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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 11:28

28 avril J-1

Bateau prêt, bonhomme aussi.

C'est dimanche, j'aimerais bien partir mais les services de douane et d'immigration sont fermés donc formalités de départ pas possibles.

Il me tarde maintenant de partir, j'appréhende beaucoup moins ces quatre semaines seul en mer sans contact autre qu'avec les éléments naturels, eau, vent, soleil, nuages et les éventuelles et souhaitées rencontres avec la faune marine.

J'ai profité ces derniers jours d'une bonne connexion internet pour télécharger quelques émissions supplémentaires de France Inter (Vivre avec les bêtes, Sur les épaules de Darwin, Partir avec Marie-Pierre Planchon et quelques épisodes du Grand entretien), et j'ai maintenant une centaine d'émissions à écouter ou réécouter.

Comme il me reste quelques dollars, je décide de m'offrir une pizza, oui, j'aime bien les pizzas. Bon, je suis conscient du risque encouru : je suis en territoire britannique à très forte influence américaine, la clientèle est donc très majoritairement anglo-saxonne... Je vous laisse imaginer les longues négociations que j'ai dû avoir avec moi-même pour décider si oui ou non j'allais courir ce risque. Nous finissons par tomber d'accord et me voilà attablé devant une pizza végétarienne qui sent bon et a l'air plutôt appétissante.

Et finalement, comme on dit à Genève, j'ai été déçu en bien. Pas mal, de loin pas la meilleure que j'ai mangée mais de loin pas la pire.

29 avril J1

Formalités administratives remplies, départ à 10h locales, 16 h en France.

J'ai les prévisions météo pour la première semaine, et ça ne devrait pas être trop mal. Vent relativement faible et belle mer, autrement dit départ en douceur, je ne m'en plains évidemment pas.

Petit incident après trente minutes, ma cartographie électronique ne fonctionne plus. Je n'en aurai pas besoin une fois en haute mer mais là, alors que je suis en train de contourner le Horse Shoe Reef, grande zone de récifs à fleur d'eau, le plus grand pourvoyeur de naufrage des Antilles, ce n'est vraiment pas le bon moment pour naviguer à l'aveuglette.

J'éteins et rallume l'ordinateur trois ou quatre fois sans succès. Finalement je désinstalle et réinstalle le programme et, bingo, ça fonctionne. Pourvu que ça dure... encore une heure au moins.

Bon, étant d'un naturel plutôt prudent, pour ce qui est de cette navigation électronique, je suis équipé avec double ceinture et doubles bretelles, à savoir trois PC et un Mac.

Le Mac est mon ordi de tous les jours, en principe je ne l'utilise pas en mer, cependant il a aussi le logiciel de navigation au cas où tous les PC serait hors service.

Un des PC a un écran tout noir depuis trois jours, rien à faire... Une paire de bretelles en moins.

Il en reste donc deux qui doivent tenir encore quelques dizaines de minutes au minimum, je ne devrais donc pas terminer en slip sur les récifs.

30 avril J2

Croisé un voilier au loin.

Le film du jour : Forrest Gump. Déjà vu un nombre considérable de fois. Je ne m'en lasse pas.

1er mai J3

Fête du travail. Youpiiiiiie !!!! Je vais défiler cet après midi avec les camarades en écoutant quelques chansons de Jean Ferrat. Le patron est d'accord.

2 mai J4

Depuis ce matin je suis sorti de la zone alizéenne et donc plus de vent. Le moteur, à bas régime pour consommer le moins possible, a pris le relais pour propulser, un bien grand mot !, le bateau, les voiles restant à poste pour capter le moindre petit zéphyr qui se présenterait éventuellement à nous. J'en profite pour faire la route directe, pas la peine de rajouter des milles alors qu'il y en a tant à parcourir.

Je suis donc entre deux systèmes météo, les alizés au sud et une petite dépression au nord dont je devrait profiter des effets favorables à partir de demain. Inch Allah.

A priori, vingt quatre heures de moteur en perspective. Il faut bien avancer. C'était prévu, on sait que sur cette route il est classique d'avoir des zones de calmes et ce n'est pas pour rien que j'ai alourdi le bateau de six cent litres de gasoil. Donc l'allégement du bateau est en cours.

Le livre du jour:

J'ai terminé aujourd'hui un livre passionnant : " Les racines du ciel" de Romain Gary.

Il est considéré comme le premier roman écologiste, écrit en 1956, prix Goncourt cette même année. Plus de cinquante ans après sa parution, les problèmes soulevés sont d'une criante actualité. Bouleversant.

J'ai découvert cet ouvrage il y a juste quelques semaines en écoutant France Inter, Vivre avec les bêtes. Un invité de l'émission était engagé dans la défense des éléphants d'Afrique, tout comme Morel le principal personnage de cette histoire.

J'avais immédiatement rajouté ce titre à la liste des ouvrages à me procurer à mon retour. Et puis je l'ai encore entendu cité, toujours sur France Inter, puis encore une autre fois quelques temps plus tard. Et je l'ai trouvé, quelle chance !, dans la petite librairie de Gustavia sur l'île de Saint Barthélémy. Comment se fait-il que nos routes aient mis aussi longtemps à se croiser ? Il n'est jamais trop tard.

3 mai J5

Le vent est revenu un peu plus rapidement que prévu, ce qui est plutôt bien, mais hélas rien n'est parfait, il souffle de nouveau de secteur Nord Est ce qui est pile la direction que j'aimerais suivre.

Les prévisions m'annonçaient un vent revenant par le sud avant de tourner au secteur ouest puis nord ouest. Pas vraiment chanceux sur ce coup-là.

Tout le cadran Nord Est m'est donc interdit et, bien entendu, les Açores s'y trouvent juste au milieu.

Cela rallonge considérablement ma route, environ trente pour cent de plus depuis le départ, comme si en ligne droite elle n'était pas assez longue. Je me console en appréciant une navigation confortable, la mer étant calme car le vent est assez faible. J'en profite pour bien dormir, neuf heures par nuit entrecoupées de courts réveils de contrôle toutes les trois heures. Habituellement toutes les deux heures mais comme je suis vraiment dans un grand désert, je peux bien me permettre cette petite adaptation du règlement interne.

Le vent s'est évanoui en milieu de journée.

Appelé à la radio un cargo qui passait pas loin en route vers Anvers pour lui demander les prévisions météo. Vent force 4, parfait, et soufflant... du Nord Est, exactement ce que je ne voulais pas entendre. J'aurais mieux fait de ne rien demander...

4 mai J6

Heureusement que la consultation radiophonique était gratuite, le résultat a été très loin de celui annoncé : vent force 0, oui, zéro et donc de direction indéfinissable.

J'en tire la leçon qu'une fois en mer, pas la peine de chercher à connaitre la situation météorologique à venir, il faut juste prendre ce qui vient et faire avec. C'est tellement plus simple et ça évite de gamberger.

En tout cas, pour l'instant ce sont vingt quatre heures de moteur sans interruption et j'ai bien l'impression que le silence n'est pas près de revenir dans le bateau.

5 mai J7

Retour du vent, force 4 de secteur... Nord Est. Sans commentaire.

Le film du jour : Coup de foudre à Notting Hill avec Julia Roberts. J'ai aussi eu le coup de foudre. Sous le charme...

6 mai J8

Déjà une semaine en mer.

Je n'ai vraiment pas été gâté avec la distribution du vent. Le moins que je puisse dire c'est que je n'ai pour l'instant pas eu de bons tirages de cartes : soit il n'y avait pas de vent et donc avancer avec l'aide du moteur, pas drôle, soit il venait de là où je voulais aller, et donc naviguer au près avec un bateau dont les formes de carène ne le prédisposent pas vraiment à ce genre d'exercice, en plus c'est une vie penchée, pas trop quand même, et secouée et pour finir ça rallonge la route. Bref, c'est pas la croisière s'amuse.

J'ai toujours bon espoir que la chance tourne de mon côté et que les prochains tirages me seront plus favorables. Tiens, ne serait-ce qu'une paire de 8 ou un brelan de 7. Jack London disait : "dans la vie, il ne s'agit pas d'avoir les bonnes cartes en main, mais de bien jouer avec de mauvaises cartes." C'est ce que je m'applique à faire...

Ceci dit, la semaine a passé assez rapidement même si je trouve cela plutôt monotone. Un quart du trajet déjà parcouru sur la route directe, ce n'est pas si mal après tout avec les conditions de vent rencontrées depuis le départ. Ça me donne bon espoir pour la suite car je n'imagine pas que la direction du vent ne change pas pendant plusieurs semaines.

Le livre du jour : l'appel de la forêt, Jack London. Déjà lu il y a longtemps, retrouvé avec grand plaisir.

8 mai J10

Nord-Est, le vent est coincé au Nord-Est depuis le départ, sauf les périodes sans aucun souffle. En plus il est plutôt faible, généralement autour de dix nœuds, pas assez pour propulser efficacement les presque neuf tonnes de Vo lu mondu, donc la progression est lente. Seulement un tiers du trajet effectué à ce jour. A ce rythme je resterai donc un mois en mer.

Les journées passent relativement vite, je m'occupe. La boulangerie est ouverte cet après-midi, je m'essaye à la fougasse...

Jour spécial que ce dixième jour, j'ai eu une magnifique visite ce matin, une baleine, un petit rorqual, venue m'accompagner pendant une bonne heure, nageant et plongeant tout près du bateau, visiblement très curieuse de cette rencontre. Je me demande qui d'elle ou moi à pris le plus plaisir dans cet intermède océanique.

Un océan atlantique très... pacifique
Un océan atlantique très... pacifique
Un océan atlantique très... pacifique

Et concernant mes occupations, une telle rencontre, en plus de l'heure magique en sa présence, c'est tout le temps nécessaire pour trier les deux cent cinquante photos prises à cette occasion, à écrire un article pour le blog, sans compter le temps où mon esprit se replonge dans ce moment de magie naturelle.

Rencontré aujourd'hui : deux étoiles filantes, une baleine, un cargo, une bouteille en plastique et... un congélateur !!! Pas regardé ce qu'il y avait dedans, je pense que la chaine du froid était rompue depuis une durée indéterminée donc l'éventuel sorbet cassis aurait été fondu.

Un océan atlantique très... pacifique

10 mai J12

La bonne nouvelle du jour c'est que le vent s'est enfin décidé à changer un peu de direction pour s'orienter plus ou moins à l'Est. Résultat : pour la première fois depuis le départ, je peux faire route directe vers mon but. C'est toujours une navigation au près mais confortable car le vent est faible (environ dix nœuds, force 2) et la mer calme. Bon, c'est plutôt lent, ça prendra le temps que ça prendra, c'est exactement ce que chantait Georges Brassens : "il naviguait en père peinard sur la grand mare des canards..."

Le livre du jour : Croc Blanc, Jack London. Même commentaire que le précédent.

Le visiteur du jour

Le visiteur du jour

13 mai J15

Deux semaines en mer, je continue mon petit traintrain atlantique.

C'est une navigation facile, sans surprise depuis le départ, toujours sur le même bord, tribord amure (vent qui vient de la droite). Le vent a toujours plus ou moins la même orientation avec des petites oscillations, la même force, la mer est toujours relativement calme. A part parfois de petits ajustements du réglage des voiles, rien à faire en ce qui concerne la marche du bateau, vraiment pas besoin d'équipier pour se partager la tâche.

Donc c'est la routine, cuisiner, manger, lire, écouter, regarder, dormir, les jours et les nuits passent et se suivent, calmement. Je n'ai jamais aussi bien dormi en mer, l'esprit tranquille même si je me suis rendu compte que l'alarme de mon radar ne fonctionne plus, il n'a de toute façon pas grand chose à détecter dans ce grand désert. Il faudra que je le fasse réparer aux Açores car ce sera plus gênant de ne pas avoir cette sécurité lorsque j'aborderai plus tard les côtes espagnoles et françaises.

J'ai aperçu un voilier il y a deux jours, le premier depuis deux semaines. Nous avons discuté un moment à la radio. Ils suivent la même route que moi et nos constatations sont identiques, pas moyen de se rapprocher de la route directe avec ce vent qui oscille entre le Nord-Est et l'Est. Et d'après les fichiers météo qu'ils venaient de recevoir, pas de changement prévu pendant la semaine à venir. Nous n'avons donc rien d'autre à faire que de continuer sur la voie actuelle qui nous est imposée et qui nous rapproche de notre destination mais qui ne nous y mène pas. En espérant quand même une rotation du vent...

Le livre du jour : Quand les éléphants pleurent, la vie émotionnelle des animaux. Passionnant.

16 mai J18

De retour à ma plume informatique après un weekend à la fête foraine. Bon, c'était peut-être pas le weekend mais c'est généralement en fin de semaine qu'on profite de ce type de manifestation. De toute façon, ce genre de repère temporel ne me concerne pas vraiment. Quel jour est-on ? Lundi, vendredi ? Je ne sais pas et ça m'est bien égal. Quelle importance là où je me trouve actuellement ? Je ne vais pas au bureau ou à l'usine le lundi matin, ni les autres jours d'ailleurs, il n'y pas de marché dans le coin donc pas besoin de savoir si c'est samedi matin...

Mes seuls repères de temps sont mes réveils toutes les trois heures la nuit et toutes les six heures pour noter les faits et les conditions de navigation dans le livre de bord et regarder sur la carte ma progression sur cette longue route océanique.

Oui, je vous disais que je viens de passer quarante huit heures à la fête foraine et ce que je préfère au milieu de la foule en mal de divertissement, des néons multicolores et clignotants, des différentes musiques agressives qui rivalisent à grands coups de décibels et dans le mélange d'odeurs de chichis graisseux, de pommes au caramel rouge et de barba papa rose et collante, c'est le grand huit. C'est plus grisant que la chenille, moins brutal que les autos tamponneuses, même si je les aimais bien quand j'étais adolescent lors de la fête du premier avril dans mon village ardéchois, surtout qu'on avait toujours des tickets gratuits. Et puis j'aime pas le train fantôme, pas plus que d'essayer de gagner une horrible peluche jaune et vert fluo en crevant avec une carabine des ballons colorés virevoltant en tous sens dans une cage. Pauvres ballons.

Et cette année il y avait une nouvelle attraction, faut bien se renouveler sinon les gens finissent par se lasser, c'est une espèce de grand huit mais au lieu d'être dans une sorte de petite voiturette sur rails, on est dans une nacelle en forme de bateau, c'est penché et ça secoue dans tous les sens. Par moment ça monte et l'étrave se dirige droit vers les nuages comme pour aller les transpercer puis arrivé au plus haut, avant les nuages quand même, il y a ensuite forcément une descente et là, soit ça redescend plutôt en douceur et on a l'impression qu'on va s'enfoncer dans les noires abysses, soit l'avant du bateau fait une grande chute libre dans un trou et quand on arrive au fond, le choc est vraiment brutal accompagné d'un fracas terrible et d'un incroyable splaaashhhhh. Et comme c'est vraiment bien fait, il y a plein d'eau qui gicle partout. Heureusement on est bien protégé alors on n'est pas mouillé. Sauf quand on nous fait sortir sous un prétexte quelconque et là, attention, elle est fraiche. Et salée. Et puis ça penche, à droite, à gauche, c'est complètement désordonné, on ne sait pas à quoi s'attendre dans la seconde à venir; Heureusement on peut s'asseoir et même s'allonger si on veut. Faut dire que rester debout sans se tenir est impossible. Et puis pendant un bon moment ils éteignent toutes les lumières, le noir complet. sensations encore plus fortes parce qu'on n'a plus de repère visuel et on ne sait pas du tout dans quelle direction ça va remuer. Vachement réaliste leur truc, je ne sais pas comment ils font. La technique quand même, c'est fou. Y a même le bruit des vagues qui viennent mettre des grandes claques sur les flancs de la coque, un vrai concert de tambours, ça fait des vibrations partout. Je ne sais pas pourquoi j'étais tout seul, probablement parce que les gens ont peur de la nouveauté, peur de ce qu'ils ne connaissent pas. Je pense que c'était mieux comme ça parce qu'il en aurait certainement qui auraient eu le mal de mer, surtout dans la grande descente quand on sent son estomac qui remonte jusqu'aux oreilles, très réaliste, je vous dis. Il parait qu'ils peuvent pousser le curseur de la machine un peu plus loin pour des sensations encore plus fortes. Je crois que, si ils veulent que les gens reviennent, ils feraient mieux de s'en tenir là.

Vous l'aurez compris, j'espère, les conditions de navigation ont bien changé depuis deux jours. Vent de vingt cinq à trente nœuds (force 5 à 6), houle de trois à quatre mètres, vagues du vent orientées différemment ce qui a donné une mer très cahotique et donc un inconfort certain. Pas vraiment la tempête, ça reste raisonnable et tout à fait contrôlable et si c'était à une autre allure que le près, ça ne serait même pas anecdotique. Dans ces conditions, l'accomplissement des activités de la vie courante devient singulièrement compliqué. Les repas s'en trouvent considérablement simplifiés (hier soir, "gratin" de patate douce mais sans crème fraiche ni fromage, juste avec sel et poivre. Pas terrible, je ne vous recommande pas la recette), il faut bien se nourrir. Un acte aussi simple que remplir une tasse avec de l'eau chaude devient ce qui est probablement, à mon avis, la chose la plus dangereuse sur un bateau. Si vous n'habitez pas dans une région soumise à de réguliers tremblements de terre, dans la stabilité bien terrienne de votre cuisine, vous ne pouvez pas imaginer le défi à surmonter pour que l'eau passe directement de la bouilloire à votre sachet de thé au fond de la tasse sans ébouillanter ce qu'il y a autour et en particulier la personne qui tient la bouilloire. Et surtout ne pas trop remplir, les vagues se forment aussi dans la tasse...

En conséquence, j'ai passé beaucoup de temps sur la couchette à l'arrière du bateau, là où ça bouge un peu moins, à écouter des émissions de radio et à regarder des films (ah, Julia...).

Le positif de la situation est que, le vent s'étant orienté au Sud-Est, j'ai pu faire route quasiment directe et, malgré la diminution considérable de la surface de voile, à très bonne vitesse. Ca aide grandement à supporter l'inconfort.

Ce matin, les flonflons de la fête s'éloignent, les enseignes colorées s'estompent dans le sillage, j'ai donc renvoyé de la toile, le cap est bon et la vitesse correcte, tout va bien, je vais aller me préparer un vrai repas, spaghettis sauce tomate sans parmesan.

19 mai J21

J'appréhendais un peu la durée de cette traversée, les dix neufs jours de la transat Est-Ouest m'ayant paru interminables. Alors qu'il me reste, si les conditions ne changent pas, trois à quatre jours de navigation, je n'avais jamais passé autant de temps en mer, déjà vingt et un jour loin de toute terre et de ses habitants. Et j'ai l'impression que ces journées-là sont passées très rapidement, il me semble que j'ai quitté les Iles Vierges il y a seulement quelques jours. Même si je serai très content d'arriver, les quelques jours qui restent ne me posent pas de problème particulier, trois ou quatre, peu importe, je continuerai à prendre ce qui se présente, lent ou rapide.

22 mai J24

Me voilà dans le petit port de Flores, l'île la plus occidentale de l'archipel des Açores. très content de marcher plus que quelques mètres instables, de rencontrer des gens sympas, une très bonne pizza. Même pas vraiment fatigué, probablement parce que les conditions ont été plutôt bonnes et assez calmes ce qui fait que j'ai bien dormi presque toutes les nuits.

Le principal fait marquant est que j'aurai navigué pendant tout le trajet tribord amure, un seul bord, pas un virement sur deux mille quatre cent milles ( quatre mille quatre cent cinquante km). Vraiment très étonnant et inhabituel.

Un océan atlantique très... pacifique

26 mai.

Me voici à Horta sur l'île de Faïal où j'ai le plaisir de revenir. J'aime bien cet endroit, on y fait plein de rencontres dans une très bonne ambiance. (J'avais écrit un article sur le blog sur Horta et son port le 12 août 2011).

J'y retrouve des gens rencontrés à Flores et d'autres rencontrés bien avant. Chacun raconte sa traversée, ce qui est quand même une sacrée aventure, avec ses plaisirs et ses déplaisirs. Je suis étonné de constater que tous les bateaux ou presque ont eu des avaries plus ou moins graves. En ce qui concerne Vo lu mondu, une petite déchirure dans la grans voile qui sera vite réparée avec la grosse machine à coudre de Jane et Adrian du bateau-copain Blue Bird.

Je pense rester un mois dans cet archipel au milieu de l'atlantique. Bien sûr la traversée n'est pas terminée mais la suite jusqu'au Nord de l'Espagne représente un trajet beaucoup plus court d'une durée d'environ huit jours.

Finalement, cet article aurait pu se résumer à ceci :

Récit d'une transatlantique sans histoire :

ben, justement pas d'histoire, rien de spécial à raconter, tout s'est passé simplement, tout doucement, sereinement.

Tous comptes faits, cet océan atlantique aura juste été un océan... pacifique.

Ah si quand même, j'ai croisé la route d'une baleine. Mais ça c'est une autre histoire...

Un océan atlantique très... pacifique
Un océan atlantique très... pacifique
Un océan atlantique très... pacifique

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commentaires

marie 02/06/2013 20:52

merci pour le beau voyage que l'on partage............
bises

bruno 29/05/2013 21:00

Merci Marc pour la traversée par procuration, cela réactive ma boite à sensation..
amicales pensées+

Sonia 28/05/2013 19:20

Pffffff j'ai bafouillé en fin de message :) Excuses !

Sonia 28/05/2013 19:18

Bonjour Marc !
Bon, tout est normal en somme, tu danses toujours avec le vent :)
Heureuse que cette traversée ait été sommes toutes, assez tranquille ! Et chapeau au VLM qui ne crée pas de soucis à son capitaine !
Une baleine, des lectures, des émissions radios... Tout cela a l'air serein ! Hormis le tour de manège (blurrrrp)
Te lire est toujours un plaisir.
Profite bien de cette île que tu aimes et fais nous encore des photos....
Bises d'ici !

SONIA
De belles rencontres au Açores....

Eric REIX 28/05/2013 16:27

Bonjour Marc,
depuis juillet 2007 et la rencontre de ma petite famille (Corinne ma compagne, Jules, Lily et Antoine) au camping Gradelle dans le golfe de PORTO j'avais perdu ta trace suite à une mauvaise manipulation informatique.
Je ne t'avais donc pas remercié pour l'envoi des photos du BELOUGA 2. Nous étions resté sur l'image de ta 2CV et de ton fabuleux kayak repartant pour la montagne.
Et il y a quelques mois je suis tombé sur ton site, j'ai eu le plaisir d'avoir quelques pages de voyage régulièrement.
...et j'avoue toute mon admiration pour ce projet dont tu m'avais parlé et que tu a réalisé.
Pour ce qui nous concerne, les projets sont plus quotidiens, avec nos trois ados maintenant, et nous alternons des temps de vacances dans les Cévennes et des temps de restauration de notre maison dans les faubourgs de POITIERS.
Nous sommes donc pas très loin de La Rochelle. C'est avec plaisir que nous pourrions te faire un bonjour si ta route devait passer de ce coté ci.
Amicalement,
Eric

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Plus tard tu découvriras que la perle et l'océan sont aussi en toi."
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"La vie c'est le truc qui passe pendant qu'on multiplie les projets."
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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel
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"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
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"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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