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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 12:48

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 01:03
Alors que les vacances sont commencées en Suède et en Finlande, je commence à croiser pas mal de bateaux de plaisance à voile et à moteur. Ce n'est pas l'embouteillage pour autant mais les petits ports commencent à être bien pleins.
En ce qui concerne les magnifiques mouillages, les petits ports naturels, ils sont maintenant parfois assez fréquentés sans que ce soit la surpopulation. Il faut dire qu'il y en a tellement qu'on peut trouver tous les jours un coin tranquille et solitaire pour la nuit.

Il n'y a pas uniquement des unités de plaisance qui croisent ma route, la Baltique est traversée par une importante flotte de commerce et en particulier par des ferries qui font la jonction entre les différents pays qui bordent cette mer.
Une particularité concernant ceux qui vont de Stockholm vers la Finlande ou Talinn en Estonie: ils font tous une très très courte escale à Mariehamn dans l'archipel de Aland (je vous parlerai prochainement de cet endroit) et pour une raison bien particulière: ce faisant, les compagnies de navigation peuvent vendre à bord des produits hors taxe et en particulier de l'alcool. Il faut savoir que en Suède et en Finlande le commerce de l'alcool est un monopole d'Etat et les prix sont donc très très élevés.
En conséquence, beaucoup de gens empruntent ces ferries uniquement pour faire leurs courses. Aller-retour Stockholm-Mariehamn 6 heures dans chaque sens (15 € le billet) en traversant le magnifique archipel de Stockholm.
Et le trafic est intense, une dizaine de ferries par jour dans le port de Mariehamn. Et ils sont énormes !
Une chose très importante à garder en mémoire quand on navigue dans ces eaux, c'est que ces ferries ont priorité absolu sur tout ce qui navigue, y compris les voiliers.
Dans les archipels, ils sont amenés à circuler dans des passages très étroits entre les îles où tout croisement avec une autre embarcation, même petite, est impossible.
Et il ne fait aucun doute sur la décision que prendrait un commandant de bord s'il devait choisir entre mettre son bateau et son millier de passagers sur les rochers et passer sur un malheureux voilier qui aurait eu la mauvaise idée de se trouver sur sa route.
Donc restons humble et courtois: "après vous monsieur le plus gros".
De nombreux cargos également, je suis aussi très poli avec ceux là aussi.

Et puis il y a les autres, en tous genres.....



Pas mal de petits bacs qui font la liaison entre les îles. Priorité également. Celui là est finlandais, les suédois sont jaunes.




On voit des unités extraordinaires comme ce trois mâts goélette "ADIX" qui mesure..... 65m hors tout !!!

Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer une nouvelle fois le très beau "TRE KRONOR"

Et puis le plus étrange, le plus curieux, un inclassable.
Une sorte d'insecte tellement bizarroïde que je ne l'ai pas trouvé dans un précis d'entomologie ni même sur Wikipédia. C'est vous dire que la chose est rare.
Ou alors c'est vraiment une embarcation flottante, est-ce réellement un bateau pour autant ?
Je dirais que le gars a dû le dessiner et le construire lui-même et que comme il est pas encore sûr de lui, il n'a pas encore osé enlever les roulettes de peur de tomber. Apprentissage.
En tout cas, avec sa voile dite "pince de crabe" utilisée à ma connaissance uniquement en Asie du sud-est, il est assez remarquable.
Ne me demandez pas à quoi sert cette espèce d'excroissance blanche à l'arrière du bateau, un peu comme une plume, seul le concepteur (architecte naval ?) de "la chose" doit avoir une réponse, enfin j'espère.





















Holydays have just began in Sweden and Finland  and now Ipass by quite a few sailing and motor boats. However, it’ s not traffic jam yet but small harbours are pretty full now.
Concerning the wonderful moorings and natural harbours, they are a little bit busy but they are not overcrowed. Anyway, they are so numerous, it’s easy to find everyday a quite and lonely place for the night.

I don’t meet only leasure boats on my way, The Baltic sea waters are used by a large fleet of commercial ships and in particular by ferries going beetween the the different baltic countries.
One distinctive feature concerning ferries going from Stockholm to Finland or Talinn in Estonia: they all make a short stop in Mariehamn in Aland archipelago (there will an article about Aland in the blog soon) and this for a special reason: doing so, the shipping companies are allowed to sell duty free goods and in particular alcohol. You must know that, in Sweden and Finland, alcohol business is a state monopoly and prices are very very high.
Consequently, many people go on the ferries only for shopping. Stockholm to Mariehamn and back, 6 hours each way (15€ return ticket), cruising in the wonderful Stockholm archipelago.
And it’s a very busy traffic, more than 10 ferries stop everyday in Mariehamn harbour.
And those ferries are huge !
One very important thing to keep in mind while cruising those waters, the ferries have always the right of way, at all times.
Beetween the islands, it’s sometimes very narrow and tortuous so there is no room for a ferry to pass even a small yacht.
There is no doubt about the decision a ferry captain will take if faced with the choice of running down a yacht or putting his ferry and a thousand passengers aground on the rocks.
So, stay humble and courteous. « after you mister, you are bigger».
Several cargo ships aswell, I’m very polite with them too.

And then many other kinds of boats....

A lot of small ferries making the link beetween the islands. Right of way aswell. This one is finnish, swedish ones are yellow.

Some incredible boats, like this three maste schooner « ADIX», 215 foot overall !!!!!!

It’s a great pleasure to show you once again the very beautiful «TRE KRONOR»

And the strangest, the most incredible...
A kind of insect, so strange I couldn’t  find it in an entomologist bible and even in Wikipedia ! very rare !
Or is it really a floating «thing», but is it a true boat ?
Probably the guy was the designer and the builder and, maybe he is not so confident, so he did not dare to remove the small wheels on the side, afraid to fall down.
Still learning.
So remarkable  with its "crab pincer" rig used, as far as I know, only in the Far East.
Don’t ask me what is that white thing at the back, a bit like a large feather, only the designer could tell it, hopefully.


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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 17:30

" TRE KRONOR "

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 13:59
Enfin il est là, c'est pas trop tôt ! Depuis ce matin le soleil brille. Ce n'était après tout qu'une question de patience...
Petit retour sur les 10 derniers jours pendant lesquels j'ai pratiquement toujours été en compagnie de la
trilogie baltique du moment: froid, pluie et vent du Nord.

6, 7 et 8 juin: début de la navigation dans l'archipel de Stockholm.
J'ai traversé d'abord la partie de l'archipel la plus éloignée du continent: les îles sont très rocheuses (je veux dire par là que le rocher est très apparent), de relief généralement peu élevé, la végétation est basse et semble adaptée à de rudes conditions.
Je n'y verrais que très peu d'autres bateaux. Mes 3 mouillages nocturnes ne m'apporteront pas de voisins bruyants, ni de silencieux d'ailleurs. Ces endroits où je m'arrête pour la nuit sont toujours superbes: au début je les choisissais en suivant les indications d'un guide très bien fait, de préférence sans trop m'éloigner des voies principales de navigation. Prudent.
Car s'il y a des milliers d'îles, îlots et rochers bien visibles, combien y en a-t-il sous la surface, plus ou moins profond ? Il y a encore des zones indiquées sur les cartes où la prudence et la vigilance sont absolument de rigueur, tous les écueils n'étant pas forcément apparents sur le papier.

Et puis, progressivement j'apprends à lire et les cartes et la surface de l'eau pour me dénicher des petits coins "rien qu'à moi".

8 juin: Sandhamn, la capitale du yachting suédois (avec Marstrand dans le Sud).
C'est depuis pas mal de temps la base avancée du très chic Royal Yacht Club de Suède, à 2 pas de la mer ouverte.
A mon arrivée, le port est quasiment vide, 2 ou 3 voiliers tout au plus. Je n'y reste pas, j'ai repéré sur la carte une petite baie à quelques centaines mètres de là où je laisse tomber mon ancre. J'y suis très bien et suffisamment proche du port pour capter une connexion internet.
Une éclaircie et je mets l'annexe à l'eau pour aller à terre visiter le village. Pas mal de jolies maisons en bois plus ou moins anciennes, les jardins sont soignés comme toujours, les lilas à profusion et ça embaume, les senteurs m'accompagnent dans les petites ruelles.
Pas de voitures ici non plus. Apparemment le véhicule qui tient la cote ici, c'est le triporteur.











Peu de monde dans le village, beaucoup de maisons sont fermées.
Dire que d'ici 2 ou 3 semaines l'endroit sera véritablement envahi (
120 habitants à l'année sur l'île. 2500 l'été et 200 000 visiteurs par an) par les vacanciers et les visiteurs à la journée amenés par les ferries qui tissent leur toile
entre ces bouts de terre.

Enfin, entre les plus grands car sur certains, tout petits, il peut n'y avoir qu'une seule maison.
Et comment imaginer qu'au mois de juillet ce port pour l'instant endormi recevra près de 500 bateaux pour participer à la célèbre course qui les mènera autour de l'île de Gotland et retour.
Gotland, plus au sud est la plus grande île de la mer Baltique. la régate fait 335 miles nautiques de long et tout ce que le pays compte comme bateaux de course, depuis les grands monocoques des courses autour du monde, les très rapides grands multicoques jusqu'aux séries plus petites, sont présents à ce rendez-vous annuel.

Retour au bateau après cette bonne marche. Ça fait quelques jours que je n'avais pas fait autant de pas. ça fait du bien !

Tiens, c'est quoi ce bruit de moteur ? Rien, juste un taxi.



L'éclaircie aura été de courte durée et le tour en kayak prévu pour le lendemain matin est reporté à une date indéterminée.

9 juin.
La bergère a rentré ses blanc moutons et moi l'ai remonté l'ancre histoire de faire quelque chose d'autre que de rester dans cette baie à pianoter sur le clavier qui fait même pas de musique.
11 petits miles parcourus dans l'après midi.
Depuis Sandhamn, je reviens plus dans l'archipel "intérieur": les paysages sont différents. les îles ont un peu plus de relief mais surtout elles sont très boisées, surtout des conifères, et elles sont aussi beaucoup plus habitées. On voit souvent, même sur de tout petits îlots, des petites maisons en bois, souvent très simples, parfois plus élaborées et quelques fois tout à fait luxueuses, immenses. Elles ont pratiquement toutes leur ponton privé car ces confettis disséminés sur une telle surface ne sont pour la plupart atteignables qu'avec son propre bateau.
Une nouvelle jolie petite baie avec, pour une fois, un certain
nombre de maisons sur les rives. Et ces maisons sont toutes..... fermées.

10 juin.
La bergère est toujours à l'abri avec ses pelotes de laine.
Petite étape, 9,5 miles, 2 voiliers croisés !!! eux à la voile au portant, moi au moteur avec Eole dans le pif coooomme d'habitude !!!
Cependant je me réjouis d'arriver au mouillage du jour appelé ."Paradiset". Pas besoin de dictionnaire pour traduire. J'en ai vu des photos, ça fait envie le Paradis !
Une fois de plus, une très jolie baie circulaire, avec une île au milieu, et, pour une fois 2 entrées.
Seulement ce paradis-là, il ne correspond pas du tout à l'image qu'on nous a toujours fait miroiter pour qu'on soit sage, qu'on fasse pas de bêtises, enfin pas trop, ou en tout cas qu'elles ne se voient pas.
Je pensais l'avoir mérité. Mais le problème, c'est que, mis à part la météo inadaptée à un tel endroit, dans ce Paradis, c'est le désert ! A priori l'un des mouillages les plus fréquentés de tout l'archipel. PERSONNE !!!
Alors si c'est ça le paradis, froid, pluie, brouillard et personne avec qui causer et rigoler, si j'avais su j'aurais pas été si sage. Après tout, il n'est peut être pas trop tard et je vais bien me débrouiller pour faire le nécessaire pour aller m'encanailler là où il est censé faire une chaleur torride et là où il a tout le monde, ben oui, puisqu'ils sont pas au Paradis les autres, ils sont forcément ailleurs.
Je sors le guide de l'archipel. Zut, c'est comment qu'on dit "enfer" en suédois ?
Finalement, en toute fin d'après midi, arriveront 2 bateaux battant pavillon finlandais avec à bord 8 autrichiens.
Je vais les voir avec l'annexe.
- Bonjour, est ce que vous connaissez les prévisions météo pour demain ?
Et ça marche à tous les coups, la discussion s'engage. Pratique la météo pour amorcer le contact, surtout quand elle est pas terrible.
Même si le soleil me manque, je ne me plains pas. Par contre eux, les autrichiens, je les plains.
Ils ont loué ces 2 voiliers pour une semaine et il se trouve que cette semaine a été la plus froide en cette saison depuis plus de 100 ans ! Pas de bol, les gars ! z'avez tout faux sur ce coup-là !
Je retourne au bateau en naviguant dans un nuage qui s'est déposé dans le Paradis.

11 juin.
Bon, ben, je vais devoir rester au Paradis, contraint et forcé par manque de visibilité. Un comble ! Je veux sortir ! Eh, là-haut, tu veux bien ouvrir le ciel ?
Pas question de naviguer dans ce labyrinthe avec ce brouillard. Même Arianne y perdrait son fil. C'est tout dire.
En admettant que j'arrive à trouver une des 2 sorties de la baie "paradisiaque", comment éviter tous les
écueils placés sur ce chemin très mal pavé ? Autant jouer à la roulette russe avec 5 balles dans le barillet.
Et puis vers 10 heures, d'un coup, quelqu'un a retiré le couvercle de la marmite et je me suis mis en route.
Et puis, et puis, soleil !!!! et il fait même presque chaud.
Et puis, et puis, plus de vent du Nord, plus de vent contraire, plus de vent..... du tout ! donc vroum vroum, encore et encore. Mais au moins il fait bon.
Croisé encore 2 voiliers. Ça devient infernal, pire que l'autoroute de vacances !


Et puis j'en croise un troisième, exceptionnel celui-là, le Tre Kronor, avec toute sa garde-robe envoyée
dans la mâture. Du grand spectacle !

Je trouve un beau mouillage une nouvelle fois, dans une grande baie à l'ouverture très étroite. Il est tôt, 15h15, quand l'ancre touche le fond vaseux et je mets le kayak à l'eau. 2 heures de randonnée ensoleillée dans cette baie qui débouche sur une sorte de fjord assez long. J'ai l'impression de naviguer sur un lac, lac d'Annecy ou celui d'Aiguebelette près de Chambéry.  Beaucoup de maisons de vacances sur les rives, hors saison, même si les pelouses sont pour la plupart impeccablement tondues. Ça doit commencer à être vivant le week end.
 Sauna flottant

   

Au milieu de la nuit je suis réveillé par les cornes de brume de 2 ferries qui passent pas loin d'ici.
Il est 3 heures, il fait clair et le concert de cornes de brume ce n'est pas juste pour faire de la musique: je ne vois pas le haut du mât de mon bateau tellement le brouillard est épais.
Et le concert continue:
- T'eeeeeees oooooooooooùùùùù ?
- Jeeee suuuuuuiiiiiiiis làààààààà. Eeeeeeeet toooooooooooi ?
- Jeeee suuuuuuiiiiiis làààààààà aaauuuussiiiiiiii !!!!!! C'eeeeest biiiiieeeeen lààààààà leeeeee prooooblèèèème !!!!!!!!!!
Lugubre !

12 juin
Le brouillard s'en est allé vers 10h, comme hier, et cette fois le soleil est resté caché.
J'ai vraiment le sentiment que les éléments se jouent de moi.
Froid, pluie, vent contraire puis, peut être pour me redonner espoir dans la venue de l'été, une demi journée de soleil, pour me faire envie, 2 heures de vent dans une direction acceptable et, au boulot, les voiles en l'air. Puis, ça suffit comme ça, nuages de retour, avec le vent du Nord, assez joué pour aujourd'hui.
Mais ils ne me connaissent pas. Moi, me décourager ? Il en faudrait nettement plus que ça !
Je passe un petit cap et quitte cet endroit très fréquenté par les ferries. Et je me retrouve vent de travers pour 8 miles dans ce long fjord qui va me mener à la ville de Norrtälje où j'ai décidé d'aller me ravitailler et surtout trouver des cartes qui me manquent pour la suite du trajet vers le Nord.
8 miles à la voiles, 5-6 noeuds, j'apprécie.... tout en écarquillant les yeux pour voir entre les grosses gouttes qui tombent en nombre.
Je vous le dis, ils jouent avec moi !
Je trouve les cartes, je fais quelques achats de nourriture en prévoyant de compléter le lendemain.
Installé sur une terrasse de bistrot à l'abri du ciel qui tombe en cataracte, je trouve une connexion internet et vais voir les prévisions météo, pas pour la pluie, mais pour le vent.
Et là, gloups !!!! 35 à 40 noeuds prévus dans 2 jours ! Et moi qui prévoyais de traverser vers un archipel finlandais ce lour-là !
De retour au bateau, trempé, un rapide calcul de distance à parcourir: 10 miles jusqu'à la mer puis 40 miles jusqu'à Mariehamn dans l'archipel de Aland.
Il est 19h45. Bon allez, j'y vais, juste le temps avant la tempête. 10 miles ce soir avant la nuit qui arrive tard malgré le ciel plombé, une courte nuit, tout le monde sur le pont à 5h et direction la haute mer pour 25 miles. ensuite ce sera de nouveau entre les cailloux, finlandais cette fois.

13 juin.
Comme prévu à 5h15 l'ancre est remontée et cap quasiment à l'Est.
Et il est où le vent du Nord qui m'a accompagné et contrarié depuis des semaines ?
Alors que maintenant il me serait bien utile pour cette traversée, aux abonnés absents ! Plus un souffle !
Farceur le vent, je vous dis.
40 miles au moteur. Quand même mieux que 40 miles avec 40 noeuds de vent. Enfin, c'est mon avis.
Et puis c'est calme, le bateau reste à plat. Je sors la machine à coudre pour fabriquer le pavillon de courtoisie de l'archipel de Aland qui sera envoyé sous la barre de flêche tribord pour flotter au vent, quand il sera revenu.
Cap sur le phare de Nyhamn à laisser à bâbord. On le voit de loin avec sa lanterne perchée à 43 m de haut. Et on voit aussi très bien les éoliennes qui l'entourent. Gigantesques ! Plus de 2 fois la hauteur du phare !
Les pales font presque 50m de long, 5 fois la longueur du bateau, plus de 3 fois celle du mât !
Vraiment impressionnant !


A partir de ce point, c'est l'entrée pour moi dans l'archipel de Aland où je suis venu pour la première fois en 1997.
Et au moment de saisir les amarres dans ce port, je me rappelle m'être dit il y a 12 ans qu'un jour j'y reviendrai avec mon bateau.
12 ans....


Here it is, at last ! From this morning, beautiful sunshine. Well, it was just a question of patience...
Flash back on the last 10 days, almost all the time in good company with the baltic trilogy: cold, rain and northerly winds.

6th, 7th and 8th of june: begining of sailing in Stockholm archipelago.
First, the outer archipelago: rocky islands (that means once can see the rock most of the time), not high usually, low vegetation adapted to rough conditions.
I did not see much boats and my night moorings were not disturb at all neither by noisy neighbours nor silent ones.
Those places where I stop to spend the night are always wonderful: first, I’ve chosen them according to the very well done guide I have, not going too far away from the main fairways. Careful.
Well, if there are thousands of islands, skerries and rocks you can spot easily, how many under the surface, more or less deep ? There are still on the charts some areas where you really need to be very careful, the survey being not absolutely accurate.
And then, progressively, I learn to read the charts and the water surface to find some good spots, only for me.

8th of june: Sandhamn, swedish yachting capital (with Marstrand on the west coast).
It’s been for a long time the fore base of the select Swedish Royal Yacht Club, just next to the open sea.
When I came there, the harbour was almost empty, 2 or 3 sailing boats, not more.
I’ve decided not to stay there but to anchor in very close little bay. Nice spot and close enough to the harbour to get the wireless internet connexion.
As the sky clear out a little bit, I go ashore with the dinghy to have a look at the village. Many nice wooden houses more or less old, very clean gardens as usual, plenty of lilac everywhere, wonderful smell going with me in the tiny streets.
No cars on the island. Apparently, the most used vehicle is the three weeled moped.
Few people in the village, many houses are closed.
And within 2 or 3 weeks, the place will be totally crowded (120 inhabitants the year round on the island, 2500 during the summer and 200 000 visitors per year) by holidaymakers and day visitors coming by ferries linking the islands.

Can you imagine, in july, this sleepy harbour will get almost 500 boats for the very well known regatta, the Round Gotland race.
Gotland, further south, is the largest island in the Baltic sea. The race is 335 nautical miles long and every racing yacht in the country, from ocean racers, very fast multihulls to the smaller classes, come for this yearly rendez-vous.

Back to the boat after a good walk. I haven’t been walking for so long for a few days. Feel better !

Hey, what’s that engine noise ? just the flying taxi.

 
Heavy clouds are back, so the kayaking I intended to do tomorrow is delayed to another day.

9th of june.
Awfull weather, anchor up, need to do something else than to stay here using this keyboard with even no music coming out.
Only 11 miles done in the afternoon.
From Sandhamn, I come in the inner archipelago: different landscapes.
The islands are a little bit higher and covered with trees and much more people living there.
Even on very small islands, one can see wooden houses, most of the times small and simple cottages or sometimes, huge and luxury ones. They almost have all their private pontoon because most of them can only be reached by private boat.
Once again a nice little bay with many cottages on the shore. All closed....

10th of june.
Clouds, always more clouds !
Today, 9.5 miles, seen 2 sailing boats !!! They were sailing donw wind and me motoring, heading to the wind, as usual !!!
However, I’m looking forward to coming in a natural harbour called: «paradiset». No need to translate. I’ve seen pictures of the place, lovely !
Once again, nice circular bay, with a small island in the middle and 2 ways to get in.
Well, that paradise does not look like what we have been told to well behave, not to do bad things, well, not too many.
I thought I deserved it. but the problem is, except the weather which does not fit with such a place, this paradise is a desert ! It’s supposed to be one of the most popular moorings in the whole archipelago. NOBODY!!!
So, if that is the paradise, cold, rain, fog and nobody to have a little chat and fun with, if I’ve known that, I would not have well behave for so long.
Maybe, it’s not too late and I think I can be able to do what is necessary to go and have fun where it’s supposed to be very hot and where everybody is. Yes, if they are not in Paradise, for sure they are somewhere else.
I look in the guide: how do they say "hell" in swedish language ?
Finally, late in the afternoon, 2 boats came in, finnish flags but 8 persons from Austria on board.
I go and see them with the dinghy.
"Hi, do you know the weather forecast for tomorrow ?"
And the trick works well, we start talking for a while. Very convenient to talk about the weather, specially when it’s bad, to have contacts.
Even if I miss the sun, I don’t complain. But, poor austrians !
They have chartered those 2 boats for one week and that week has been the coldest at that time of the year for over 100 years. ! bad luck, guys ! It’s all wrong !
I go back to the boat, sailing in a cloud stopped over the paradise.

11th of june.
Well, I’ll be forced to stay in paradise for a while because of poor visibility. That’s the limit !
I want to get out ! Hey, the guy upstairs, would you open the sky, please ?
It’s out of question to sail in this maze with such a fog. Even Arianne would loose her thread.
Assuming I am able to find one of the way out of this paradise, how to avoid all obstacles of this rocky road ? Playing with life and be sure to win.
And then, by 10 a.m., suddenly, somebody took off the lid of the pan and I left.
And then, bright sunshine ! Almost warm.
And then no northerly wind any more, no wind at all !
So engine again but quite warm at least.
Met 2 sailing boats. It starts to be very busy, worse than holidays highways.

And I pass a third one, exceptional one, the Tre Kronor, with all sails up. Great show !

Nice anchorage for the night in a large bay with a very narrow entrance. It's only 3.15 p.m. and when anchor is hooked in the mud, I go for a very sunny 2 hours kayak trip.
It’s a bit like going on a lake. Many summer houses on the shore, almost all closed, even if the lawns are very well mowed. Probably, it starts to be living during the week end.
 
In the middle of the night I am wakened by the fog horns of 2 ferries passing by not far from here.
3 a.m., already daylight, and the horns concert is not only to play music: it’s so foggy, I can’t see the top of the mast.
And the concert still on:
- Wheeeeeeere aaaaaare yoooooooouuuuuuu ?
- Heeeeeeere IIIIIIIII aaaaaaaaaam. Whaaaaaaaaaaat aboooooooooooooout yooooooouuuuuuu ?
- Heeeeeeeeeere aaaaaaaaasweeeeeeeeeell !!!!!!!!!!!!! Thaaaaaaaaaaaat iiiiiiiiiiiiiiiiiis theeeeeeee proooooooooobleeeeeeeeeeeeeeem !
Gloomy !

12th of june
Fog is gone by 10 a.m. like yesterday but the sun stays hidden.
I really have the feeling the elements are playing with me.
Cold, rain, opposite winds and then, maybe to give me some hope to see the summer coming, a sunny half day , 2 hours of wind in good direction, sails up. And, it’s enough, clouds are back, northerly winds again, game over for today.
But they don’t know me. I need much more than that to be discouraged !
I go around a little cape, leaving a ferry route. And good wind on the beam for a 8 miles long fjord leading to Norrtälje where I intend to get food and some charts.
8 miles sailing, 5 to 6 knots, I enjoy that.... eyes wide open to try to see something through  the heavy rain.
I tell you, they are playing with me !
I found the charts, got some fresh food, intending to buy more tomorrow.
I’ve found a wireless connexion and check the forecast for the next days.
Waow ! 35 to 40 knots expected in 2 days. I intended to do the passage to a finnish archipelago that days !
Back to the boat, soaked, a quick look at the charts to know how long will be that passage: 10 miles back to the open sea and 40 miles to Mariehamn in Aland archipelago.
It’s 7.45 p.m.. Ok, I leave now, just enough time before the gale. 10 miles tonight, a short sleep, and everybodxy on deck at 5 a.m., open sea for 25 miles and again in the middle of rocks, finnish ones.

13th of june
As planned, 5.15 a.m., anchor up, heading East.
And where is the northerly wind which was against me for weeks ?
Even though it could be very useful now for this trip, it’s gone ! Nothing left !
Practical joker, I tell you !
So 40 miles motoring. Well, it’s better than 40 miles with a 40 knots wind. It’s my opinion.
And as it’s flat calm, I use the sewing machine to make the Alnd courtesy flag.
Heading to Nyhamn light house to be left to port. It easy to spot from far away with the light 43m high. And more easy to see, the wind generators next to it.
Huge ! More than twice the height of the lighthouse !
About 50m long wings, 5 times the lenght of the boat, 3 times mast height !
Very impressive !

From that point, it’s the entrance in Aland archipelago where I came first in 1997.
And when time is come to tie the mooring lines in the harbour in Mariehamn, I remember that 12 years ago, I’ve told to myself I will come back here one day with my own boat.
12 years....


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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 13:07


Genève, quai Gustave Ador, 8h du matin.
"Allez, vas-t-en, ne reste pas là !" lui dis-je en claquant des mains.
Elle me regarde, sans bouger, les yeux emplis d’incompréhension.
"Allez, vas-t-en, il n’y a rien à faire, ne reste pas là ou ça va être ton tour aussi. C’est foutu je te dis, foutu. Vas-t-en, allez vite, ça ne sert à rien de rester là à côté de lui"
Le compagnon de cette cane colvert s’est fait écraser par une voiture pressée d’arriver à l’heure sur son parking professionnel.
Et, fidèle, elle reste à ses côtés, le suppliant probablement de retourner sur les eaux du lac Léman. Mais non, il ne bouge plus.
J’ai arrêté ma 2 CV au milieu, bloquant la circulation à cette heure de grande affluence, pour qu’elle ne subisse pas le même sort.
Elle a fini par partir mais avant son envol, j’ai vu le désespoir et la tristesse dans son regard. Je peux vous l’assurer, c’était du désespoir dans les yeux de cet animal.
Ma journée a été très triste aussi.

Pourquoi est ce que je vous raconte cette histoire véridique ?
Parce que je viens d’assister depuis le bateau à une scène incroyable.
Un goéland marin, le plus grand, avec le dos noir, survole le proche environnement, comme souvent, planant en prenant appui sur ses magnifiques grandes ailes, à la recherche de nourriture, pour sûr.
Et soudain, il se laisse descendre très rapidement, fondant sur sa proie.
Les choses ne se passent pas toujours aussi simplement que ce qu’on pensait au départ. Nous le savons tous. Eh bien, il en est de même pour les goélands.
Arrivé à la surface de l’eau, il se retrouve assailli par les très violents coups de bec d’une cane colvert défendant bec et ongles sa progéniture, cinq ou six canetons âgés de quelques jours seulement. Une vraie louve !
Quelle détermination ! Quel courage ! Quand on connaît la puissance du bec acéré de ce grand oiseau.
Est-ce la surprise ? Est-ce la peur de se trouver de nouveau face à une telle agressivité ? Toujours est il que l’assaillant est allé voir ailleurs s’il n’y avait pas quelque chose d’autre à se mettre sous la dent. Sans risque.
Et la maman canard, encore tremblante et toute fière, a retrouvé tous ses rejetons qui s’étaient prestement mis à l’abri sous quelques feuillages de la rive toute proche.

Alors, s'il vous plaît, la prochaine fois que, vous promenant sur les rives du lac Léman, de la Vesle, du lac de Sainte Croix ou n’importe où ailleurs, vous croiserez un couple de canards colverts, admirez avec les yeux les belles couleurs du mâle et regardez tout autrement la femelle qui n’a pas reçu, elle, les mêmes atours que son compagnon, et vous verrez alors une très belle créature avec un coeur gros comme ça.



"Oui les animaux ont une âme, Si j'avais déclaré cela devant des Néolithiques, des Egyptiens, des Grecs, des Perses ou des Indiens, j'aurais enfoncé une porte ouverte... Pour tous les Anciens, en effet, l'âme animale était une évidence."
Jean
Prieur,  L'âme des animaux, Robert Laffont, France Loisir, 1986, page 10.

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 23:34
Crac !!!! Bien sec. Bien net.
Zut ! J’ai cassé une pièce du gouvernail !
Je vois d’ici Olivier, le constructeur du bateau qui joue au caméléon sur un lavabo...
Meuh non, t’inquiète pas, c’est sur le kayak.
En plus, c’est moi qui l’avais  fabriquée cette pièce. En carbone s’il vous plaît !
Le carbone, je trouve que c’est joli, c’est très solide donc on peut faire léger. J’ai donc remplacé une pièce en contreplaqué par une jolie pièce bien fine en carbone, comme sur une bête de course. Tellement fine et allégée qu’elle a cassé. Eh oui, c’est ça les prototypes, des fois on va trop loin.
Pas grave. Je peux naviguer sans gouvernail, c’était en option, et, de plus,  je sais où trouver de quoi fabriquer une pièce identique, en plus solide, mais pas en carbone cette fois.
Je connais un endroit où les vagues, les vents, les courants viennent déposer tout ce que nous mettons à l’eau au plus grand mépris de notre environnement.
Voilà cette "plage". 5 minutes plus tard, j’avais fait mon choix dans les immondices, bouteilles, chaussures, polystyrène, déchets plastiques en tout genre, morceaux de cordage en polypropylène, bois, contreplaqué, bidons d’huile, etc....
Je rapporte donc 2 morceaux d’un plastique expansé qui sera facile à travailler, 10 mm d’épaisseur, exactement ce dont j’ai besoin.
En fin de journée, quelques coups de scie et de perceuse dans le morceau choisi avec la trace de peinture rouge pour la déco et le tour est joué.
Petite précision : ceci se passait en juillet 2008, en Corse, dans le golfe de Porto.
Qu’une pareille mésaventure m’arrive ici, dans ces archipels suédois, eh bien, je naviguerais sans gouvernail !
Aucune chance de trouver un matériau de substitution ! Il n’y a pas le moindre déchet sur ces côtes, rien, rien, absolument rien ! Même pas un morceau de sac plastique de chez Carrefour ou Leclerc ! Rien, je vous dis, et je n’exagère pas. Même en cherchant, pas moyen de tomber sur une quelconque pollution visible.
Eh bien, moi je dis "BRAVO" et j’applaudis avec toutes mes mains en regrettant de ne pas en avoir plus.
Sommes-nous capables d’en faire autant nous les méridionaux, les bretons, les normands, les basques, les corses ? Nous qui nous vantons d’avoir plus de 5000 km de côtes magnifiques, nous ne sommes pas foutus d’avoir un littoral propre.
Eux, les suédois en sont capables.
Pourquoi ? Oui, pourquoi eux et pas nous ?
Il me semble que c’est une question de culture, d’éducation. Ces gens-là ont la notion du respect. Le respect d’autrui, le respect de leur environnement, le respect de la nature.

Imaginez un peu : la constitution suédoise autorise à chacun de traverser à pied (ou en bateau) une propriété privée à la condition de ne pas créer de dérangement au propriétaire. Il en est de même dans la nature, vous pouvez aller n’importe où à l’exception de certaines zones de protection de la faune, en période de nidification par exemple.
De même, vous pouvez planter librement votre tente là où vous désirez pour une nuit, et pour plusieurs nuits avec l’accord du propriétaire. Evidemment pas juste à côté d’une maison, dans un jardin ou sur des terres cultivées. Cela fait partie des éventuelles nuisances pour les propriétaires.
C’est une très ancienne loi, elle est unique et spécifique à la Suède.
Cela ne serait pas possible sans que soit ancrée profondément la notion de respect.
Il en va de même avec la nature. Avec votre bateau, par exemple,  vous pouvez l’amarrer à la rive, descendre à terre, vous baigner sur une plage privée à condition que ce ne soit pas dans le proche voisinage d’une habitation et que vous ne créiez pas de nuisance de quelque sorte que ce soit.
Sur terrain privé, les chiens doivent être tenus en laisse en permanence.
La chasse et la pêche ne sont pas incluses dans ce droit public d’accès. Pour la pêche, elle est autorisée depuis la rive mais seulement avec une ligne. Pas autorisée en bateau dans des eaux privées.

Quand on pense que dans notre douce France, une loi de 1964 (loi Verdeille) autorisait à l'origine les chasseurs à pénétrer dans toute propriété de moins de 20 hectares pour y perpétrer leurs crimes sans que les propriétaires puissent s'y opposer.
Il a fallu plusieurs condamnations de la France par la Cour Européenne des Droits de l'Homme en 2000 pour que cette loi soit en partie modifiée: il y a maintenant un droit de non-chasse.
Le propriétaire doit adresser une demande par lettre recommandée au Prefet pour s'opposer à la venue de chasseurs sur sa propriété. Je vous passe les détails de la procédure.

Selon le Code Environnemental suédois, il est absolument interdit de laisser des ordures dans la nature.
Dans les archipels, par exemple, ont été installées dans les mouillages les plus fréquentés (et il y en a beaucoup) des toilettes "sèches", petits cabanons en bois rouge brique, et des poubelles qu’un "bateau poubelle" vient vider régulièrement. Dans tout autre cas, on se doit de ramener ses déchets avec soi.
Et tout cela fonctionne parfaitement, tout naturellement.
Alors, chers suédois, TOTAL RESPECT !!!!
Puissions nous en prendre de la graine !

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 11:05


gris, gris, gris








































que d'eau, que d'eau !


3 jours que ça dure !
Lundi c'était l'été, mardi le mois de septembre, mercredi octobre et jeudi fin novembre.
C'est dingue comme le temps passe vite !
De la pluie, du froid (6° jeudi soir) et le vent à faire siffler drisses et haubans.
Et il vient d'où le vent ? Du Nord !
Et je vais dans quelle direction ? Au Nord !
Qu'est ce que je suis contrariant quand même ! Jamais d'accord avec Eole ! Il va finir par croire que je fais exprès.
J'ai rallumé le poêle parce que 13° dans le bateau, c'est un peu juste moralement pour un 4 juin. Le point positif, c'est que ça sent de nouveau le pain grillé au p'tit dèj. Et pour avoir une belle journée, rien de tel qu'un agréable petit déjeuner.
Qui a dit que la vie du voyageur scandinave n'est qu'une promenade dans un champ de fleurs ? Et oui, ici aussi on trouve des orties.
Et entre les averses, les odeurs prennent l'air, surtout les lilas, il y en a partout, en pleine floraison, dès qu'il y en a à portée de narine, je sniffe, je sniffe, complètement shooté au lilas.
Ceci dit, ce n'est tout de même pas l'apocalypse et je pense qu'il existe bien pire comme enfer.
Peut être est ce juste le péage pour être autorisé à visiter le magnifique et magique archipel de Stockholm qui commence à ce niveau.
Ce qui m'embète le plus, c'est que je suis un peu coincé dans un port à cause du vent.
La ville où je me trouve, Nynäshamn, 13 000 habitants, à 70 km au sud de la capitale suédoise, ne présente pas beaucoup d'intérêt, le tour en est vite fait.
Et puis c'est tellement calme. Les vacances scolaires n'ont pas encore commencé et on est encore ... hors saison, comme dans la chanson de Cabrel.

Donc hier je n'ai rien fait et aujourd'hui j'ai continué parce que je n'avais pas fini.
Non, ce n'est pas vrai que je n'ai rien fait. Pas dans les habitudes de la maison.
J'ai fait... des rencontres.
Tout d'abord, mon voisin de ponton, Axel.
Il est allemand mais son magnifique bateau bat pavillon suédois. Il faut dire que la mer Baltique, et plus particulièrement l'archipel de Stockholm, est son terrain de jeu préféré. Il y mène son errance nautique chaque année du mois de mai au mois de septembre ou octobre.
Ensuite, après sa ballade scandinave estivale, il va séjourner quelques mois à Buenos Aires pour voir des amis et aussi pour apprendre l'espagnol, le tango et le bandonéon. 2 heures de chaque apprentissage par jour !
Nous avons bien sympathisé, pas mal discuté, troqué cartes papier contre cartes électroniques, j'ai mangé du très bon saumon fumé dans son bateau.
J'aime beaucoup son bateau dont la finition est absolument époustouflante. Un superbe bijou qui trouve dans cet archipel un écrin à sa mesure.

Un vrai plaisir une telle rencontre.




Et puis d'improbables rencontres.
Il avance, s'arrête, regarde à droite, à gauche, devant, derrière, croise mon regard, 3 pas en avant, à gauche, à droite, .....
Pas de risque de le prendre pour un suédois: petit, râblé, yeux et cheveux noirs, la peau mate et cuivrée.

Autant il arrive qu'on me parle spontanément suédois, autant là....
Je lui demande s'il cherche quelque chose (et oui, il m'arrive d'être assez perspicace !).
Il cherche une connexion Internet. Je lui indique où se trouve une borne wifi "publique" (si vous voyez ce que je veux dire par publique) et on discute un peu. Il est membre d'équipage sur un immense paquebot italien (trop grand pour pouvoir arriver dans le port de Stockholm ! ) des croisières Costa (je n'avais pas vu le bateau car il ne peut pas approcher du port) et il est... péruvien !
Moi qui croyais que tous les péruviens jouaient "El condor pasa" à la flûte de Pan ou à la kéna, un poncho multicolore sur les épaules, sur la tête un bonnet qui tombe sur les oreilles et en gardant les troupeaux de lamas sur l'altiplano à 4000 m d'altitude ! Il a dû s'évader, c'est pas possible autrement.

Un peu plus loin, je croise 3 gars, pas plus l'air scandinaves que le sud américain de tout à l'heure.
Ils me demandent où trouver un supermarché, comme si j'étais du coin.
On discute un moment. Ils font partie de l'équipage d'un "petit" paquebot japonais qui fait le tour du monde en 106 jours, 500 passagers nippons, 500 membres d'équipage. Le luxe probablement. J'ose espérer que ces gars ont un salaire proportionnel à la somme dépensée par chacun des passagers. Je ne me fais cependant guère d'illusions sur ce point là.
Il repartent ce soir vers la Russie puis ce sera la Norvège, le Canada, New York, etc...
Ah oui, eux ils sont... népalais.
Moi qui croyais que tous les népalais étaient sherpas et grimpaient l'Everest pieds nus avec 350 kg sur le dos avec la légèreté et l'adresse d'un mouflon corse qui se promène sur les flancs escarpés du Monte Cinto !
Faudrait peut être que j'envisage de sortir un peu de chez moi pour voir du pays et me rendre compte que le monde n'est pas toujours comme on veut bien nous dire.
Allez, je commence demain, le vent va faiblir et tourner dans une direction qui me sera un peu plus favorable.


P.s.: la citation ajoutée hier, "Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde." (Barbay d'Aurevilly), était vraiment d'actualité aujourd'hui !
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 23:44
"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
(Barbay d'Aurevilly)

"What is a traveller usually ? It's somebody who goes to the end of the world to get a little chat"

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 23:01
Entre mer et ciel...
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 21:50

Quelques photos de mouillages plutôt tranquilles et dans des cadres pas désagréables.
Difficile de choisir, ils sont tous comme ça, ou presque.
Celui où il y 3 bateaux, c’était le week end de l’ascension, vraiment surpeuplé !
Je trouve très souvent des petites baies presque entièrement fermées.
Celle d’hier soir était trop petite pour que le bateau puisse éviter si le vent tournait pendant  la nuit, donc j’avais amarré l’arrière aux rochers.
Je n’ai pas encore adopté la technique suédoise: ancre à l’arrière et l’étrave à 1 mètre de la rive, amarré à un arbre, un rocher ou un piton enfoncé au marteau dans une petite faille. Je préfère me mettre à l’ancre de manière plus classique, c’est, je pense, plus facile quand on est seul. Pas de problème pour l'instant, il y a de la place partout car vraiment peu de bateaux circulent en ce moment mais d’ici 2 semaines, certains mouillages seront plus fréquentés et il faudra probablement que je fasse parfois comme les autres.


J’ai pour cette raison installé à l’arrière du bateau une sangle enroulée de 50 m de long pour l’ancre arrière. On la trouve sur la majorité des bateaux ici, alors que beaucoup n’ont même pas une ancre à l’étrave.
C'est pratique, ça se déroule tout seul, il n'y a qu'à la tendre ensuite. Pas de problème pour le rangement, et c'est très solide (2500 kg de charge).

Parfois, il faut oser passer à certains endroits, c'est étroit, sur la carte ça à l'air ok mais, comme par hasard, il y a toujours une petite croix noire (qui indique un rocher immergé) là où ça gêne. Alors il faut y aller tout doucement, en ouvrant bien les yeux.
J'apprends à "lire" la surface de l'eau, ses différentes couleurs, toutes en nuances. Je parviens maintenant à mieux distinguer les algues qui poussent sur les rochers. Qui dit algues, dit, en principe, rocher. En principe parce que parfois il y a des paquets d'algues qui flottent, donc ce n'est pas gênant, mais il y a aussi des rochers sans algues. Farceurs, va !
Et à cette période, il y a quoi en plus ? Du pollen ! Par endroits l'eau est colorée en jaune, presque de la même couleur que là où il y a des algues, juste pour ajouter un peu à la confusion.
Donc, tout dou-ce-ment comme ça touche, ce n'est pas grave.
Pas de bol, mon bateau a 2 quilles, donc ça double la chance de gagner au loto. Mais heureusement, c'est un solide.
Sur la photo qui suit, l'entrée de la baie se trouve un peu sur la droite, entre le rocher à droite et une balise jaune et noire. le passage fait 7 à 8 m de large et le bateau 4 m. De temps en temps faut serrer les fesses....
Quant à la profondeur, 2 m indiqué sur la carte (j'ai besoin de 1,5 m), combien en réalité ? Pas touché !
Ah, j'oubliais, mon sondeur me fait des farces et m'indique parfois, assez souvent même, des profondeurs fantaisistes et, en général, toujours quand j'ai vraiment besoin d'une indication précise.
Et de l'autre côté, quel plaisir ! Le calme absolu, ni les vagues ni le vent ne pénètrent, le bateau est aussi immobile que s'il était pris dans les glaces ou posé sur le sol.
Nuit tranquille assurée.
















































































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seulement après que la dernière rivière a été polluée,
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"Si le large t'appelle, vas-y, ce n'est pas en regardant l'océan qu'on découvre la perle, mais en plongeant dedans.
Alors vas-y, plonge.
Plus tard tu découvriras que la perle et l'océan sont aussi en toi."
Philippe Pelen

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A consommer sans modération

"La vie c'est le truc qui passe pendant qu'on multiplie les projets."
John Lennon

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"Passer sa vie à cheminer le long d'une route droite, profondément encaissée entre de hauts talus, est faire médiocre usage des jours que le destin nous a accordés, tandis qu'ils peuvent être ensoleillés si l'on grimpe le talus pour flâner en liberté sur le vaste plateau qui le surmonte."
Alexandra David-Neel
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"7 heures du matin peut être. Je n'ai plus l'heure et je m'en moque."
Paul-Emile Victor
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"La seule chose dont on soit sûr à l'avance de l'échec, est celle que l'on ne tente pas."
Paul-Emile Victor
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"Je ne vois pas de délégation de nos Frères à quatre pattes.
Je ne vois pas de siège pour les Aigles.
Nous oublions et nous nous croyons supérieurs.
Mais nous ne sommes en fin de compte rien de plus qu'une partie de la Création. Et nous devons réfléchir pour comprendre où nous sommes situés.
Nous sommes quelque part entre la montagne et la fourmi.
Quelque part et seulement là comme une partie et parcelle de la Création."
Oren Lyons Iroquois Onondaga.
Extrait d'un appel aux organisations non gouvernementales des Nations Unies - Genève - Suisse - 1977.

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"La nature est lente mais sûre.
Elle ne travaille pas plus vite qu'elle n'a besoin de le faire.
Elle est la tortue qui remporte la course de la  persévérance."                                                                                                 

Henry David Thoreau
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"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas."
Victor Hugo
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"Qu'est-ce qu'en général qu'un voyageur ? C'est un homme qui s'en va chercher un bout de conversation au bout du monde."
Barbay d'Aurevilly
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" Faites ce que vous êtes capables d'effectuer ou croyez pouvoir faire. L'audace est porteuse de génie, de pouvoir et de magie."
Goethe

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"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux. Tout homme qui chasse s'endurcit pour la guerre."
Marguerite Yourcenar
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"Il faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines pour les sauver. Car ce seront celles-là mêmes dont nous aurons besoin pour nous sauver nous-mêmes."
Mac Millan, ornithologue du XIXe siècle
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