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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 22:15

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         photo Marc Perrussel

Vò lu mondu poursuit tranquillement sa route le long des côtes ibériques en trouvant ses abris nocturnes dans les rias de Gallice. Les nuits, et quelques journées également, se passent généralement à l’ancre, souvent juste en face d’une petite ville ou d’un village avec l’espoir de trouver une connexion internet qui me relierait au vaste monde et à ses habitants. Les rencontres sont hélas peu nombreuses. Pour rencontrer du monde il faudrait aller dans les ports et ceux-ci sont hors de mes possibilités (30-35€ la nuit). Et on y rencontre principalement des navigateurs comme moi, ce qui n’est pas forcément sans intérêt.
Tenez, il faut que je vous parle de cet anglais, John évidemment, voisin de mouillage dans la baie de San Vicente de la Barquera.
A cause de problème de dos (il conduisait des pelles mécaniques), il a dû arrêter de travailler et, avec son épouse, ils ont décidé d’acheter un bateau et de partir pour une destination inconnue et forcément lointaine et pour une durée indéterminée. Après avoir caboté le long des côtes françaises et du nord de l’Espagne, ils tombent en panne de moteur devant la baie de San Vicente. Ils entrent donc dans ce port de pêche relativement important avec une petite ville dans l’espoir de pouvoir réparer rapidement et repartir aussitôt. La réparation a pris quelques temps, le temps que l’ancre et sa chaine soient bien recouvertes par le sable se déplaçant en fonction des marées. Donc le moment du départ venu, pas moyen de remonter l’ancre sans plonger pour dégager tout ça. Rien ne presse, le coin est agréable, et si on restait un peu plus longtemps ?
Cette mésaventure leur est arrivé il y a... 10 ans et, même si l’ancre est dégagée depuis, ils sont toujours dans la jolie baie de San Vicente et apparemment pas pressés du tout d’aller voir comment c’est plus loin.
Donc, comme je vous l’ai dit, je ne fréquente pas souvent les ports. Cependant il y a quelques jours je me suis retrouvé dans la marina de La Corogne sans vraiment le vouloir. 
En passant devant, j’ai remarqué un petit bateau à moteur avec un comportement bizarre et dont la course s’est terminée sur les rochers de l’immense jetée. L’embarcation a fait demi tour pour rentrer au port mais rapidement son moteur s’est arrêté et j’ai vu le monsieur commencer à écoper avec un seau. J’étais le seul à naviguer dans le coin et je l’ai pris en remorque, direction le port, alors que le nombre de litres d’eau évacués à grands coups de seau était vraiment considérable.
J’ai accompagné cet infortuné équipage jusque sous la grue et finalement le bateau n’a pas coulé.
J’ai eu droit à 1000 muchas gracias de ce monsieur de 73 ans qui s’est empressé de raconter à l’entourage qu’il avait heurté... un tronc d’arbre. C’est qu’on a sa fierté en Gallice !
Et comme j’étais "el salvador", j’ai eu droit à un rabais substantiel sur le prix de l’amarrage. Donc, 2 nuits au port avec douches chaudes à volonté.
Depuis quelques jours, il y a quelque chose de frappant dans les paysages vus de la mer, c’est le nombre d’éoliennes qui se trouvent sur la côte et les crêtes un peu à l’intérieur des terres. Des centaines et des centaines.

6 0068-copie-1              photo Marc Perrussel
Cela m’a rappelé que j’ai vu quelque part  que depuis quelques mois plus de la moitié de l’électricité 6 0061produite en Espagne est d’origine éolienne. Comme quoi, quand on prend des bonnes décisions et qu’on se donne  les moyens, les résultats sont là. D’autres pays comme le Danemark suivent le même chemin.
Et nous dans notre pauvre France on s’accroche au tout nucléaire, nucléaire dont plus grand monde ne veut plus, d’autant moins après la catastrophe toujours en cours au Japon.
Mais en France, c’est bien connu, on est plus forts que tout le monde. Nous on a les meilleurs réacteurs nucléaires du monde, les plus sûrs, les moins chers, les plus beaux, etc... Et puis l’énergie nucléaire, ça ne pollue pas qu’ils nous disent nos experts gouvernementaux. Pas sûr que les japonais et les russes de la région de Tchernobyl soient vraiment d’accord avec ce genre d’affirmation.
Alors sortir du nucléaire comme viennent de le décider l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, pas question, même d’en discuter. Pour la remplacer par quoi ? Et puis il faut qu’on reste indépendant pour notre production énergétique. Sauf que, à ma connaissance, l’uranium nécessaire pour faire fonctionner ces installations à destruction massive potentielle il         photo Marc Perrussel                          ne se trouve ni dans les pépins des melons de Cavaillon, ni dans les flageolets du cassoulet de Castelnaudary pas plus que dans les arêtes des poissons de la bouillabaisse marseillaise. Et si les pays qui nous le fournissent décident de ne pas continuer, on fait quoi ?
Quelle indépendance !!!
Pourquoi ne pourrait-on pas suivre l’exemple espagnol ? Après tout, nous avons environ 5000 kilomètres de côtes dont certaines bien ventées. Sans parler de l’intérieur des terres.  On trouve bien déjà quelques éoliennes dans la vallée du Rhône mais c’est apparemment pour se donner bonne conscience. Tenez, il y en a même deux accolées aux tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Cruas. 

6 0030-copie-1
La réponse à cette question est simple : "c’est pas beau et ça fait du bruit". Paroles d’écologistes. Les vrais, ceux de la race des PDMJ. PDMJ pour "Pas Dans Mon Jardin". Oui, stop au nucléaire, mais les éoliennes chez le voisin.
Pendant longtemps, je les ai rencontrés ces PDMJ sur le marché du samedi matin dans mon village ardéchois. Ils faisaient signer des pétitions contre l’installation d’éoliennes.
Et moi, avec ma sensibilité écolo qui date de bien avant l’apparition des  Verts et d’Europe Ecologie, moi qui raccompagnais dehors, et encore s’il ne faisait pas trop froid, en douceur une araignée installée dans la maison avant que Nicolas Hulot confesse qu’il faisait de même,  je n’ai jamais signé leurs pétitions.
Ben oui, une éolienne je trouve ça pas inesthétique et ceux qui disent que c’est tellement bruyant, je suis prêt à parier qu’ils ne se sont jamais rendus au pied de l’une d’entre elles. Je suis allé en voir aujourd’hui, j’ai commencé à entendre un ronflement quand j’étais à 200 m et juste en dessous, si j’avais eu quelqu’un avec moi, nous n’aurions pas dû élever la voix pour discuter.
En tout cas, je préfère de très très loin ça aux immenses tours de béton des réacteurs nucléaires.
Sans parler des dangers potentiels, des déchets dont ne sait que faire et dont personne ne veut, là aussi PDMJ. Mais là je comprends...
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
Marguerite Yourcenar
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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