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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 14:59
Tromsö, 69°39' Nord, je n'irai pas plus haut dans le septentrion. Environ 400 km au nord du cercle polaire arctique.
Tromsö, 62 000 habitants, c'est la grande ville du nord de la Norvège. Ville très active avec une
importante université, est, paraît-il très agréable à vivre.
Plusieurs musées intéressants dont le musée polaire avec des expositions consacrées aux grands explorateurs polaires norvégiens Roald Amundsen, le premier à atteindre le pôle Sud en 1911, et Fridtjof Nansen, prix Nobel de la paix en 1922.
J'aime bien l'architecture originale de la cathédrale arctique, un iceberg venu de la banquise pas si éloignée. On peut y voir le plus haut vitrail d'Europe.





C'est l'endroit que j'avais choisi pour passer l'hiver. Bien placé au milieu de la ville, le port ne dispose cependant pas de sanitaires, pas de possibilité d'avoir une connexion internet à bord (ce qui m'est bien pratique pour utiliser Skype le soir) donc obligation d'aller à la bibliothèque municipale, magnifique, pour m'occuper de mon courrier électronique et du blog. Pas très pratique. En plus,  c'est le port le plus cher de toute la Norvège.
Donc je vais chercher mon igloo ailleurs.
Après quelques jours à Tromsö, je reprends la voie du Sud, ou plutôt je prends la voie du Sud car c'est la première fois que je tourne le dos à l'étoile polaire depuis mon départ il y a presque un an.
Escale prévue à Harstad pour retrouver Rita et Jan rencontrés il y a quelques temps. Arrivé dans cette
ville, je leur téléphone et il me disent qu'ils sont dans leur maison d'été sur une île voisine, à une heure de navigation. Je m'y rends donc tout de suite.
C'est un plaisir de les voir à nouveau.








Un peu plus tard, arrive dans le port une magnifique goelette. Rita et Jan le connaissent bien car ils y sont équipiers bénévoles. Ce bateau, Anna Rogde, a été construit en.... 1868 ! 140 ans ! C'est un des plus anciens bateaux existant et qui navigue beaucoup en plus. Jusqu'à Brest il y a quelques années où il avait été invité pour un grand rassemblement de bateaux classiques.
Il appartient à une association qui en prend grand soin et le fait naviguer, aujourd'hui avec un groupe d'une vingtaine d'écoliers qui vont passer la nuit à bord.
Invitation à dîner sur le bateau ce soir.










Le surlendemain, retour à Harstad pour me mettre à l'abri, une tempête étant annoncée. Et elle arrivera bien en temps prévu, vent à 70 noeuds (130 km/h) par endroits, maximum 30 noeuds dans le port où je me suis réfugié.
Jan me conseille pour l'achat de matériel de pêche et m'indique comment l'utiliser.
M'ayant invité à dîner, il doit venir me chercher dans une heure et en attendant, j'essaye ma belle canne à pêche toute neuve depuis le bateau dans le port.
Dix minutes plus tard, je n'en reviens toujours pas, j'ai attrapé une morue d'environ 40 cm !
Me voilà bien embarrassé. Mon repas de ce soir étant déjà prévu chez mes amis, je la remets à l'eau non sans en avoir fait une photo juste pour la montrer à mon ami Jean-Claude qui devrait bien venir par ici s'il veut assouvir à coup sûr son instinct de prédateur aquatique. Histoire de lui faire oublier sa frustration baltique.
Je prends ensuite la direction des îles Lofoten, un peu plus au sud, où j'espère trouver mon endroit d'hivernage.
Alors que je suis en train de terminer la lecture de "Circumpolaris" E. Brossier, F. Pinczon du Sel, éd. Glenat, racontant le tour de l'Arctique par le voilier polaire Vagabond, le hasard fait que ce bateau  se trouve sur ma route. Son équipage n'est pas là, embarqué sur un autre bateau pour le passage du Nord-Est. dommage, j'aurais bien fait leur connaissance.link

Les deux jours suivants qui m'amèneront à la ville de Svolvaer dans les Lofoten seront bien agités et, comme toujours, le vent est de face. Ne tenant pas à tirer des bords dans ces 30 noeuds de vent, je fait, une fois de plus le trajet au moteur. Baltic se réfugie sur la bôme, sous la housse de grand voile, elle y passera tout le temps de la navigation.

L'approche des îles Lofoten est assez impressionnante avec ses pics montagneux qui tombent directement dans la mer. Bien souvent je ne vois pas les sommets encapuchonnés dans les nuages bien gris.



Svolvaer, "capitale" des Lofoten, 4500 habitants est un port important dans le Nord du pays, surtout en hiver, haute saison pour la pêche à la morue.

Eh bien, c'est là que je trouve mon havre hivernal.
Le port est au centre de cette petite ville, il y a un bâtiment tout neuf avec les sanitaires et, oh surprise, machine à laver et séchoir.
Je capte un réseau internet depuis le bateau. Pas le meilleur que j'ai eu jusqu'à maintenant, tout est lent
mais ça fera l'affaire. Même si pour alimenter le blog en photos il faudra que j'aille profiter d'une meilleure connexion à la bibliothèque.
Et, cerise sur le gâteau, j'ai des sympathiques voisins... marseillais ! dans un joli bateau classique de 1918.
A bord également Dick, le yorkshire, et Zoé, la chatte.
Très gentille Zoé, curieuse aussi. Dès le premier jour elle est venue me rendre visite dans le bateau et la rencontre avec Baltic a été, comment dire, un peu explosive.
Baltic n'a jamais vu d'autre chat que sa mère, son frère et sa soeur. Panique à bord, Elle sort comme une fusée du bateau avec Zoé à ses trousses et se retrouve... à l'eau !
Je la vois nager (fort bien) derrière le bateau et le temps que je me retourne pour prendre l'épuisette destinée à une telle situation, elle a disparu sous le ponton. Je vais pour la repêcher de l'autre côté mais elle ne ressort pas. Allongé sur le ponton, je ne la vois pas dessous, ne l'entends plus. Avec Patrick, le voisin, on l'appelle, on la cherche, rien. Je me dis que ce n'est pas possible qu'elle ait coulé si vite car elle nageait vraiment bien, mais où est-elle passée ?
Finalement, je l'aperçois entre deux lattes de bois du ponton. Elle a réussi à se hisser sur le flotteur du ponton mais elle ne peut sortir de son refuge sans se remettre à l'eau. Finalement, nous déclouons une des lattes et je récupère cette boule de poils dégoulinante, tremblante de peur et de froid.
Passage à la douche chaude pour la dessaler puis au séchoir à cheveux.
Depuis un jour et demi, elle n'a pas demandé à sortir.....
C'était la séquence émotion, bien forte pour tous les deux.

P.s.: s'il s'en trouvait certains pour s'inquiéter de me voir passer un hiver aussi loin de l'équateur, je peux les rassurer, je ne m'installe pas dans le congélateur, tout au plus dans le compartiment à légumes du frigo. En effet, grace au Gulf Stream qui apporte ses eaux chaudes depuis les environs du Golfe du Mexique, le climat est relativement tempéré pour de telles latitudes: le mois le plus froid est février avec des températures moyennes de -1 à -2° et au plus froid à -8°  pendant 3 à 4 jours (ou plutôt nuits)  l'année dernière. Quant à la mer, elle ne gèle jamais (+5° au plus froid), ce qui par un certain côté m'aurait arrangé, rapport à Baltic.....





Tromsö, 69°39’ North, I’ll not go further north. About 400 km north of the polar circle.

Tromsö, 62 000 inhabitants, it’s the large town in the northern part of Norway. This very active town with an important university is said to be very pleasant to live.
Some interesting museums, among those the polar museum with exhibitions dedicated to great polar explorers, Roald Amundsen, the first to reach the south pole in 1911, and Fridtjof Nansen, Peace Nobel price in 1922.
I like the original architecture of the arctic cathedrale, an iceberg come from the icepack.
One can see the highest stained glass window in Europe.






Tromsö is the place where I thought I could spend the winter. In the middle of the town, the harbour  does not have toilets and showers, no possibilities to get wireless internet on board (very useful to use Skype in the evening) so I would have to go to the beatiful public library to get my mails and to work on my blog. Not very convenient. And it’s the most expensive harbour in the whole Norway.
So, I’ll go somewhere else to find my igloo.
After a few days in Tromsö, I go southward for the time since I left almost one year ago.
Next port of call, Harstad, to see Rita and Jan I met a while ago. Once in the town, I call them and they
say they are in their summer cottage on a island, about an hour from Harstad. I go there immediately.
It’s a real pleasure to meet them again.








A little bit later, a wonderful old schooner comes along the quay. Rita and Jan know her very well as they are
volunteer crew. This boat, Anna Rogde, was built in.... 1868 ! 140 years ago ! She is one of the oldest boats still sailing and she sails much. She’s been to Brest some years ago as she was invited for a big boatshow.
She belongs to an association who takes great care of her et sails her, today she brings here about 20 school kids, they will spend the night on board.
Invited on board for diner tonight.





2 days later, back to Harstad to be sheltered, a storm beeing forecasted. And it comes, 70 knots wind in some places, 30 knots maximum in the marina where I stay.
Jan advises me about fishing gear and tells me how to use it.
As he invited me for diner, he is supposed to come and pick me up and as I’m waiting for him, I try my new fishing rod from the boat in the harbour.
10 minutes later, I still can’t believe it, I get a 40 cm cod !









My evening meal beeing allready planned, I put it back in the water after taking a picture so I can show it to my friend Jean-Claude who should come uphere if he wants to be sure to get fish. Just to forget his baltic frustration.
After a very nice evening with my friends, I make my way to the Lofoten islands further south where I hope to find my winter spot.
As I’m reading the book "Circumpolaris" E. Brossier, F. Pinczon du Sel, ed. Glenat, telling the trip around Arctic ocean with the polar sailing boat Vagabond, I meet this boat anchored. Her crew is not on board, as they are on an other boat going through the Northeast passage. It’s a pity, it would have been nice to meet them.link

The 2 next days bringing me to Svolvaer in the Lofoten will be pretty rough and, as usual, the wind is in the opposite direction. Not wishing to tack many times against a 30 knots wind, engine on all the time. Baltic finds shelter on the boom, inside the lazy bag. She stays there all the time while sailing.
As I come near the Lofoten islands, it’s more and more impressive with mountains falling down straight in the sea. Very often I can’t see the summits hidden in the grey clouds.

Svolvaer, "capital" of the Lofoten, 4500 inhabitants is an important harbour in the north of the country, especially in winter when it’s the cod fishing high season.

Well, it will be my winter haven.
The harbour is in the town center, with a brand new toilet block and even washing machine and dryer.

I get a wireless internet network in the boat. Not the very best I’ve had, pretty slow, but it will be ok. I will have to go to the public librairy for a better connexion to be able to download pictures in the blog.
And, cherry on the cake, I have friendly neighbours.... from Marseille ! Lovely classic boat launched in 1918.
Also on board, Dick, a yorkshire, and Zoe, the cat.
Zoe, very sweet and very curious. The first day she came to visit the boat and the meeting with Baltic has been, how to say, exploding.
Baltic have never seen another cat than her mother, brother and sister. Panic on board, she rushes out like a rocket with Zoe behind her and she falls in the water !
I see her swimming (very well) behind the boat and, as I turn back to get the landing net to catch her, she disappears  under the pontoon. I go on the other side to get her but she does not come out. I can’t see her, I can’t hear her. With Patrick, my neighbour, we call her, we look for her, nothing. I say to myself it’s not possible she sinks so quickly as she swims so well, but where is she ?
Finally, I see her beetween the planks of the pontoon. She was able to climb on the pontoon float but she can’t come out without going back in the water.
So, we dismantle a plank and I get that soaked fur ball, shaking because of fear and cold.
Then, a hot shower to take the salt off and hot air drying.
Since then she does not ask to go out....
That was the emotion sequence, quite strong for the 2 of us.

P.s.: if somebody is worrying to see me spending a winter so far from the equator, I can reassure them, I'm not in the freezer, maybe just in the vegetable compartment of the fridge. Indeed, thanks to the Gulf Stream bringing warm waters from the vicinity of the Gulf of Mexico, the climate is quite mild on those latitudes: the coldest month is february with average temperatures at -1° to -2°C, at the coldest -8°C for 3 or 4 days (or nights) last year.
About the sea, it never freezes (+5°C at the coldest), but in a way it would have been fine, concerning Baltic....

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commentaires

Magnus 27/09/2009 12:16


Congratulations to the dual capture!

The Cod - and the Cat.

Fair winds//Magnus


Iris 22/09/2009 01:51

Salut Marc,
je suis tombée sur ton blog , via allo la planète, et j'ai scotché!
C'est du beau rêve que tu nous offres avec ton aventure à la voile, racontée avec richesse, légèreté et humour.. Merci de la partager, je vais suivre l'histoire, en attendant de mettre les voiles un jour aussi..
Plein de bonnes choses pour vous, et une caresse à Baltic!

bruno 21/09/2009 21:31

aïe marc! Sympa ton coin d'hibernage (le Gulf Sream n'arrose pas que la côte d'émeraude) et que d'émotions cc Baltic..te voilà chargé de la surveillance de ta boule de poil, il faut espérer que l'apprentissage de l'eau lui servira d'expérience..Pour info, ex UAP, ex Antarctica, ex sea explorer,désormais Tara a quitté La Rochelle pour un trip scientifique de 2 à 5 ans. Agnès B fait dans le mécénat reconcilant avec l'ultra capitalisme..Pensées+

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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel
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"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
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"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
Marguerite Yourcenar
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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