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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 15:39

Hello mes amis belges, Murielle et sa famille, Claire et Bruno (un peu belge quand même, non ?) et Max le navigateur, voilà ce qu'est devenu votre pavillon national tricolore au sortir de la tempête que j'ai traversée, à moins que ce soit elle qui m'ait traversé.

Il a été un petit peu bousculé, on dirait qu'il en manque un bout...

C'est quelle couleur ?

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© Marc Perrussel

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 20:00

25  août
je suis depuis hier suffisamment proche des côtes espagnoles et françaises pour recevoir des bulletins météorologiques.

Voyons voir ce qui est annoncé ce matin sur Pazenn, la zone où je suis en ce moment :

« Gale warning » = avis de tempête, force 8, mer forte à très forte.
Trop cool !!! J'y crois pas...
Tu crois que le gars qui tape ça sur son clavier, bien installé chez MétéoFrance, il mettrait quelques formes pour adoucir les choses, quelque chose du style : « salut les p'tits gars sur la mer, la nuit a été bonne ? J'espère que oui parce que la prochaine risque d'être un brin différente. Juste un  petit coup de vent de presque rien qui va vous arriver dessus. Alors préparez-vous tranquillement à faire le dos rond pendant un moment et tout se passera bien. Bonne journée. »
Non, c'est plutôt : « Eh les gars, vous allez vous en prendre une bonne, j'vous dis pas ! »
Cette traversée risque bien de refléter ce qu'est très souvent la navigation à la voile : ou trop ou pas assez de vent. L'entre deux n'existe qu'en rêve. Plaisance-déplaisance.
Je suis prêt pour la bataille, le bateau aussi, rangé, rien ne devrait voler à l'intérieur sans que je le souhaite à moins que les esprits s'en mêlent.
La voilure est déjà plutôt réduite car ça a déjà bien soufflé la nuit dernière.
Donc, il n'y a plus qu'à attendre. Et peut-être que, une fois de plus, les prévisions seront plus qu'approximatives, dans le bon sens cette fois, j'espère.

27 août
Bon, ben ça y est, elle est derrière moi, ou plutôt devant. Elle est partie décorner je ne sais quel animal marin plus à l'Est.
Elle, c'est cette dépression qui a profondément labouré la surface océanique et j'ai eu la mauvaise idée de me trouver devant son soc.
Les prévisionistes de MétéoFrance et MeteoEspana ne se sont pas trop trompés dans leur annonce, ils avaient juste omis de préciser (ce qu'ils feront plus tard) que la zone qui serait la plus durement touchée serait justement celle où je me trouvais.
Donc le force 8 annoncé indique le vent moyen, environ 45 noeuds, auxquels il faut ajouter des fortes rafales annoncées également.

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          © Marc Perrussel

Petit résumé de l'épisode :
Ma route est juste dans l'axe du déplacement de la dépression donc je suis vent arrière, un moindre mal à mon sens. La mer s'est rapidement creusée et la surface a pris la forme d'un grand huit de fête foraine. Et comme dans ce genre de « divertissement », c'est la descente qui est la plus impressionnante, avec le virage serré en bas.
Vo lu mondu, la voilure réduite au maximum, s'en donne à cœur joie et se comporte à merveille en surfant à 10 noeuds sur ces pistes aquatiques bien pentues. Il se grise de ces impressions tout à fait nouvelles pour lui.
Et Eole a décidé d'en remettre une bonne couche, juste pour voir probablement. Et là c'est devenu un peu trop pour le pilote automatique qui n' a plus vraiment contrôlé le dérapage de fin de piste et j'ai finalement décidé de siffler la fin de partie au petit matin.

7 0074          © Marc Perrussel
Donc mise à la cape à sec de toile pour attendre que l'environnement soit dans des dispositions plus douces et pacifiques à mon égard.
Le bateau s'est installé travers aux vagues et a commencé à dériver à plus de 2 noeuds, dans la bonne direction pour ma destination donc c'est toujours ça de pris. 

Il fait le bouchon, monte, descend en suivant le relief marin. Le confort est pour le moins relatif...
Impressionnant que de se sentir soulevé par les vagues puis de redescendre plus ou moins vertigineusement  5 mètres plus bas.
Le bateau est fermé hermétiquement et des paquets d'eau salée s'écrasent contre ses flancs avec un bruit d’enfer et s’affalent son dos avec un vacarme de cataracte.
Dehors, l'ambiance n'est pas celle d'aller prendre un bol d'air, bien que celui-ci pourrait être vivifiant quoiqu'un brin humide et salé. Le gréement siffle, hurle sous les assauts des rageuses rafales. 45, 50 noeuds voire plus ? Quelle importance ! Beaucoup trop de toute façon.
Combien de temps cela va-t-il durer ? Pas la moindre idée. Donc je commence par dormir (ou plutôt j'essaye...), la nuit précédente ne m'ayant pas offert ce dont j'avais besoin en sommeil. Puis lecture, musique, manger un peu sans faim.
Le hasard a voulu que je m'accorde cette pose juste sur le bord du rail des navires de commerce, cargos, tankers, minéraliers, porte-conteneurs, etc...
C'est un peu l'autoroute nord-sud pour ce gros trafic. Je repère tous ces bâtiments sur mon AIS et j'ai dû contacter par radio la passerelle de deux d'entre eux pour leur demander de modifier leur cap pour m'éviter un peu largement.

7 0045-copie-1          © Marc Perrussel
Un avion des garde-côtes m'a survolé et appelé par VHF pour savoir si j'étais en difficulté. En difficulté pour naviguer, ça oui, qui n'en n'aurait pas dans de telles conditions, mais pas d'autre difficulté en l'occurrence. J'attends en totale sécurité dans ma solide boite étanche et flottante, c'est tout.
12 heures à faire le yoyo et le pendule dans le concert hurlant des haubans, pataras et drisses puis, le tempo ayant considérablement baissé, je remets en route avec pour seule voilure un mouchoir de poche plié en deux. Oui, ça à l'air jouable... Et progressivement, proportionnellement à la diminution de la force du vent, la surface vélique augmente. La mer est toujours pour le moins agitée de grands soubresauts mais cela ne pose pas de problème. Cette fin de dépression me pousse à bonne allure vers ma destination.
Je vais me coucher et, mis à part une interruption pour remettre de la toile vers 3h du matin,  je dormirais 11h d'affilée.
Et ce matin je me traîne de nouveau à 3  nœuds...
Cette traversée, c'est un peu comme dans les téléfilms, après un épisode intense, il faut laisser au spectateur le temps de reprendre son souffle, d'aller aux toilettes, reprendre un paquet de chips, une boisson.
J'aime pas les téléfilms !!! D'autant moins que dans celui-là, depuis près de 2 semaines, le metteur en scène il s'est pas foulé en matière d'action. Soporifique ! Et puis des chips, j'en ai plus depuis un bon moment ; quant aux toilettes, je n'attends pas que le scénario me dise quand c'est le moment...

Les prévisions ne sont pas réjouissantes du tout, je sais trop bien ce que veut dire le « variable force 2 à 4 » de MétéoFrance. C'est un euphémisme pour dire : « mon coco, t'as encore du gasoil dans ton réservoir ? Parce que pour ce qui est du vent, ce sera que dalle, pas un louf, pétole. Quant à la direction de ce néant éolien, t'as qu'à choisir ce qui te plaira. » Bande d'hypocrites, troupeau de dégonflés, vous pouvez pas dire les choses clairement, non ?
Du gasoil, j'en ai encore mais pas suffisamment pour les 183 milles qui se trouvent encore devant l'étrave de Vo lu mondu, plein Est. Il va falloir gérer ça autant que possible et en garder pour l'entrée dans l'estuaire de la Gironde où, selon le moment où je m'y présenterai, je risque de devoir faire face à un fort courant de marée descendante.
Je trouve ça fascinant de voir comment le simple frottement d'un courant d'air sur une surface liquide peut provoquer aussi rapidement de telles déformations, de tels reliefs, hautes montagnes et profondes vallées. Et encore, ce que je viens de voir n'est probablement rien par rapport à ce qui peut se passer sous les hautes latitudes australes ou boréales, ou même lors d'une grosse tempête hivernale sur la pointe de Bretagne ou même le golfe de Gascogne où je me trouve actuellement.
Mais c'est ok pour moi, je n'ai aucune envie d'aller vérifier cette supposition, je préfère rester dans le domaine de l'imagination.
Et je suis étonné de constater le peu de temps qu'il faut à la surface océanique pour retrouver sa platitude après avoir été déformée à un tel point. C’est comme si Dame Nature, mécontente de son esquisse, effaçait tout d’un coup de gomme géante pour recommencer une oeuvre plus à son goût.

Bon, je vous laisse, je vais m'offrir quelques heures de moteur...
Incroyable, Julie l’araignée est allée tisser une toile sur l’empennage de mon éolienne ! C’est vous dire si les éléments sont déchaînés aujourd’hui.

28 août
Journée sans histoire. Un petit peu de vent, de quoi aider le moteur qui continue son boulot avec une sobriété qui m’étonne. Je pense que j’aurai finalement assez de carburant pour aller au bout même si je n’ai pas du tout de vent. Il me reste 75 milles jusqu’à Royan. ça commence à sentir l’écurie.
J’ai traversé aujourd’hui une zone intéressante, là où le fond de l’océan remonte de quelques milles de plus de 3000 m à 200 m pour donner le plateau continental.
Une bonne chose que je n’ai pas eu cette tempête dans ces parages car ce relief sous marin si abrupt lève dans ces cas-là une mer très très mauvaise, l’endroit où il ne faut absolument pas se trouver. Aujourd’hui, calme plat, je ne m’en plains pas.
Mais l’intérêt de cet endroit est que cette espèce de falaise sous marine entraîne des remontées de courants profonds entrainant avec eux une grande quantité de zooplancton, nourriture favorite d’une foule d’espèces de poissons et de baleines.
Et la chaine alimentaire se développe avec les petits mangeurs de plancton qui se font dévorer par des plus gros prédateurs qui eux-mêmes sont attendus au détour d’une crête de vague par encore plus gros et ainsi de suite. Il n’y a que les baleines qui traitent en général sans intermédiaire, directement du minuscule au géant.
Donc j’ai passé une bonne partie de la journée à observer l’environnement.
Bilan : un souffle de baleine (très probablement un rorqual commun ou une baleine bleue vu la hauteur du souffle), une grosse tortue, un dauphin qui m’a accompagné quelques minutes en me regardant, des bancs de poissons faisant bouillonner la surface, pour le plus grand plaisir des fous de Bassan qui, tels des flèches, plongeaient verticalement pour attraper ces proies.
Vraiment l’impression que cette zone grouille de vie.
Bon, c’est bien beau tout ça mais mon gratin de pommes de terre est cuit et les invités ne vont pas tarder à arriver. J’ai invité les voisins pour ce qui sera, j’espère, ma dernière soirée en mer.

 

29 août

Pas la moindre risée sur la surface. Un vrai miroir. Pas de problème pour rejoindre Royan aujourd'hui mais peut-être pas assez tôt pour arriver à temps pour la marée montante qui me pousserait jusqu'à Mortagne sur Gironde. Je ne vais pas faire le difficile, Royan sera très bien...

2ème (!) journée de navigation en tshirt (la 1ère étant le 1er jour), il fait chaud.

J'en avais eu l'intuition et la voilà, la vedette des douanes qui se dirige vers moi et me tourne autour.

J'ai de la visite ce matin, 3 douaniers, sympas heureusement, qui vont passer 2 heures à bord pour fouiller le bateau de fond en comble, et dans ce genre de bateau il y en a des coins et des recoins.

Et moi je passerai un certain temps à ranger après leur passage...

Evidemment ils n'ont rien trouvé. La seule poudre blanche qui se trouve à bord c'est de la farine (si, si, c'est vrai). J'ai souri intérieurement en voyant le douanier, très perplexe, tourner dans tous les sens le dernier paquet de farine suédoise qui me reste.

17h45

Vo lu mondu est amarré au ponton et moi je vais marcher...

7 0112        © Marc Perrussel

 

Bon, maintenant que je suis arrivé, j’ai un message personnel à transmettre à Eole, soit-disant dieu (certainement autoproclamé) du vent, donc, vous arrêtez de lire puisque c’est personnel.
- Jean-Claude, j’ai dit on ne lit plus, va plutôt pêcher du poisson en boîte.
Alors Eole, faut que je te dise un truc que je pense depuis longtemps : tu es vraiment vraiment un sacré ENFOIRE !!!!
Et je reste poli parce que je sais très bien qu’ils sont encore tous en train de lire, bande d’indiscrets !, y compris ma mère et ça ne lui ferait sûrement pas plaisir que je rajoute quelques qualificatifs peu cordiaux et même carrément grossiers, et pourtant ce n’est pas l’envie qui me manque.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 14:56


Tiens, un nouvel exercice pour moi : je vais partager cette traversée avec vous lecteurs, en direct (même si vous pourrez lire seulement quand je serai arrivé), en rédigeant mes impressions au jour le jour, à chaud, et je ne retoucherai pas ce qui en sortira. Exercice sans filet, aucune idée de ce que ça donnera.
En espérant que ça aura un intérêt pour vous. Commentaires bien venus.

« Allo, Maman, alors je pars demain à destination de Mortagne sur Gironde. Il me faudra environ une quinzaine de jours de traversée. » En fait, j'ai dans l'idée entre 10 à 15 jours, en espérant 10, 15 signifierait une lenteur de bigorneau. Et, en général avec les mères, il vaut mieux rester très évasif en matière de date ou d'heure d'arrivée, portées qu'elles peuvent être dans ce domaine à l'interprétation de ce qui est annoncé.
« Très bien. Alors j'attends de tes nouvelles dans 10 à 15 jours. » (Qu'est-ce que je vous avais dit !)
« Non, je t'ai dit une quinzaine de jours. »

Prémonition ?

15 août
Terceira diminue progressivement dans le sillage de Vo lu mondu. Départ matinal.
Peu de vent, le moteur est là pour déhaler les quelques 8 tonnes du bateau. Strobinell, en partance pour Douarnenez est sur tribord à quelques centaines de mètres. Notre route est assez similaire pendant au moins une semaine. Combien de temps allons-nous rester à vue l’un de l’autre ? Puis nous ne nous devinerons que sur l’écran radar et ensuite nous serons seuls, chacun sur notre coin d’océan. Chacun sa route, chacun sa vitesse ou sa lenteur.

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          © Marc Perrussel

 

Pratiquement comme à chaque fois que je reprends la mer, j’ai envie de voir des dauphins  autour du bateau. En pensée, systématiquement, je les appelle. Et généralement ils viennent. Encore une fois, ils sont là. Une douzaine de grands dauphins (Tursiops truncatus) croisent et recroisent devant l’étrave. Ils restent une dizaine de minutes et repartent comme ils étaient venus, discrètement, ils s’effacent, ils s'évanouissent, ils se fondent dans leur élément liquide, comme des morceaux de sucre. Et tout est plus doux après leur passage...

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           © Marc Perrussel

 

Je sais qu’à chaque fois ils viennent me souhaiter bon voyage. Je les en remercie, je suis serein pour cette grande traversée, ils m’accompagneront et, je l’espère, leurs cousins, leurs frères seront là pour m’accueillir dans le golfe de Gascogne.
La grande houle qui rejoint habituellement les deux continents est absente. L’océan est endormi aujourd’hui. Il ondule légèrement, Volumondu est comme posé sur la paume de de la main droite de Neptune, il en épouse les petits reliefs, il en suit la ligne de vie. La route que j’ai tracée sur ma carte électronique en fonction des prévisions météo est l’orthodromie. Du fait de la rotondité de la planète, cette ligne tracée sur l’écran de l’ordinateur ressemble étrangement à cette ligne qui nous traverse la paume en tournant autour de la base du pouce. J’aime bien cette idée de savoir mon bateau roulant en douceur dans le creux de cette immense main océanique.
Si nous avons tous deux lignes vie gravées dans nos mains, les voiliers prudents en ont aussi deux : ce sont des sangles qui courent sur le pont du bateau, très solidement fixées, et sur les quelles les navigateurs s’attachent pour éviter de passer par dessus bord lorsqu’ils doivent manoeuvrer.
Pour un solitaire, elles sont plus importantes que le gilet de sauvetage. Qui viendrait le secourir alors qu’il flotte avec son beau gilet rouge ou jaune alors que le bateau continue à tracer son sillage en suivant scrupuleusement les indications du pilote automatique ? La place du marin est sur son bateau, pas à côté. Donc, je m’attache systématiquement quand je dois aller sur le pont.

Au milieu de l’océan, l’horizon est un cercle parfait et moi je suis sous la pointe du compas qui l’a tracé.
Au dessus, la voute céleste. C’est comme les «boules à neige» pour touristes, (Tour Eiffel ou autre...); si une main géante la mettait à l’envers puis la retournait, on pourrait voir Vo lu mondu couvert d’une belle couche de blancs flocons.
- Eh, la grande main, pas de blague, t’es pas obligée de le faire !


16 août
Gris le ciel
Gris l’océan
Gris l’estomac
Gris le moral
Et Dame Nature, la magicienne, m’offre ce dont j’avais besoin : un magnifique bouquet de couleurs cueillies au grand jardin atlantique.

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          © Marc Perrussel

 

Qu’est ce que j’aurais aimé passer sous cette grande arche lumineuse !

2 ris dans la grand voile et trinquette à l’avant (voilure très considérablement réduite), moteur  en appui pour assurer un cap décent et une vitesse suffisante pour ne pas être désespérante, 2 jours que ça dure ce vent de face assez fort.
Vo lu mondu est secoué dans tous les sens.
36 heures que je n’ai rien mangé si ce n’est une banane qui n’a pas l’air, pour l’instant d’avoir l’intention de ressortir...
Dire que je n’avais jamais le mal de mer avant. Avant quoi ? Pas de réponse...
Je passe mon temps sur la couchette de la cabine arrière. Dès que j’essaie de lire, la banane se rappelle à mon bon souvenir...
Je dors. Autant que je peux. L’océan est vide autour de moi à des centaines de milles du continent. Je dors, les instruments veillent...
Quand je me lève pour noter les points de ma route, une seule envie, retourner me coucher. La banane...
Comment quelqu’un a-t-il pu appeler cela de la navigation de « plaisance « ? Plaisance-plaisir ?
Je soupçonne cet individu (et là je suis courtois !) de n’avoir pour expérience de  navigation que celle des jolis petits voiliers en bois sur les eaux calmes des bassins du jardin du Luxembourg à Paris.
A mon tour de créer un néologisme : la déplaisance.
Oui, c’est ça, je fais en ce moment de la navigation de déplaisance...
Un jour j’irai au jardin du Luxembourg...

De toutes façons, la mémoire du navigateur en général est extrêmement sélective, seuls les bons souvenirs restent inscrits. Il n’y a qu’à lire les multiples récits, combien parlent sincèrement des moments de galère ? Par contre les plaisirs des belles navigations avec juste le vent qu’il faut, le soleil, les cocotiers qui apparaissent au soleil couchant....

17 août
J’ai dormi 8 heures d’affilée, même le bruit du moteur qui est à un mètre de moi ne m’en a pas empêché.
Une tasse de thé, une banane et une pomme ce matin. J’ose un tel festin car le vent est tombé, la mer est calmée et le soleil est là.
Je renvoie toute la toile mais le moteur doit quand même continuer son boulot.
Où est le vent promis par les fichiers météo que je consulte sur mon ordinateur ? J’ai toujours du nord-est alors qu’on m’annonce du sud-ouest qui me serait beaucoup plus favorable. Faudrait quand même que la situation évolue car je n’aurai pas assez de gasoil pour aller jusqu’au bout.
950 milles (1750 km) à parcourir encore jusqu’à Royan. En ligne droite. Et la ligne droite en navigation à la voile, est juste un trait tracé sur une carte.
950 milles, près de 10 jours au rythme actuel. Plaisance-Déplaisance.
11h10, ça fait 4 heures que je suis levé, je retourne me coucher. La banane, la pomme...

18 août
14h15, plus de vent du tout... Comme souvent hélas. A part une légère houle, la mer est très calme. Du coup j’ai osé une assiette de spaghettis avec une des délicieuses sauces de Claire et Bruno, la bruschetta, celle que je préfère. Je retourne me coucher...

19 août
Le vent est revenu, pas bien fort, de l’ouest.
Après avoir contourné par l’ouest la zone sans vent qui me barrait la route depuis les Açores, ce qui a rallongé le trajet de pas mal de milles, je fais maintenant route plus ou moins directe, vent arrière. Et je me traîne entre 3,5 et 4 noeuds...
Même pas drôle !
Combien de jours encore me faudra-t-il pour arriver à ce rythme de bigorneau ? Encore 880 milles. 9 jours ? 10 jours ?
J’ai même envisagé de me dérouter vers La Corogne en Espagne qui est 200 milles moins loin. 2 jours de moins peut-être.
Et après ? Il faudra bien ramener le bateau et au total la distance sera plus importante. Et quand le vent sera-t-il favorable pour cela ?
Non, pas de changement de destination. Après tout je savais au départ que ce serait 10 à 15 jours alors va pour 10 à 15 jours. Même si j’aurais préféré que ce soit 10.
La voile a ceci de paradoxal c’est qu’on en fait par plaisir, à priori, et qu’on veut toujours que ça dure le moins longtemps possible. Je m’étais déjà fait la réflexion à l’époque où je naviguais en régate, tout le monde voulait être le premier sur la ligne d’arrivée, le premier rentré au port. Je n’ai jamais trop compris pourquoi. Le plaisir n’est-il pas d’être sur l’eau plutôt que d’attendre que les autres s’amarrent après vous au ponton ou alors qu’ils vous rejoignent au bistrot ?
Remarquez que nous faisions toujours partie de ceux qui restaient le plus longtemps à naviguer. Nous laissions généreusement, à défaut de le faire volontairement, les honneurs du haut du classement aux plus pressés ou aux meilleurs qui devaient probablement être les mêmes.

Manger, lire, dormir.
Dormir, manger, lire.
Dans l’humidité grise.
Heureusement ma bibliothèque est bien garnie.
« L’âme des animaux » Jean Prieur, éditions Robert Laffont : passionnant !

Pourquoi est-ce que je me suis encombré d’un fichier météo me donnant les prévisions de force et de direction des vents qui me permet de tracer au mieux (?) ma route ?
A l’en croire, je devrais avoir 20 noeuds de sud ouest, ce qui me conviendrait très bien alors que j’ai 0 noeud (oui, ZERO !) venu de nulle part. Et le brouillard en prime...
C’est encore plus frustrant que si je n’avais pas de prévision, au moins je prendrais ce qu’il y a sans m’attendre à avoir autre chose.
Du coup, pour la suite, c’est le grand mystère, navigation à l’ancienne, je prends la route la plus directe, ce que j’aurais peut-être dû faire dès le départ...

20 août
Belle nuit que celle qui vient de s’achever.
Dormi 9h, sommeil juste entrecoupé par 2 ajustages du réglage des voiles.
Il faut dire que c’est plutôt désert par ici, c’est pas le périph’ aux heures de pointe. Les alarmes de mes instruments ne se sont pas déclenchées une seule fois depuis le premier jour. Rien vu de flottant depuis 3 jours. Hier j’ai croisé 2 porte-conteneurs, uniquement aperçus sur mes instruments, le plus proche étant à 15 km.
Le ciel a fini de déverser sa tristesse autour de moi (comme s’il n’y avait pas déjà assez d’eau dans les environs !) et les lourds rideaux gris qui nous entouraient se sont évanouis en silence. Et le vent est revenu. Pas bien fort mais bien orienté ce qui a assuré une progression nocturne régulière aux alentours de 4-4,5 noeuds. C’est pas vraiment rapide mais on ne va pas se plaindre, c’est quand même plus réjouissant qu’hier.
17h45
ben les amis, c’est pas gagné mon histoire... Depuis ce matin la moyenne doit être de 3,5 noeuds. J’espère encore une arrivée avant Noël. Oui, cette année quand même.
Tiens j’aurais du me mettre plus tôt à écrire, ça a provoqué une accélération foudroyante à 4, 23 noeuds, record de la journée pour l’instant, je pense. Yeeesss, 4,30 !!! ça décoiffe !!
A part ça, comme pas mal de monde sur terre, la routine. Je dors, je mange, je lis, j’écoute de la musique et des émissions enregistrées sur France Inter il y a quelques mois.
Une nouveauté quand même, et qui me fait très plaisir, j’ai de la compagnie : une passagère clandestine qui vient de sortir de sa cache : une petite araignée. Elle a tissé cette nuit une jolie toile entre l’ordinateur de navigation et la radio VHF. Je vois juste quelques unes de ses pattes. J’espère qu’elle ne restera pas trop farouche. Je lui ai assuré qu’elle ne risquait rien avec moi, que je la dénoncerai pas aux autorités à notre arrivée, qu’elle pouvait aller et venir en toute liberté et toute quiétude.
Sa présence ramène à mes souvenirs la présence de Julie, une mouche, qui m’avait tenu compagnie pendant 2 mois au début de mon voyage. Je lui avais consacré un petit article dans ce blog ( Julie  ).
Tiens, l’araignée, je vais aussi l’appeler Julie. Je vous en ferai une description dès qu’elle se montrera entièrement. J’espère qu’elle ne sortira pas que la nuit.
J’ai bien peur qu’elle n’attrape rien dans sa toile. Pour une fois je souhaiterais presque la présence de quelques moustiques...
Je ne sais pas trop ce qu’aime manger une araignée, elle peut choisir ce qu’elle veut dans mes provisions, il y en assez pour nous deux. Self service.

21 août
ARRETE !!! j’ai fait exactement la moitié de la distance à parcourir et je sui arrêté, stoppé, scotché, encalminé comme on dit dans le jargon nautique.
Pour combien de temps ? Désespérant...
Moteur, 1400 tours/min, 3,5 noeuds. Pour combien de temps ? A priori, à moins d’un miracle, pas de station service avant Royan, 674 milles...

17h30
Toujours la pétole...
J’ai appelé par radio un porte conteneur qui passait à 7 milles à l’ouest pour avoir des prévisions météo :  « force 4 à 5 de secteur nord-nord-ouest »
Si ça pouvait se réaliser... c’est juste ce qu’il me faudrait. Je ne sais pas si ça sera le cas mais en tout cas ça donne de l’espoir et c’est déjà vachement bien.
Bon, je vous laisse, je vais aller allumer un cierge, ou même deux, sur la cheminée, peut-être que ça aidera...

22 août
7h
Eh ben c’est pas la joie...
les 2 cierges n’ont manifestement pas été suffisants.
Après une nuit absolument sans vent,  le « force 4 à 5 de secteur nord-nord-ouest » prédit se trouve être du « force 1 de est-nord-est », c’est à dire juste le contraire de ce qu’il me faut...
Concrètement ça signifie que :
- je ne peux pas faire route vers ma destination prévue
- je dois arrêter le moteur et garder le gasoil pour recharger les batteries si nécessaire (pas de vent donc éolienne inefficace, pas de soleil donc on oublie le panneau solaire) et j’avance à 2 noeuds.
je dois rester zen parce que je ne sais pas combien de temps va durer cette situation pas très drôle.

Si la situation météo ne change pas, je vais essayer (!) de me diriger vers La Corogne en Espagne et encore il me faudra tirer des bords car mon cap actuel m’entrainera au plus au sud, vers Lisbonne.
Pour l’instant, je me contente d’avancer...
Mais j’ai quand même des questions qui me turlupinent de plus en plus : comment se fait-il que, depuis presque 3 ans que je suis parti sur ce bateau, je n’ai presque jamais de vent ? Même dans les régions où il y en a en principe toujours. Comment se fait-il que les conditions de vent que je rencontre ne correspondent presque jamais aux prévisions ?
Quand je raconte ça à des navigateurs de rencontre ils ont du mal à me croire. Je suis curieux de savoir combien de temps auront mis BLAIREAU, parti 2 jours avant moi, pour rallier Bordeaux et STROBINELL, parti en même temps que moi, pour rejoindre Douarnenez ?
Alors, la faute à pas de chance, la faute au hasard ? Ou bien, et ça me vient de plus en plus souvent à l’esprit, est-ce qu’il y a là quelque chose qu’il faut que j’écoute et que j’entende ?
Est-ce qu’en faisant ce que je fait (naviguer à la voile), je suis sur la bonne voie ?
8h15
Mais non, je veux pas aller en Espagne !
J’ai appelé un cargo pour lui demander les prévisions météo, elles concordent avec celles que j’ai dans mon fichier de vent et avec le bulletin espagnol que je viens de recevoir : vent 3 à 5 de secteur nord-ouest à nord. Tous d’accord.
Et pourquoi alors est-ce que j’ai force 0,5 de nord-est ?
Je vire de bord et repars au nord, je fais le pari que tôt ou tard le vent reviendra du secteur ouest.
François, copain bordelais rencontré aux Açores, avec qui j’ai passé pas mal de temps, a souvent parlé d’un bateau qu’il a construit lui-même et qu’il appelé « Tout ça pour ça ». C’est un nom bizarre pour un bateau mais depuis ce matin il revient souvent dans mes pensées.
Et si moi aussi j’avais fait tout ça pour ça ?
Toute cette énergie utilisée, cet argent dépensé, ce temps passé, toutes les  conséquences directes et indirectes sur ma vie et celles de certaines personnes, tout ça pour me retrouver dans une situation d’une totale inutilité et sur laquelle je ne peux exercer aucune influence...
Bien sûr j’ai reçu tellement de belles choses depuis le début de ce voyage, je ne les oublie évidemment pas, mais la question est : Où est le sens ? A quoi cela sert-il ?
Est-ce qu’une réponse apparaîtra pendant les 600 milles nautiques qu’il me reste à parcourir ? A moins qu’elle ne soit déjà là, en face de moi...
N’allez surtout pas vous dire que je suis complètement déprimé par cette navigation désespérante de lenteur.
Non, ça ne me déprime pas, je n’y trouve aucun plaisir mais ça ne me déprime pas. La situation est telle qu’elle est et n’ayant aucune influence possible sur le bon vouloir d’Eole (une fois de plus !), je l’accepte.
Patience, c’est tout. Ce n’est même pas prendre mon mal en patience parce qu’il n’y a pas de douleur.
Je sais que le vent va revenir, sans savoir ni quand ni de quelle direction. Je mettrai très probablement encore au moins une semaine pour arriver, c’est comme ça. Ce qui m'embêterait beaucoup si je mettais plus de temps c’est que je n’ai pas de moyen pour communiquer à mes proches que je serai en retard pour le dîner. Mon souci est là, leur éviter une éventuelle inquiétude inutile.
Bon, pas très rigolo tout ça mais rien de grave, j’ai à manger, à boire, à lire, à... réfléchir.
A propos de manger, j’ai mangé à midi ma dernière pomme (enfin la moitié...) et la bonne nouvelle c’est que je vais pouvoir manger maintenant des ananas en boite. J’adore ça. Normal, je suis tombé dedans quand j’étais petit, c’est ma potion magique à moi. Je viens de faire l’inventaire, j’en ai 8 boites dont 2 grandes. Je peux donc affirmer que j’arriverai au plus tard dans une semaine. Le compte est bon puisque le dernier jour j’en mangerai deux.

23 août
Bilan comptable des dernières 24h :
53 milles parcourus dont 30 avec l’aide du moteur, ce qui signifie 23 milles à la voile en 16h ! et seulement 15 qui me rapprochaient du but...
Ne nous plaignons pas, c’est déjà ça... Je crois qu’on prend réellement conscience de l’immensité de l’océan quand on est complètement arrêté au milieu pendant des heures et qu’on ne peut rien faire pour que ça change. Si dans ces moments-là vous regardez la carte en mettant le doigt sur la position du bateau, il vaut mieux avoir un brin d’humour et essayer d’être un tout petit peu philosophe...
Finalement un tout petit zéphyr a fait une apparition nocturne vers 2h et j’ai essayé tant bien que mal d’en profiter avec de multiples réglages de voiles pour essayer de gagner quelques dizièmes de noeud.
Certains diront : « 0,5 noeud, qu’est ce ça change à l’échelle d’un océan, tu aurais mieux fait de dormir et d’attendre que le vent se lève. »
Et bien non, pour moi ce gain en vitesse, aussi minime soit-il, est capital. Il représente ma capacité à agir directement sur l’évolution de ma situation. J’ai choisi d’être là où je suis, je choisis de faire mon possible pour en sortir.
« Dans la vie, il ne s’agit pas d’avoir les bonnes cartes en main, mais de bien jouer avec de mauvaises cartes. » Jack London
Et ce matin c’est réellement un nouveau jour, le soleil est là, le vent aussi. Pas bien fort mais il me permet d’avancer à 4 noeuds dans la bonne direction.
 
La journée a été calme mais le bateau a toujours progressé à la voile, pas comme hier...

Julie l’araignée a fait une petite sortie pendant la journée. J’en ai profité pour lui tirer le portrait. Elle est jolie, non ?

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                         © Marc Perrussel

 

C’était assez drôle, je l’ai vue marcher au plafond, je lui ai dit quelques mots doux comme on dirait à un chat ou un chien familier et elle s’est laissée descendre le long d’un fil et s’est arrêtée au niveau de mon nez. Elle est restée 1 à 2 minutes à faire le pendule puis est remontée se promener au plafond.

24 août
le vent est revenu cette nuit ou plutôt arrivé, vu que jusqu’à maintenant...
Nuit pas terrible du point de vue sommeil, j’ai dû manoeuvrer plusieurs fois, mais pas mal en matière de progression.
Il est 16h30 et je viens de réduire un peu la grand voile, ça souffle à environ 25 noeuds, vent arrière avec les vagues de 3/4 arrière ce qui fait que le bateau fait de beaux écarts de trajectoire et comme en ce moment il flirte avec en moyenne avec les 6,5 noeuds, ça chahute un peu.
Pffff ! qu’est-ce que ça fait du bien d’avancer ! Déjà ce matin, en arrivant enfin à une vitesse de 5 noeuds, ce qui n’était pas arrivé quasiment depuis le départ, je me suis dit : « enfin ! »
Bon, il y a quand même une mauvaise nouvelle aujourd’hui : les 3 paquets de madeleines aux raisins de Corinthe ont moisi. Dommage, ça allait plutôt bien avec l’ananas...
Rien n’est parfait...
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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 18:39


Horta (7000 habitants) est située sur l’île de Faial, l’une des 9 qui composent l’archipel volcanique des Açores.
Horta, j’en avais déjà entendu parler, elle est connue dans le monde des navigateurs à la voile.
Horta et son port sont le passage quasi obligé des bateaux qui vont au printemps en direction de l’Europe continentale en provenance de l’archipel caraïbe ou des Etats Unis. Et en été, nombre de plaisanciers y viennent pour une croisière estivale des plus agréables et également pas mal de voyageurs qui se dirigent vers le sud, Madeire, Canaries, Cap Vert, Afrique, Brésil.

7 0070                          © Marc Perrussel
Sans parler des multiples courses océaniques qui y font escale ou dont c’est la ligne d’arrivée...
Ce petit port est classés quatrième au classement mondial des mouvements de bateaux de plaisance avec près de 1500 passages de bateaux par année. Je serais le 1005ème en 2011.

Que serait Horta sans son port ? La jolie petite ville qu’elle est aujourd’hui, calme et où on se sent bien. Probablement un peu endormie quand même.
Mais le port est bien là. On y est très bien accueilli, le prix est modique comme dans tout l’archipel (pour mon bateau, catégorie entre 10 et 12m, 12,50 € par jour). Heureusement car il y a très peu de mouillages possibles autour de ces îles et, en conséquence, séjour quasi obligatoire dans les marinas.
A Horta comme dans tout l'archipel, il y a plusieurs très belles églises. la religion y est très présente comme partout au Portugal.

église Praia

            © Marc Perrussel


  église Angra

          © Marc Perrussel


Cependant, il y a un lieu de culte qui attire plus de monde que toutes les églises réunies. Un lieu incontournable, connu probablement dans le monde entier par les marins : le Peter’s Café Sport.

7 0017        © Marc Perrussel

Créé par José Azevedo, dit Peter, en 1953, ce bar est depuis cette époque LE lieu de rencontre des plaisanciers et maintenant  un lieu de visite touristique pour les navigateurs terrestres.
C'est un endroit qui en a vu passer des marins. Des plus illustres aux plus anonymes. Beaucoup y ont laissé trace de leur passage. Il est impossible de dire de quelle couleur sont les murs, tout étant entièrement recouvert de fanions de toutes origines, de drapeaux multicolores, de photos, d’autocollants, par endroits, si ce n’est partout, sur plus plusieurs couches. Et le plafond n’est pas en reste...

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    © Marc Perrussel
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                  © Marc Perrussel

C’est aussi l’endroit où les bateaux de passage peuvent faire adresser leur courrier, il y a maintenant un accès internet gratuit également.
LE point de chute et de rencontre sur la route transatlantique .

Et à Horta, il y quelque chose de plus extraordinaire encore : un monde de couleurs, de dessins, de peintures, d’imagination, un monde devenu tradition.

7 0007          © Marc Perrussel
Probablement la plus grande galerie de peinture à ciel ouvert qui puisse exister. Depuis des décennies, les équipages des bateaux de passage ont pris l’habitude, au point qu’il se dit maintenant que de ne pas le faire porte malheur, de dessiner et peindre "une oeuvre" faisant référence à leur bateau, de laisser la marque de son passage.

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Toutes les surfaces, qu’elles soient verticales ou horizontales, existantes dans la marina sont recouvertes d’un invraisemblable patchwork multicolore. Je pense que c'est la première fois que je trouve le béton sympathique. Il faut dire qu'on ne le voit plus beaucoup.

7 0076-copie-1          © Marc Perrussel
Quand un nouvel arrivant comme moi a l’intention de se plier à la tradition, la première chose à faire est de trouver un dessin sur lequel les effets du soleil, de la pluie des embruns salés ont exercé leur pouvoir, c’est à dire effacer, gommer les plus anciens.  Ces éléments naturels sont une sorte de modérateur de l’assemblée, ils décident qui a été suffisamment présent sur la scène. Place aux jeunes en quelque sorte.
Une fois l’emplacement repéré, le recouvrir d’une couleur de fond et le protéger, s’il est horizontal avec force avertissement (bouts de bois, bouteilles, pots de peinture, etc...) pour que personne ne le piétine avant qu’il soit sec. Il est vrai que lorsqu’on marche dans la marina, on ne regarde pas où on va, on promène ses yeux sur les cimaises de cette galerie universelle. Et malheur à celui qui met le pied dans un pot de peinture.
- Hola, Marco, tienes un poquito de amarillo ? (Salut  Marc, tu as un petit peu de jaune ?)
- Please, Geoff, may I borrow your beautiful green paint and a very thin brush ? (S'il te plaît, Geoff, je peux t’emprunter ton magnifique vert et un pinceau très fin ?)
Ce genre de conversation on peut l'entendre à tout moment sur les pontons. Il y a toujours quelqu'un à l’oeuvre.
Parmi tous ces artistes (pour la plupart novice et improvisés), il y a les organisés, les prévoyants qui ont amené tout leur matériel nécessaire, telle cette famille québécoise éminemment sympathique qui avait déjà élaboré leur projet pictural avant d’arriver,
7 0015          © Marc Perrussel
ou cette américaine qui a réalisé ce véritable tableau en deux temps trois mouvement, une véritable artiste.
7 0023-copie-1          © Marc Perrussel

Et puis il y a les autres, ceux qui n’ont rien prémédité, rien prévu, ni idée ni matériel, comme Maria l’espagnole, mes copains bordelais du bateau BLAIREAU ou moi. Nous on a fait les poubelles pour trouver des fonds de pots de peinture, des pinceaux certes pas tout neufs mais utilisables. La débrouille, l’échange, la convivialité.
Une fois la couche de fond étalée, si elle n’a pas encore germée, il faut trouver l’idée, ce qu’on va mettre sur cette couche uniforme ou pas d’ailleurs, tout est possible, tout est autorisé. C’est la plus libre des créations, pas de cadre, pas de guide, liberté totale d’expression.
Puis il est temps de passer à l’action véritable. J’ai adoré ce moment où on voit ces artistes d’un jour (ou plus, il m’en a fallu cinq, faut dire que j’ai fait durer le plaisir et que je me suis appliqué) plongé dans leur activité avec une concentration extrême. Et les curieux, les visiteurs, les touristes, les copains, les bavards sont toujours les bienvenus...

Et de l’application, il y en a à revendre. J’avais vraiment l’impression que nous étions tous des enfants en train de vouloir gagner un concours de dessin et peinture et surtout les 3 carambars (les vrais avec l’emballage jaune) et 2 chewing gum à la chloro promis au plus méritant.
Chacun sa position idéale,


Maria au plus près de l’action,
7 0001-copie-3          © Marc Perrussel

Geoff en train de loucher sur son modèle

Geoff
          © Marc Perrussel
et moi sur mon tabouret mais je n’ai pas de photo. Et pourtant des photos il y s’en est pris. Les gens de passage qui vous demandent timidement s’il peuvent vous mettre dans la boite, il en est passé pendant les jours où j’ai risqué le coup de soleil sur la langue tellement je me suis appliqué (j’ai pas eu les carambars. Pas grave, il m’en reste quelques uns dans le bateau).

Dernière minute, on vient de m'envoyer une photo.

DSC05369


Et souvent la photo n’était qu’un prétexte pour entrer en contact avec tous ces gens. Comme lorsque j’ai sorti ma machine à coudre (encore merci Sylvia pour ce magnifique cadeau) sur le quai pour me fabriquer un taud de cockpit taillé dans une vielle voile. Que de belles rencontres grâce à ça, Dani, le photographe allemand de Lanzarote, Julie, l’américaine de Floride !
marc-horta-3          © Dani Stein
Du plus simple au plus compliqué, du plus naïf au plus artistique, ils ont tous la même valeur, celle des jours voire des semaines passés en mer et de ce qu’il a fallu parfois endurer pour arriver dans cet endroit mythique. Chacun rend hommage à son bateau, c’est un honneur pour eux de se retrouver ainsi exposés, peut-être est-ce notre manière de les remercier. Moi qui ne suis pas artiste pour deux sous, il n’y a pas pire dessinateur, j’ai fait de mon mieux et peut-être qu’un jour quelqu'un me dira : "Tiens, j’ai vu VoLuMondu sur la jetée à Horta" et je serai alors content pour lui, je lui dois bien ça.
7 00081          © Marc Perrussel
7 0007-copie-1           © Marc Perrussel
Il est pas beau mon dessin ? Vous ne trouvez pas que ça aurait bien mérité un ou deux carambars ?
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Je pensais rester quatre ou cinq jours à Horta, j’ai fini par parvenir à m'en extraire après 16 jours à quai en me faisant la promesse d’y revenir pour la bonne raison que je n’ai rien visité de l’île, je ne suis pas allé plus loin que le supermarché à 1 km du port... Quoique la raison principale pourrait bien être de revenir m'immerger dans cette ambiance à nulle autre pareille.
En regardant l’exposition des peintures, on se rend compte qu’il y a des bateaux des quatre coins du monde 7 0024-copie-2qui passent ici. Ceci est confirmé en regardant les pavillons qui flottent au dessus des tableaux arrières des bateaux présents : canadiens, brésiliens, américains, australiens, néo-zélandais, européens d’un peu partout, ils sont tous là.
J’ai adoré ces discussions impromptues sur les pontons, la plupart du temps en anglais, souvent en français, quelques fois j’ai dû utiliser mon poquito d’espagnol.
J’ai aimé ces toutes ces rencontres, sauf une pour être honnête (ah le franchouillard qui a tout vu !), elles sont l’image d’une grande fraternité. Je rêve qu’il y ait d’autres mondes comme celui-là.
Quel plaisir de rencontrer ces inconnus qui ne le restent plus pour bien longtemps ! Tout le monde a l’air détendu, le stress est totalement interdit de séjour, on se rend des services, on donne un coup de main, on échange des informations, on s’invite à boire ou à manger, des amitiés se forgent, on se reverra, c’est sûr et certain. Et si on est pas sûr parce que les7 0027 destinations peuvent être tellement variées que, peut-être, on l’espère, les sillages de nos bateaux se recroiseront-ils un jour entre l'Alaska et la Patagonie à moins que ce ne soit entre Valparaiso et le Vanuatu.
Que dire de cette belle rencontre lors de mon dernier jour à Horta avec l’équipage du MAKORE II, nous nous sommes découverts des amis communs aux îles Lofoten en Norvège. Nostalgie de ces contrées nordiques, des aurores boréales, des gens...
Et si j’ai fini par quitter le quai, j’en ai rencontré qui ne l'ont pas fait, installés là depuis 18 ou 20 ans et n’ayant pas l’intention d’aller voir ailleurs même si l’hiver est ici très humide et tempétueux. Fin de croisière pour eux.

Finalement, à Horta, je n'ai fait que mettre en application la devise de VoLuMondu, prendre le temps de prendre le temps. Et j'y ai mis du coeur. Et je peux vous dire que c'est vraiment très très bon.
Les amarres de VoLuMondu ont délaissé leurs bittes d'amarrage ce matin à 5h, après une belle soirée en compagnie Stéphanie, américaine, Bruce, retraité de la Royal Air Force britannique et Julie qui nous a accueillis sur son beau bateau bleu marine  à la bannière étoilée d’où s’échappaient d’appétissantes odeurs de lasagnes...
Dans quelques heures, VoLuMondu sera au mouillage à côté de BLAIREAU et de STROBINELL, MAKORE nous rejoindra peut-être. Tous trois vont bientôt tourner l’étrave vers la France, rentrée scolaire oblige. Et je vais me mettre dans leurs sillages pour aller retrouver le même port d’attache sur la Gironde que l’hiver dernier. Pas de rentrée scolaire pour moi mais un inéluctable retour au travail (lequel ?), car pour les navigateurs, à part le vent, pas grand chose de gratuit.
Ce sera aussi l’occasion de faire certaines modifications sur le bateau que plus de deux ans de vie à bord ont fait apparaître comme désirables si ce n'est nécessaires.
Mais avant il y aura encore quelques jours au mouillage avec les bateaux copains et une traversée de 1200 milles nautiques (env. 2200 km) vers les côtes françaises...

Départ lundi 15 août.

voiles            © Marc Perrussel
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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 17:41


- Tu sais toi comment c’est là où il se couche le soleil ?
- Ben non.
- On va voir ?
- Ben oui.

Lisbonne, 6 juillet 2011, cap au 270, plein ouest. On a étudié attentivement la situation, c’est dans cette direction que le soleil passe sous la couette. Enfin, couette peut-être pas, il doit faire assez chaud chez lui.
C’est la première fois que je vais véritablement m’éloigner des côtes, escale prévue dans l’archipel des Açores à environ 800 milles nautiques (env.1500 km). Autrement dit, au moins une semaine au large sans voir de terre.
Cette fois j’ai une équipière avec moi. Non, ce n’est pas Baltic, elle aime bien faire du bateau, elle.
Les prévisions de vent sont excellentes, on nous promet un vent de travers d'environ 20 noeuds (hmmmm, ça c’est bon !) pour au moins 5 jours, après c’est plus flou, au bon vouloir du fameux anticyclone des Açores, mais pas de vent fort.
Bonne augure, une heures après le départ deux dauphins sont venus nous souhaiter bon voyage.

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                          © Marc Perrussel
Premières 24 heures conformes aux prévisions, 140 milles parcourus (260 km), super !
La suite sera moins drôle avec Eole qui commence à n'en faire qu'à sa tête ce qui nous fait descendre trop vers le sud et la remontée vers le nord se traduira par 4 jours au près (remontée contre le vent) avec par moment du vent assez fort (jusqu’à 30 noeuds) et de belles (!) vagues. Pas top ! VoLuMondu n’avait jamais été mouillé comme ça. Le bon côté de la chose (le seul ?) c’est que j’ai pu repérer deux infiltrations d’eau non   prévues dans le bateau, une par un système soit disant étanche et l’autre par      

un dispositif destiné à évacuer l’eau et ne rien laisser entrer.  Pas grand chose mais bien entendu ça a coulé sur matelas et coussins ! C’est beau la technologie !
Et pour aroser ce menu, un certain nombre d’averses de pluie que la couverture nuageuse a bien voulu laisser filtrer juste pour nous. Et parfois le soleil qui se montre sous les nuages en fin de journée pour nous dire que c’est bien par là qu’il faut aller.

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Equipière malade et assommée par les comprimés contre le mal de mer, ce qui me donne l’occasion de naviguer la nuit comme en solitaire, c’est à dire sommeil par petites tranches de 30 minutes (au début, après j’ai espacé jusqu’à 45) avec le radar et l’AIS (prévention des collisions) qui surveillent les alentours.
 Un peu fatigant tout de même. Récupération obligatoire pendant la journée.

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Peu de vie apparente autour de nous, si ce n’est l’apparition après 6 jours de quelques puffins cendrés. Ce sont de magnifiques oiseaux de mer, ils me font penser à des albatros en miniature.
C’est un régal de les voir planer sans le moindre effort apparent, le vol épousant parfaitement les déformations de la surface océanique et s'insinuant parfaitement dans le labirynte du relief aquatique, l’extrémité des rémiges flirtant collé-serré avec la crêtes ou le creux des vagues sans que jamais elle ne touche la surface. Pas besoin de tremper la plume dans l'encre océanique si on a rien à écrire.

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Et le huitième jour, apparition sur l’horizon de l’île de Sao Miguel, principale terre de l’archipel portugais  avec accueil en fanfare de plusieurs troupes de dauphins.

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          © Marc Perrussel

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          © Marc Perrussel
La suite ce sera 2 jours de repos à Punta Delgada, la "capitale", puis nous irons dans l’île de Pico à 130 milles nautiques (250 km) au nord ouest avec l’espoir d’observer des cachalots dans les eaux qui la baignent.
Nous en verrons quatre le lendemain de notre arrivée ainsi que de nombreux dauphins.

C'est toujours un magnifique spectacle et une belle émotion d'observer ces géants (15 à 18 m et 40 tonnes) se déplacer lentement et, lors de l'expiration, de voir et entendre ce souffle puissant qui projette vers le ciel un panache nuageux, la caractéristique du cachalot étant qu'il le projette en oblique sur l'avant orienté vers la gauche ce qui rend son identification plutôt aisée.

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          © Marc Perrussel

Et que dire de ce moment magique où l'immense nageaoire caudale s'élève lentement et majestueusement au dessus de la surface pour disparaître verticalement lors de la pongée profonde à plus de 1000m de profondeur pour aller se régaler de quelques calamars géants, leur proie favorite !

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           © Marc Perrussel

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          © Marc Perrussel

Le village où nous nous trouvons était jusqu’en 1987 la base principale des chasseurs de cachalots. Dès que la vigie à terre  avait repéré le puissant souffle d'un cétacé, elle transmettait l’information par radio aux chasseurs qui aussitôt se mettaient en route à la rame et à la voile pour aller tuer l’animal avec harpons et lances qu’ils projetaient à la main. Rien à voir avec la chasse industrielle qui a exterminé certaines espèces de baleines et amené  d’autres au bord de l’extinction.
Ces gars-là prenaient des risques énormes : ils chassaient dans de baleinières en bois de 12 m de long, ils étaient 7 à bord. Et leur gibier pesaient en général dans les 40 tonnes. Et ce n’était pas toujours eux qui gagnaient la partie (yesssss !!!), les accidents dramatiques n’étaient pas rares.
Le dernier cachalot a été tué à Lajes do Pico en 1987.
Aujourd’hui la vigie est toujours en activité mais pour une activité infiniment plus paisible, l’observation des cétacés. Plusieurs compagnies emmènent des touristes en mer dans ce but. Activité florissante. Il faut dire qu’en été on est à peu près assuré de voir quotidiennement des cachalots, sans parler des dauphins qui pullulent dans les environs. 20 espèces de cétacés sont observables dans les eaux açoriennes.

Et les baleinières sont utilisées à l'heure actuelle à des fins beaucoup plus pacifiques, elles se retrouvent régulièrement lors des régates acharnées mais amicales. Mais la nostalgie d'une époque révolue est toujours bien présente...

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Après avoir ramené mon équipière à Punta Delgada, retour à Pico.
Une des particularités de l’île de Pico est qu’on y trouve le mont Pico (nooon, pas possible !), point culminant de l’archipel mais aussi du Portugal avec ses 2351 m d’altitude.
Tout l’archipel est d’origine volcanique et cette montagne est une vraie carte postale à elle toute seule avec sa forme de cône presque parfait. Encore faut-il qu’elle n’ait pas mis son bonnet de nuages !

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J’aurais l’occasion de la voir apparaître au coucher du soleil alors que j'en étais encore éloigné de plus de 100 km.
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La roche volcanique noire est bien sûr omniprésente, elle est utilisée pour les construction, pour les pavés (les portugais sont les rois du pavé, il y en a partout), pour les trottoirs, etc...
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Et quand le soleil est bien présent cela ne fait qu’accentuer l’effet de chaleur. Apparemment certaines plantes aiment cette accumulation de calories.

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© Marc Perrussel                                                                                  © Marc Perrussel

A Lajes do Pico, le cachalot est bien présent. D’une part par le business du whale watching (en portugais dans le texte !) mais aussi par le musée consacré aux baleiniers (très intéressant), par les anciennes installations de traitement des produits tirés des cachalots qui sont toujours en place, par les enseignes des boutiques, les pavés sur les trottoirs et même boîte à lettres.

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                         © Marc Perrussel

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                         © Marc Perrussel

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A part les cachalots, j’ai pu voir 4 espèces de dauphins (dauphin commun, grand dauphin, dauphin tacheté et dauphin bleu et blanc), des globicéphales et une baleine de taille moyenne que je n’ai pu identifier.

Quel plaisir de voir autant de vie dans la mer ! Ce n’est, hélas, pas si fréquent.

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          © Marc Perrussel

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Renseignement pris, le soleil se couche encore plus loin que ce magnifique archipel. On a pas pu me dire où exactement mais il paraît qu’il faut continuer longtemps pour y arriver.
Bon, ça ne sera pas pour cette fois.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 17:26

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         © Marc Perrussel

Pour les amoureux, les amateurs, les passionnés de dauphins et aussi pour les autres, j'ai ajouté un album photos intitulé "Dauphins", vous le trouverez dans la colonne de droite de ce blog. Vous pouvez regarder les photos une par une ou en diaporama.

Ce n'est pas comme "en vrai" mais j'espère que vous ressentirez comme moi la sensation de fluidité et de pureté qui se dégage de ces merveilleuses créatures.

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                                 © Marc Perrussel

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         © Marc Perrussel

Dauphins 0201          © Marc Perrussel

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          © Marc Perrussel

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 00:29



Vous connaissez le colibri, ce minuscule oiseau qui va de fleur en fleur pour collecter du nectar ? oui, biencolibri2 sûr.
Mais connaissez-vous la stratégie du colibri ? C’est l’histoire du colibri qui apporte une goutte d’eau pour éteindre un incendie. Bien peu de chose, direz-vous. Oui mais, comme disait Raymond Devos, trois fois rien, c’est déjà quelque chose.
C’est, en d’autres termes apporter sa pierre à un édifice.
Aujourd’hui, j’ai fait le colibri en me promenant. Très joli sentier côtier enlaidi par ci par là par des déchets, principalement du plastique. Donc en marchant, je butine ce vilain nectar, je ramasse ces détritus. j’ai toujours des sachets dans mon sac à dos mais        photo internet                                  cette fois ils étaient fournis par les lieux-mêmes.

 

 Avant                                                                           Après

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photo Marc Perrussel

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photo Marc Perrussel

 

Fin de promenade. Le butin.

6 0102                          © Marc Perrussel

Une personne rencontrée m’a demandé pourquoi je fais ça alors qu’ici "tout le monde jette tout par la fenêtre" ? Après mes explications elle m’a remercié "pour ma contribution". Puisse-t-elle devenir elle aussi un colibri...

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 21:54


Une fois n’est pas coutume, réveil à 5 heures ce matin, les horaires de marée commandent.
En effet, mon escale d’aujourd’hui m’impose cet heure très matinale car il faut que j’y arrive entre une et deux heures avant la marée haute. L’entrée de cet estuaire qui mène à la lagune d’Aveiro peut être délicate avec la houle et l’accès peut même y être interdit si cette houle déferle sur le haut fonds de l’entrée, et ce même s’il n’y a pas de vent.
Et pour ce qui est du vent, il s’est de nouveau éloigné de ma zone après m’avoir accompagné pendant deux jours consécutifs, ce qui ne m’était, il me semble, jamais arrivé.
 Ici, le long des côtes portugaises, c’est l’océan. Le grand océan atlantique. Les côtes américaines se trouvent à près de 2500 milles nautiques (pas loin de 5000 km) sur le cap 270°, plein ouest. Entre les deux continents, rien si ce n’est cette immensité aquatique. Et rien pour arrêter ou même seulement freiner la houle du grand large. Elle y a toutes ses aises. Donc là où Vo Lu Mondu trace son sillage de bon matin, le calme plat n’existe en principe pas. Les grandes ondes transocéaniques sont là, toujours présentes, même par grand beau temps.6 0026-copie-3
Et pourtant, ce matin, il est bien là. Le grand calme, la surface de l’eau n’est froissée par aucune ride. Il y a simplement de petites ondulations, une immensité de petits monticules liquides qui se gonflent et se dégonflent, lentes palpitations de la mer. L’étrave ouvre un sillon dans la lisse surface liquide, la carène suit et, une fois toute la coque passée, le sillage, un peu agité par le bouillonnement du flux de l’hélice, se referme rapidement pour s’évanouir totalement quelques dizaines de mètres plus loin. Ne pas laisser de trace.
L'océan dort encore. Je me demande bien à quoi peut bien rêver un océan endormi ?

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J’ai vraiment cette impression de grand repos autour de moi. Et si, pour une fois, le monde entier s’accordait aussi un moment de grande tranquillité.  Pas forcément bien longtemps, encore que, mais suffisamment pour que plein de gens puissent aussi sentir comme c’est bon, le calme, un environnement paisible. On peut toujours rêver. Mais, après tout,  cela s’est peut-être produit, en vrai et pas seulement en rêve. Pas moyen de le vérifier pour l’instant.6 0010-copie-1
Tiens, il ne manquait que lui . Le soleil. Le voilà qui émerge de sa couette brumeuse.
- Salut, tu as bien dormi ?
Oui, je sais, l’astre solaire ne dort jamais, il n’a pas de nuit. Quand il n’est pas là, il est ailleurs, il illumine et réchauffe d’autres contrées. Mais comme il semble avoir de la peine à sortir du brouillard côtier, il a vraiment l’air de se réveiller. Et de bonne humeur. C’est vrai que ça n’a pas de pied gauche le soleil. Pas de droit non plus, il me semble.

                                                                                                               © Marc Perrussel
Pour une fois, la première cette année, j’ai sorti la tenue complète de saison : t-shirt, short, casquette et lunettes de soleil. Pieds nus évidemment.
Mon thé est encore trop chaud, je déguste ma deuxième tartine de confiture. Du cassis, c’est celle que je préfère, et de loin. Avec sa couleur rouge violacé sombre avec sa pointe acidulée et son odeur incomparable. J’en ai encore l’eau à la bouche.
Je m’assieds dehors, le moment est parfaitement propice à la rêverie. Dans ces moments-là, on regarde autour de soi. Pas grand chose à voir d'autre que de la surface de l'eau si ce n’est un oiseau de temps en temps. Tiens, qu’est-ce que c’est qui griffe la surface de l’eau juste à côté du bateau ? Un petit crabe ! Incroyable ! Un crabe qui nage en surface alors qu’il y a trente mètres de profondeur. Vraiment surprenant.
Et je repars dans mes rêveries. Si rien n’est observable à l’extérieur, peut-être à l’intérieur ?
Mais la mer, c’est comme le désert. Finalement il s’y passe toujours quelque chose. Il me semble avoir aperçu une tache noire environ 200 mètres derrière le bateau.
Vite, les jumelles, toujours à portée de main. La revoilà, c’est un aileron. Un dauphin !
Dauphins, où êtes vous ? C’est ce que je demandais dans un de mes derniers articles. Et voilà la réponse. Cette mer que je trouvais bien déserte il y a quelques jours ne l’est finalement pas tant que ça.
Même si je ne l’ai aperçu que de loin, c’est tout de même une belle émotion. Quand on aime la mer et les animaux, le dauphin est probablement le symbole suprême de cet amour.
Et je repars dans mes rêveries qui s’en sont trouvées évidemment complètement chamboulées.
Etait-ce un solitaire, un dauphin ambassadeur comme ils sont parfois appelés ? Ou alors peut-être qu’il y en d’autres par là.
Et là, fini de rêvasser, place à l’observation.
Là-bas, sur tribord, un attroupement  d’oiseaux, goélands et fous de Bassan, attire mon attention. Apparemment c’est l’heure du repas pour ces volatiles et celle de passer à la casserole pour la petite faune sous marine.
Un bruit de souffle derrière moi, je me retourne. Deux dauphins, là, à un mètre de Vo Lu Mondu.

6 0202         © Marc Perrussel
Extraordinaire ! Jamais je n’en ai vus d’aussi près. Il me semble qu’ils font partie de l’espèce des dauphins communs à bec court (delphinus delphis). Après avoir soufflé de nouveau, ils plongent sous le bateau. Où vont-ils refaire surface ? Juste devant l’étrave. ils y restent un moment puis s’écartent, s’éloignent un peu, reviennent, nagent juste à côté du bateau, à quelques dizaines de centimètres sous la surface transparente.

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        © Marc Perrussel

Leur déplacement se fait sans le moindre effort apparent. Ils avancent à la même vitesse que moi, faisant surface pour respirer. Je trouve ça drôle qu’ils expulsent de l’air alors qu’ils sont encore sous l’eau, ça leur fait un beau panache de bulles blanches, puis finissent d’expirer quand ils émergent (le souffle qu’on peut entendre) et inspirent par leur évent grand ouvert. Tout cela se passe très rapidement.

6 0122         © Marc Perrussel
Ils sont restés quelques minutes et sont repartis comme ils étaient venus, discrètement. Ils ont disparu.
J’ai vite repris les jumelles et ai de nouveau dirigé mon regard vers les oiseaux pour apercevoir trois ailerons noirs fendre la surface dans ma direction.

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          © Marc Perrussel

Et le manège de mes premiers visiteurs a repris. Apparemment leur place favorite est juste devant l’étrave, ils nagent juste sous la surface en jetant des coups  d’oeil à droite et à gauche, surtout celui qui est juste dans l’axe du bateau, comme s’il ne voulait pas qu’un autre ne profite de cet emplacement privilégié.

7 0101          © Marc Perrussel
Et les voilà qui s’écartent et repartent vers leurs agapes. Aussitôt remplacés par un autre groupe plus nombreux, six ou sept. C’est comme si c’était : "Eh, regardez, un bateau, venez les copains, on va jouer". Et la ronde reprend ainsi que le "pousse toi de là que je m’y mette" devant l’étrave. Je n’en perds bien sûr pas une miette. Je pourrais presque les toucher. C’est incroyable comme ils fusent dans l’élément liquide. Quand ils sortent de l’eau pour respirer puis replongent, le seul son audible est le souffle de fin d’expiration. Pas le moindre bruit de liquide déplacé, pas de "plouf" ou de "glouglou", un hydrodynamisme absolument parfait.

Selon une affirmation commune et définitive, la perfection n'existe pas. Eh bien je peux maintenant vous certifier que oui, elle existe. Il n'y a qu'à observer le déplacement de ces mammifères marins pour se rendre à cette évidence. Rien n'est plus fluide, plus facile que leur nage. La perfection, je vous dis. Et on ne peux que s'extasier devant une telle merveille.
Ils sont maintenant une dizaine autour du bateau, dans tous les sens, filant d’un côté à l’autre, de l’avant vers l’arrière pour mieux revenir dans l’autre direction.
Je suis transporté d’excitation, au point que la plupart des photos seront ratées ou médiocres. mais ce n’est pas là le plus important.
D’autres viendront encore pendant la bonne demi-heure que la séquence a duré. Pour finir, ce sera une mère et son petit.
Merveille de synchronisme entre ces deux êtres dans les mouvements, dans le déplacement, dans la respiration. J’ai assisté à une séance d’enseignement delphinien.
Visiblement la maman a expliqué au jeune comment se comporter devant l’étrave d’un bateau. Elle se plaçait comme ses congénères précédemment, le petit à ses côtés, puis s’écartait légèrement alors qu’il se mettait à sa place, juste en avant d’elle, comme un grand qu’il est en train de devenir.

7 0136          © Marc Perrussel
La leçon terminée, ils sont repartis vers le groupe et c’était probablement l’heure de la récré et du goûter pour le jeune dauphin.
C’était donc un petit matin calme, tranquille, reposé. Comme dans un rêve.

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          © Marc Perrussel

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          © Marc Perrussel

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 00:39


Nous savons comment poussent en Espagne les fruits et légumes que nous trouvons dans nos supermarchés. Mais savez vous comment peuvent "pousser" les poissons d’élevage dans cette même Espagne (ça se fait peut-être aussi ailleurs de la même manière) ?
Regardez ceci :
6 0097-copie-1          © Marc Perrussel
C’est une ferme aquacole. Il y a 250 bassins circulaires couverts de bâches plastiques et dans lesquels on "élève" des poissons. Univers concentrationnaire pour ces êtres vivants sensibles qui ne bénéficient même pas de leur élément naturel, une eau de mer libre, avec ses courants, la lumière du soleil.
Donc les tomates poussent hors sol et les poissons hors mer, c’est une belle logique humaine.
Après l’élevage intensif industriel pour la viande terrestre on applique sensiblement le même principe pour la viande marine. 

Ecoeurant !

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 12:07

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- J’ai enfin (!) mis un revêtement de sol sur le plancher en contreplaqué du bateau. J’ai fini par trouver quelque chose qui me plaît : du bambou.
Ce n’est pas prévu à l’origine pour être installé dans un bateau mais pourquoi pas après tout. Je trouve ça joli, c’est chaleureux, une belle couleur de miel.
Et comme il m’en restait pas mal, j’en ai recouvert la table. Je ne supportais plus cette couleur de chêne sombre sur cette surface assez grande. C’est infiniment mieux maintenant, le carré du bateau n’en paraît que plus lumineux.

Hum, peut-être qu'un jour le bateau sera terminé...

 

 

- 20 juin, première journée complète à la voile depuis le 5 mai... 2010 !!!

- 21 juin, première journée en t-shirt.

- 22 juin, première journée en short.

- 23 juin, première journée avec lunettes de soleil mais avec une petite laine sur le  t-shirt et pantalon de retour, faut quand même pas être trop gourmand !

- La mer est la plupart du temps noire ou alors ce que je n’appellerais plus bleu marine tellement c’est sombre. J’veux du bleu !

- Pas étonnant que l’océan deviennent progressivement un désert vu le nombre de bateaux de pêche dans tous les ports espagnols. Heureusement qu’il y a les oiseaux, goélands et fous de Bassan, sinon ce serait réellement le désert, sur et sous la surface. Dauphins, où êtes-vous ?

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photo Marc Perrussel                                                                    photo Marc Perrussel

- 23 juin, arrivée au Portugal. Pas mécontent d’avoir quitté l’Espagne, pays pour lequel j’ai un certain ressentiment qui m’empêche sûrement de l’apprécier plus. Ce ressentiment vient de la façon dont peuvent y être traités les animaux, maltraitance et cruauté sont hélas le sort d’un grand nombre d’animaux sous prétexte de traditions, éventuellement religieuses, ou bien juste pour la satisfaction de quelques bas instincts humains, à commencer par la corrida. Quand je pense que celle-ci vient d’être inscrite au patrimoine immatériel de... la France ! Comme si la corrida était d’origine française. Comment peut-on reconnaître et glorifier une activité qui est basée sur la cruauté et la torture ? Oui, il s’agit bien de torture, il faut le crier haut et fort ! Tout ça pour la satisfaction  de certains qui prennent plaisir à regarder souffrir un noble animal (ils le sont tous en fait) face à "une danseuse ridicule" comme dit Francis Cabrel dans sa chanson "la corrida". Mais qu’est ce que c’est que ce ministre de la culture qui ose prendre une telle décision ? C’est absolument honteux et scandaleux. On revient à l’époque de Descartes où les animaux n’étaient pas considérés comme des êtres vivants. Je ne me reconnaîs pas dans cette France-là, ni dans certaines autres d’ailleurs mais ça c’est une autre histoire.


- Depuis quelques jours j’ai enfin du vent, et dans le bon sens en plus ! Quel plaisir ! Je peux naviguer en6 0177 silence, ou en musique, sans devoir supporter des heures durant le bruit lancinant et abrutissant du moteur. Hier, 23 juin, très belle navigation au plein vent arrière sous grand voile seule. plusieurs heures avec une vitesse entre 6 et 7 noeuds, maximum 7,5 !
Le vent a forci progressivement dans l’après midi et quand je suis arrivé à ma destination, il y avait bien 30 noeuds établis. Affalage de la voile bien chahuté par la houle puis, alors que j’embouquais le chenal qui mène au port (oui, embouquer, c’est le terme qu’on emploie quand on veut faire croire qu’on est un vrai marin, de ceux qui on fait 40 ans dans la Royale, qui ont passé 10 fois le cap Horn dont 15 fois dans le "mauvais sens" et qui ont côtoyé les Frères de la côte), le ventilateur s’est un peu plus emballé, au moins 35 noeuds et ce petit trajet s’est fait très lentement face au vent d’abord puis de travers. Pas mécontent de trouver deux personnes sur le ponton pour prendre mes amarres !

On me demande parfois si j’ai un anémomètre et je réponds en général que je n’ai pas besoin de cet instrument pour savoir s’il y a trop de vent ou pas assez. Mon voisin de ponton qui en a un lui, m’a quand même dit que quand je suis arrivé il y avait bien 35 noeuds établis et des rafales à... 50 noeuds (90 km/h) ! Il me semblait bien que c’était vraiment fort...

- J’aime bien faire des photos de chats mais je n’ai pas pu en faire une seule en Espagne. Les quelques chats rencontrés ont été inapprochables. Je me demande bien pourquoi ?

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                                         photo Marc Perrussel

 

- L’eau est 12,5 °. Pas vraiment envie de piquer une tête.

- A part ça, la vie est belle et c’est tant mieux.


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"Si le large t'appelle, vas-y, ce n'est pas en regardant l'océan qu'on découvre la perle, mais en plongeant dedans.
Alors vas-y, plonge.
Plus tard tu découvriras que la perle et l'océan sont aussi en toi."
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"La vie c'est le truc qui passe pendant qu'on multiplie les projets."
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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel
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"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
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"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
Marguerite Yourcenar
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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