'aventure dans les ampères, les volts, les fusibles et les interrupteurs.
Je parviens à faire fonctionner le pilote automatique, l'ordinateur et son écran se montrent collaborants et m'affichent de nouveau les contours côtiers et les cailloux qui traînent à droite, à gauche et même au milieu. Par contre le petit bateau rouge censé représenter Vò lu Mondu sur l'écran a disparu. Je le retrouverais dix minutes plus tard en essayant de me rappeler comment avait fait mon ami Jonas lors de l'installation du logiciel l'hiver dernier. Tak Jonas !
Par contre pour le GPS, qui s'allume, fait bip bip et rien d'autre, ça a l'air plus grave.
Heureusement, j'en ai un de secours qui fonctionne lui, même s'il m'affiche que les batteries sont faibles.
Je remets en route mais pas vers le Nysfjord dont l'ouverture est de nouveau bien dissimulée dans la nébulosité ambiante.
Bon, retour à Stamsund, à moins que ça se calme un peu auquel cas je pourrais aller jusqu'à Henningsvaer où j'avais déjà fait escale.
Effectivement, Bianca a changé d'avis, une fois de plus, et le vent qui était d'Ouest a tourné au Sud-Ouest ce qui me permet de dérouler la trinquette et d'allonger un peu la foulée même si les vagues se sont bien formées avec cette nouvelle orientation.
Le port d'Henningsvaer est un très bon abri avec ce vent de secteur Sud Ouest.

En me promenant dans le village je rencontre une biologiste, Heike, dans son centre de recherche scientifique link. Elle étudie les orques en les enregistrant grâce à un hydrophone. Les orques sont des animaux qu'on pourrait qualifier de bavards: vivant en groupes familiaux, ils communiquent entre eux en émettant des vocalises et des "clics" qui leur sont utiles pour l'écholocation: ils disposent d'une sorte de radar naturel qui leur permet de se localiser et de repérer les proies.
Chaque groupe dispose d'un dialecte spécifique.
Les enregistrements obtenus par Heike lui permettent d'étudier ces différents groupes d'orques.
Notre conversation me donne des indications précieuses pour aller à la rencontre de ces mammifères marins.
Je m'engage à lui faire part de mes observations et de lui donner les photos qui lui permettront une identification des individus, et donc des groupes, rencontrés.
Pendant les trois jours suivants la diva est en vacances très loin d'ici et il fait un temps magnifique (pas tout le temps quand même), sans vent, même s'il ne fait pas bien chaud, environ 3°C.

Trois jours sur l'eau à guetter l'éventuelle apparition d'ailerons fendant les eaux du fjords.
Rien, ils ne sont pas encore là. Trois jours quand même bien agréables sur l'eau.
Puis retour à Svolvaer mardi après-midi, une tempête est annoncée pour mercredi. Pas de caprice cette fois, elle arrive pile à l'heure avec ses 35 noeuds, 40 dans les rafales. Même les bateaux de pêche sont à quai.
 











































































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commentaires

Pierre LIRON 19/10/2009 20:22


Nature sauvage , imprevisible , puissante et superbe de beauté....nous n'y sommes que tolérés et nous replace a notre place....je te souhaite un bon hiver...je vais descendre vers San Francisco
dans quelques jours rejoindre mon copain Eric....et retrouver un peu de chaleur tropicale au mexique...

Amities
Pierre


j-p 19/10/2009 19:21


bonsoi Marc,merci pour cettenouvelle balade; j'espère que tes problèmes electriques ne sont pas trop sérieux. Est ce dû au froid?
bon sinon bonne recherche avec ta biologiste de ces mamifères en espérant voir une photo d'une petite troupe.
A+


Framboise 19/10/2009 14:08


Salut Marc,
Je viens tout juste de rentrer de mes vacances en Bretagne (pas loin mais loin d'une certaine façon...) et je file découvrir ton blog.
J'ai accumulé tout plein de retard et donc il faut que tu me laisses un peu de temps pour tout lire.
Je commence par le plus "facile" : les photographies. Parce que ce que tu captes est toujours poétique, drôle, bouleversant, grandiose (parfois tout à la fois !).
En tout cas je peux dire que ton nord m'aura manqué, le mien était beau aussi mais je ne sais pas pourquoi il ne rendra pas pareil.
Très heureuse de te retrouver. Des bisous.


Iris 17/10/2009 20:00


wahou! quelles lumières fantastiques! et en plus on a même pas besoin de se frotter au vent pour les voir ; )
merci, et bonne chance pour rencontrer les orques


Bernard de Cambrai 17/10/2009 08:46


Superbes photos et belle plume ! Merci Marc.
Courage, et bon vent...


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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
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Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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